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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 18:49

The magnificent seven

 

En 1960, les Sept Mercenaires, réalisés par John Sturges, réadaptent à la sauce hollywoodienne, les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa, sorti 6 ans plus tôt.

 

samourai-mercenaire.JPG

 

Le réalisateur est aussi producteur de son film, qui clôt une décennie des 50's qui fut riche en succès diverses et variés comme Règlements de compte à OK Corral ou Le dernier train pour Gun Hill, qui firent monter la côté de Sturges au firmament.

L'histoire des "magnifiques", commence dans dans l'Ouest profond, où un dénommé Chris, joué par Yul Brynner, aidé par un certain Vin, interprété par Steve McQueen,

 

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conduit au cimetière un vieil indien, qu'une bande de cow-boy du cru refuse de voir enterré à côté des gens du bled,

 

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sous le regard curieux de Chico, joué par l'allemand Horst Buchholz.

 

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Pendant ce temps, dans un pueblo mexicain, l'infâme Calvera, sous les traits d'Eli Wallach, à la tête de sa bande de bandidos, rackette de manière éhonté les campesinos du coin,

 

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Les paysans, sous les conseils du Vieux du village, joué par Vladimir Sokoloff,

 

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se décident à aller en ville, chez les gringos, pour embaucher des pistoleros sensés les protéger de la rapacité de Calvera. Les 3 caballeros mandatés pour cette mission vont donc voir Chris, tout de noir vêtu, droit comme un I.

 

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Le deal ? Venir aider les villageois à se débarasser de Calvera, contre une solde misérable de 20 $ pour 6 semaines de boulot, tous frais payés !

 

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Chris accepte la mission, contre toute attente, pour cette somme dérisoire. Le goût de l'action et l'envie de venir en aide à ces humbles paysans sont plus forts que l'intérêt pécunier. Vin, qui traîne encore dans les parages, sans le sou, se laisse tenter par l'aventure,

 

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alors qu'Harry Luck, joué par Brad Dexter, un ami à Chris, rejoint le duo, persuadé que la prime modique cache quelques mines d'or dont Brynner tait l'existence !

 

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Le trio va vite être rejoint par un as du couteau, Brit, joué par James Coburn,

 

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par Bernardo/Charles Bronson,

 

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et par Lee, un tireur d'élite sous les traits de Robert Vaughn.

 

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6 pistoleros qui par goût de l'aventure et défi, acceptent le marché, bientôt rejoint par Chico, jeune cheval fou, avide d'action !

 

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Nos 7 magnifiques s'en vont donc dans ce lointain pueblo, fraîchement accueillis par des paysans méfiants, tous de blancs vêtus !

 

campesino paysan

 

Mais la confiance va vite s'installer entre les deux groupes, Bernardo amusant les enfants avec son pipeau,

 

bronson flute

 

Chico mimant la muleta et le torero !

 

buchholz matador toro bravo

 

Nos mercenaires vont entraîner au tir ces braves paysans,

 

mcqueen rifle magnificent

 

pour recevoir les bandidos avec du plomb. Et lorsque Calvera se ramena, il fut supris de rencontrer ces 7 échalas !

 

wallach brynner

 

Le plomb parla, et notre horde d'argousins se défila devant tant de courage ! Mais si la bataille avait été gagnée, la guerre était lon d'être finie ! Encerclé, peu soutenu par des paysans hésitants, nos 7 magnifiques furent piégés par Calvera, qui, magnanime, leur manda de partir,

 

brynner wallach magnificent

 

pour sauver leur peau ! Départ nécessaire, mais retour programmé ! Car on ne la fait pas à ces mercenaires-là,

 

bronson dexter vaughn mercenaire mercenary

 

qui humiliés par Caldera, vont s'en retourner, pour l'honneur,  combattre la "caillera" !

De ce dernier combat, Harry Luck,

 

dexter brynner

 

Lee,

 

vaughn magnificent

 

Brit et Bernardo,

 

bronson ninos

 

trépasseront ! Mais Chris aura la peau de Caldera,

 

wallach mourrant

 

libérant à jamais, le pueblo de ce fléau !

Le devoir accompli, Chris et Vin, s'en iront,

 

brynner mcqueen horse

 

laissant Chico à sa douce mexicaine !

 

magnificent seven end

 

Western devenu culte, le film souffre pourtant de tares congénitales au cinéma hollywoodien de l'époque. Un manque de réalisme criant, des clichés ayant la peau dure, et des bons sentiments fleurant bon la guimauve ! Nos 7 mercenaires, bien peu attirés par l'argent, sont surtout mus par l'honneur et l'esprit chevalresque, heureux d'aller défendre la veuve et l'orphelin, dans ce pueblo lointain, avec des paysans mexicains tous de blancs vêtus, incapables de se défendre par eux-mêmes ! Les autorités mexicaines, maries par l'expérience Vera Cruz, d'Aldrich, censé avoir donner une mauvaise image des mexicains, avaient délégué des superviseurs sur le film de Sturges, l'obligeant à vêtir les campesinos avec des tuniques immaculées, un mexicain, fut-il un péon, ne pouvant être sale ! L'anecdote est savoureuse et symbolise le manque criant de réalisme du film, avec des cow-boys impeccablement peignés, portant des vêtements sortis juste du pressing, très loin du réalisme du western italien, avec son univers crasseux et ses personnages cyniques ! Car le film manque singulièrement de noirceur, et les mercenaires sont d'une gentillesse éprouvée, avec un Charles Bronson jouant avec les enfants, et des gringos qui respectent à la lettre la virginité des habitantes du village, malgré une abstinence pesante ! Nous sommes très loins des soudards de Peckinpah dans sa Horde sauvage ! Même Eli Wallach, jouant le bandit Caldera peut nous apparaître sympathique en étant magnanime avec nos mercenaires !

Le film un peu désuet, restera surtout pour son casting exceptionnel, avec un Yul Brynner, seule star confirmé du film, juste sorti de ses rôles bibliques, qui s'imposera avec son regard intense,

 

brynner chris magnificent

 

entouré d'acteurs promis à un grand avenir, comme Steve McQueen,

 

mcqueen magnificent

 

jeune tendron ambitieux, qui aura quelques problèmes avec le divin chauve, sur ce film, ou Eli Wallach,

 

gun wallach

 

féroce chef de bande, dont on retrouvera des accents dans le Tuco du Bon, de la Brute et du truand, de Leone, quelques années plus tard !

En conclusion, le film souffre trop, aujourd'hui, de la comparaison avec le western italien, plus réaliste et moins bisounoursien, mais reste un monument du cinéma de l'époque, avec la musique lyrique d'Elmer Bernstein !

 

 

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 09:54

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La prisonnière du désert continue le cycle de la Cavalerie, qui avait déjà dénoncé le racisme contre les indiens, bien que cet opus fordien soit assez ambigu quant à la représentation de l'indien, fier guerrier capable d'humanité et sauvage intégral massacrant et scalpant !

Le début du film nous narre la vie d'une famille de pionniers,

 

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dans l'Ouest lointain, qui retrouvent l'oncle Ethan, joué par John Wayne, qui revient de la guerre de Sécession. Univers accueillant et chaleureux, les Edwards ont deux filles et un fils. Mais les Commanches sont actifs dans la zone, et The Duke va partir avec le révérend Samuel Johnson, joué par Ward Bond,

 

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capitaine des Texas Rangers, à la poursuite de ces bandes d'indiens. Mais Ethan comprend vite que cette mission était un stratagème commanche pour les éloigner des fermes.

 

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Et en effet, alors que les hommes sont en mission, la ferme des Edwards est attaquée par les commanches, s'épuisant dans ce face à face singulier, de la jeune Debbie, jouée par la petite soeur de Nathalie Wood, Lana,

 

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et le chef des indiens, joué par Henry Brando.

 

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Les cadavres de la famille sont retrouvés, sauf celui de la jeune Debbie, qui va devenir alors l'objet d'une quête sans fin, dont l'acteur principal sera son oncle Ethan, aidé par le fils adoptif de la famille, Martin Pawley, joué par Jeffrey Hunter,

 

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et les hommes des fermes environnantes. Quête qui devait être courte et qui se transforme en véritable chemin de croix, dans l'Ouest sauvage, à la merci des indiens.

 

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Ici c'est Harry Carrey Jr, un des rares acteurs encore vivants, qui manie son "gun",

 

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là c'est Jeffrey Hunter et le fantasque Hank Worden, habitué des films de Ford,


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et puis il y a le Duke, qui ne donne pas sa part aux chiens !

 

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Mais voilà, la quêtre perdure, et les volontés s'usent ...Seul Ethan en fait une affaire personnelle, l'unique objectif de sa vie, retrouver sa nièce, enlevée par les commanches.

 

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Seul Martin Pawley, un métis qu'Ethan méprise un peu, poursuit la recherche, par tous les temps,

 

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renonçant à un doux foyer et à la jeune femme, Vera Miles, qui l'attend.

 

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Ethan sombre de plus en plus vers une forme de folie, obsédé par cette quête sans fin,

 

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qu'il voit comme une sorte de rédemption, de sa vie vouée à son unique bon plaisir et à la guerre.

 

Mais la chance va passer par là, pour quelques babioles,

 

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les langues peuvent se délier, et enfin, un mexicain donnera une piste sûre pour retrouver le chef commanche.

 

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Les retrouvailles avec l'indien balafré, des années plus tard, se figent dans un jeu de regards,

 

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intenses,

 

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et alors que le commanche impressionne son aéropage en montrant quelques scalps,

 

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la petite Debbie, désormais adulte, apparaît, sous le regard pétrifié des deux hommes.

 

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Gardant son sang froid, Ethan ne dit rien, mais le commanche n'est pas dupe. Dans l'après-midi, Debbie, désormais indienne, vient à leur rencontre, et John Wayne, fou furieux veut tuer cette désormais squaw, qui n'a de blanche que le teint ! Mais son demi-frère, Martin, s'oppose à la furia dukienne !

 

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Le chef balafré va perturber ce face à face à fratricide, obligeant les deux hommes à combattre les commanches.

 

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Mais à la fin, l'emplumé occis, l'oncle Ethan va enlever pour de bon sa  Debbie,

 

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pour la ramener parmi les hommes ...Mission accomplie !

 

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Je reste assez mitigé devant ce revisionnage. Film qui m'avait bouleversé, plus jeune, je le regarde de nouveau, avec des yeux plus avertis et force est de constater que ce type de western des années 50, plein de bons sentiments, magnifiant la famille américaine, biblique par moment, avec cette quête dans le désert, a un charme bien désuet et pâtit de la révolution léonienne, qui projettera le western dans une modernité beaucoup plus réaliste et moins bisounoursienne ! Ce côté propret du western de ces années là, avec des vêtements sortis directement du lavomatic, ces décors studios naïfs, et ces personnages archétypaux, le désintéressé John Wayne, défenseur de la veuve et de l'orphelin, contre l'emplumé de service, reste encore trop caricaturaux pour faire vrai.

Alors évidemment, il reste la chaleur et la trogne d'acteurs habitués à l'univers de Ford, comme l'étonnant Hank Worden, au physique si singulier,

 

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le verbe toniturant d'un Ward Bond, ou la beauté émue d'un Jeffrey Hunter,

 

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et il reste surtout la nostalgie d'un cinéma qui a désormais disparu, et qui aura marqué toute mon enfance !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 08:04

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Vera Cruz est un film clef dans le western américain. Jusque là, le genre alternait entre le paternalisme fordien et manichéisme hawksien, et se résumait à des grands archétypes incarnant le Bien et le Mal, la loi et l'anarchie. Le western hollywoodien, c'était le troimphe de la loi contre l'état sauvage, de l'avocat contre l'Outlaw, comme dans L'homme qui tua Liberty Valence, qui porta à incandescence ce postulat.
Vera Cruz, produit par Burt Lancaster, s'inscrit dans la lignée de Bronco Apache, tourné la même année, 1954, avec le même réalisateur, Robert Aldrich, et Lancaster en tête d'affiche, qui avait déjà rompu avec quelques préjugés frappant les indiens. Dans ce nouvel opus, le sauvage et opportuniste Joe, joué par Burt,

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rencontre un certain Benjamin Trane, joué par Gary Cooper,

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vieux cow-boy au cuir déjà ben tanné !

Une association va naître, entre le jeunot ambitieux et l'ancien désabusé,

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scellé par un pacte d'argent.

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L'action se passe au Mexique, à l'époque de l'empereur Maximilien, mis en place par les français et Napoléon III. Et nos deux associés, invités à la cour impériale,

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font un peu rustique, face au faste de la cour mexicaine et au port altier du capitaine Danette, joué par Henry Brandon,

henry brandon

qui toise d'un regard méprisant ce gringo de Lancaster !

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Entre ces deux-là, la courant ne passera jamais !
Après l'arrivée de l'empereur mexicain,

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qui donnèrent lieu à quelques tirs de précision,

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forts bien réussis,

(avant)

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(après)

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nos amis passent aux choses sérieuses,

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négociant avec le marquis Henri de Labordère,

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la protection de la comtesse Marie Duvarre qui doit aller à Vera Cruz, et traverser la campagne mexicaine, truffée par les fidèles de Benito Juarez, qui a juré la perte des occupants français.

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Le marché est conclu pour 100 000 $.

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Scène d'ouverture singulière, dans cette France mexicaine peut évoquer à l'écran (Elle donnera lieu à une bataille épique dans Major Dundee, de Peckinpah, quelques années plus tard) ,qui déploie ses atours impériaux dans une scène de bal qui tranche,d'avec la production westernienne habituelle, et qui me rappele les soirées viscontiennes du Guépard, auxquelles s'invitera, 10 ans plus tard, à nouveau Burt Lancaster ! Une double opposition se met déjà en place qui sera la matrice de tout le film :
- celle de Ben contre Joe, de Gary contre Burt, l'un, vieux cow-boy idéaliste, attaché à la parole donnée et à l'honneur, l'autre, qui à l'ambition de sa jeunesse et qui cache derrière un sourire ravageur, une cupidité sans bornes.

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- celle des nobles français contre les sans-grades américains, rencontre de deux mondes opposés, l'un, séculaire, qui se meurt, l'autre, issu de la société du Nouveau Monde, où les hommes naissent presque libres et égaux.

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Le convoi peut donc partir, dans un carosse, version royale de la populaire diligence, couvé par le vieux Ben,

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et Joe et sa bande de bras cassés, avec un Charles Buchinski-Bronson, toujours galant avec ces dames,

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et Ernest Borgnine, un habitué du rôle des bads boys.

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A noter aussi la présence d'un grand second rôle du cinéma américain, abonné aussi aux rôles de vilains, Jack Elam, que l'on retrouvera dans la célèbre scène d'ouverture d'Il était une fois dans l'Ouest, vous savez, le ballet avec la mouche !
Mais Ben, qui est de la vieille école, ne supporte pas vraiment qu'on manque de respect à ces dames,

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et il utilisera la manière forte pour faire entendre raison à cette bande de malautrus.

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Il faut dire que le grand Gary n'était pas insensible au charme de Nina, jouée par Sara Montiel.

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A noter aussi la présence d'Archie Savage, le noir de service, ce qui était encore peu courant, à cette époque, illustrant la sensibilité du producteur Lancaster, aux problèmes des minorités, et dans la droite ligne de Bronco Apache. La carrière d'Archie n'eut pas le succès d'un Sidney Poitier ou d'un Jim Brown, mais on le retrouvera comme danseur dans La Dolce Vita de Fellini !!
Voilà donc que tout se calme, Ben remettant de l'ordre dans cet épisode anarchique, sous l'oeil bienveillant du marquis de Labordère.

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Mais voilà que dans ses grandioses paysages mexicains, la menace se précise,

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et la division s'aiguise, à cause d'un trésor caché dans le royal carosse ! Les partisans de Juarez rentrent dans la partie, convoitant aussi le noble pécule qui attise la concupiscence de Donnegan.

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Mais les français ont cocufié tout le monde, en piégeant ces rustes de gringos ! Que nenni, la vengence nordiste sera terrible, et les outlaws, aidés par la piétaille mexicaine, reprendront leur du ! Mais ce qui devait arriver ...arriva ! L'ambitieux Joe, tombeur de ses dames,

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n'est pas un partageux, et va s'exercer à faire le ménage,

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mais il va tomber sur ce vieux Ben, qui a donné sa parole aux Juaristes,

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et qui préfère perdre de l'argent que son âme ! Le duel sera inévitable, léonien, les yeux dans les yeux,

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le vieux cow-boy terrassera le jeune loup,

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le classicisme hollywoodien reprenant ses droits, faisant triompher la parole donnée contre la cupidité,

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la bienveillance paternelle,

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face à l'arrogance juvénile.

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A la fin, il y a toujours une femme à sa fenêtre, comme le soulignait Leone,

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et le vieux cow-boy solitaire, ayant payé sa dette, s'en va.

Je me suis souvent demandé pourquoi Vera Cruz était dans le panthéon des meilleurs westerns de l'histoire. Certainement car en 1954, il tranche d'avec la production westernienne de l'époque, faite de chevalier blanc, de grands sentiments et de triomphe de la loi. Ici, les personnages sont mus, avant tout par la cupidité, pouvant tuer père et mère pour s'approprier un magot. On retrouve cette bande de bads boys qui redeviendra célèbre, par la suite, sous la baguette de Peckinpah, et sa Horde sauvage, avec Borgnine, et surtout ce personnage de Joe, joué par Burt Lancaster, au charme vénéneux et à la cupidité sans fin, qui trompe son monde et renie sa parole pour quelques dollars de plus !  Sur cette terre mexicaine, il annoncera un autre Joe, joué par Clint Eastwood, qui 10 ans plus tard s'affichera dans Pour une poignée de dollars.
Si Vera Cruz annonce le western spaghetti, il reste, malgré tout, ancré dans la réalité hollywoodienne de son époque, avec un happy end caractéristique, et cette femme à la fenêtre finale, procédé narratif si courant dans le western de la grande époque.

Mirez la scène finale :














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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 12:28

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Coups de feu dans la Sierra ou Ride the high country,

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est le premier long-métrage de Sam Peckinpah, première oeuvre qui posera les jalons de son style futur. Dans ce premier western, le cinéaste californien réunit deux vétérans d'Hollywood, plus habitués, depuis quelques années, aux productions de série B qu'aux morceaux de choix. Joël Mc Crea,

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acteur veillissant, puisqu'il à 56 ans lors du tournage du film, fut surtout connu dans les années 30 alors qu'il était un jeune premier protégeant Fray Way, dans Les chasses du Comte Zaroff, en 1932, tourné dans les décors de King Kong. Randolph Scott, lui,

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a toujours assumé une carrière d'acteur de série B, souvent dirigé par Bud Boetticher, dans des westerns nerveux qu'il tournait à la chaîne.

Les deux vieux complices vont se retrouver dans une fête foraine, pour une dernière mission, aller chercher une cargaison de poudre d'or, missionnée par une banque, dans le High Country, accompagné par un jeune tendron.

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Mais si Judd, shérif à la retraite y voit un travail comme un autre, Gil, accompagné de Heck, y voit surtout un moyen de finir en beauté, en faisant un dernier coup, qui le sortira de la panade, en volant la cargaison dorée.
Dans les magnifiques paysages du Montana, le duo va chevaucher le High Country,

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avec Heck, compagnon de fortune,

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alternant de longues pauses autour d'un bon feu, permettant à Gil de montrer ses vieilles bottes trouées.

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En chemin, ils vont récupérer une donzelle, Elsa, qui, n'en pouvant plus de sa morne vie chez un austère père, s'en alla poursuivre le trio rêvant d'horizons nouveaux avec un beau pistolero !

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Mais la jeune femme va vite tomber de haut, dans ce village de poivrot ! Tombée sous le charme de Billy Hammond, chef d'une fratrie peu amène,

hammond oates

la donzelle va décider de se marier avec le sieur Billy,

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le juge Tolliver, bourbonisé, présidant à la cérémonie !

Buchanan



Du mariage à l'orgie, il n'y a qu'un pas, dans ces villages reculés remplis d'une horde de mineurs avinés ! Au prise avec la fratrie Hammond, décidée à exercer son droit de cuissage sur la jeune mariée,  c'est notre trio convoyeur qui va libérer Elsa de la fureur lubrique des outlaws dégénérés.
Une course poursuite va alors s'engager entre les Hammond, désireux de récupérer la mariée, et le trio convoyeur, chargé d'une jouvencelle ayant perdu ses illusions ! Trio qui va s'alléger, d'ailleurs, de Gil, qui se démasquant pour rafler la mise, va se heurter à son vieil ami, qui, impertubable, refusera, le deal proposé,

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réduisant le faquin à un statut de prisonnier suppliant !

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Mais les deux anciens amis se réuniront une dernière fois, pour aller face au danger, et affronter les frères Hammond,

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dont Henry, joué par Warren Oates, acteur fétiche de Peckinpah, qui devra rapporter, plus tard, la tête d'Alfredo Garcia.

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Dernier duel qui emporteront les frères Hammond,

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et qui sera fatal à Judd !

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Ce premier film de Peckinpah, le dernier pour Randolph Scott, sera un western de transition pour un Hollywood en pleine mutation. Si le cinéaste s'inscrit dans la tradition en recyclant Scott et Mc Crea, symboles d'un certain âge d'or des studios américains, le réalisateur ouvre de nouveaux horizons en tournant le film en décor naturel et en narrant avec réalisme, la violence des pionniers.
Peckinpah le misanthrope nous décrit un monde où les valeurs de l'Ouest se perdent, où même les vieilles gloires comme Gil tombent de Charybde en Scylla, un monde où les héros meurent à la fin, rompant avec l'inévitable "happy end" hollywoodien, porteur d'espoir.
Judd//Mc Crea est le dernier représentant d'un monde qui se perd, d'un univers en mutation, qui s'effondre à cause de l'appât du gain, et l'ultime union sacrée ne pourra sauver complètement le vieux shérif, victime de son sens de l'honneur, préférant sauver une femme des griffes d'une horde de dégénérés lubriques que d'effectuer, paisiblement, sa mission de convoyeur. Le femme qui, dans beaucoup de films de Peckinpah déchaîne les passions, objet de désir qui rend fou les hommes, les transformant en bêtes sauvages, même si on est encore loin des "Chiens de paille" !
Curieux film dans l'oeuvre du réalisateur, hésitant entre tradition et modernité, chant désespéré sur le vieil Ouest, magnifié par la musique triste de George Bassman, qui disparaît, ouvrant des horizons nouveaux vers un avenir incertain, qui prendront, sous l'oeil de Peckinpah, des atours terrifiants !






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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 18:50



Au-delà des superbes paysages du Wyoming, L'homme des vallées perdues, de l'ancien directeur de la photographie George Stevens, se distingue par le point de vue qui prend les yeux d'un garçonnet, Joey. Le petit blondinet, interprété par Brandon de Wilde, fils d'un couple de petits fermiers partis vers l'Ouest, pour une vie meilleure, ouvre et concluera le film, ouverture et final se rejoignant comme si le récit n'avait été qu'un rêve d'enfant.



A la présence enfantine, va répondre l'image du cow-boy solitaire, , sans racine et sans famille qui déambule dans l'Ouest sauvage, et qui prendra le visage angélique d'Alan Ladd. Shane,




qui deviendra vite le père fantasmé du petit Joey, fasciné par le pistolero frangé, plutôt que par son fermier de père.




La petite famille, dirigée par Van Heflin, dont le physique correspond tout à fait à l'archétype du bonhomme laborieux, fleure bon, avec sa blonde épouse, Jean Arthur,  le doux bonheur rupestre, si ce n'était la présence d'un gros éleveur qui désire faire partir toute cette piétaille pour agrandir sont déjà immense domaine.




Le décor est planté, et le thème du film sera la lutte sans merci entre un grand propriétaire terrien, sans foi ni loi, et de pauvres fermiers, sans le sou, à la merci des hommes de main du seigneur du coin. Un des thèmes récurrent du western classique, les petits contre le grand, le pot de terre contre le peau de fer, dialectique qui se greffera sur le duel à distance entre Shane, homme providentiel désintéressé, défenseur de la veuve et de l'orphelin, probable ancien pistolero sur le chemin de la rédemption, qui surgit de nulle part,





et l'image du tueur à gages, cupide et cruel, qui prendra le visage émacié d'un certain Jack Wilson joué par un certain Jack Palance !



Palance le tueur, contre Ladd le rédempteur ! Ce duo qui met en jeu deux figures symboliques du Bien et du Mal, va structurer tout le film, jusqu'au duel final ! Intrigue classique, me direz-vous ...Certes, mais transfiguré par l'interprétation d'un jeune premier diablolique qui sera abonné aux rôles de "méchants" du cinéma américain, et qui consacrera, avec ce film, l'archétype du tueur ricanant, plein de sang froid, sadique, qui aime jouer avec ses faibles adversaires, promis à l'abattoir, les tuant dans un sourire pervers !



Palance, géant filiforme, dont Stevens accentuera  le côté effrayant, en lui adjoignant un cheval moyen qui lui faisait presque toucher les pieds par terre.

En face du terrifiant tueur, Alan Ladd, star déclinante, qui connut son heure de gloire dans les polars des années 40, avec sa femme, la platine blonde Veronika Lake, figure angélique, presque enfantine, qui fera donc face au terrible "hitman", pour prix de sa rédemption.
Jack Ladd, Alan Palance, oxymore singulier, soleil noir qui épuisera la narration du film dans le duel final, face to face qui transcendera les codes du western classique, que L'homme des vallées perdues reprend, de manière caricaturale, encensant les valeurs familiales, l'amour de la patrie, le respect de la parole donnée ou la nécessité laborieuse.

Duel au crépuscule, avec un Shane qui part seul vers son destin, poursuivi par le jeune Joey et son chien, affrontement inégal, à un contre tous,


sous le regard médusé du jeune garçon,



qui assistera à la fin de Jack Wilson, à la victoire du Bien sur le Mal, dans un éclair de fumée foudroyant qui occira le tueur sardonique !



Shane a accompli sa mission et comme tous les cow-boys solitaires se doit de partir au loin, la fermière communauté ayant retrouvé la quiétude tant désirée, malgré les suppliques du jeune Joey ...



Le jeune homme aura beau crier son amour pour Shane, il n'évitera pas le lonely cow-boy de disparître dans le crépuscule horizon !



Alan Ladd est mort, 13 ans plus tard, rongé par l'alcoolisme, ange déchu victime du système hollywoodien, Brandon de Wilde, le jeune Joey, disparaîtra, à l'âge de 30 ans, en 1970, fauché en pleine jeunesse par un accident de voiture ... Mais il m'arrive parfois, d'entendre cet écho lancinant, un Shane porté par une voix d'enfant, écume mémorielle, qui reflue du rivage de mon enfance.

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