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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 05:43

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Avant de devenir le réalisateur attitré d'Alain Delon dont la magnifique Piscine, puis de Belmondo, Jacques Deray avait commencé dans le film d'espionnage très "Guerre froide". Après du Rififi à Tokyo, avec Karl-Heinz Böhm, le François-Joseph de Sissi, voici qu'en 1966, il nous narre une histoire d'agent double à Vienne. L'intérêt de cet opus, tient surtout à son casting qui réunit quelques unes des meilleures ganaches du cinéma français de l'époque. Lino Ventura, très sobre,

 

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vient dans la capitale autrichienne pour tester un de ses agents, joué par Jean Bouise, comédien atypique par son physique,que Besson consacrera une dernière fois dans son Grand Bleu.

 

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Margery, dit "le boiteux", mène donc une curieuse sarabande, que Lino essaie de déchiffrer. Mystérieux, même au téléphone,

 

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le boiteux se montre visqueux comme une anguille !

 

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Un avocat d'affaires, joué par Jean Servais, celui du Riffifi chez des hommes, de Dassin, dont Deray fut l'assistant,

 

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joue aussi un jeu bien curieux et est en contact avec un certain Chalieff, interprété par Wolfgang Preiss, l'allemand de service, joueur d'échecs à ses heures perdues,

 

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et qui exerce une certaine pression sur Bouise le boîteux,

 

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 en détenant sa régulière !

 

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Vous suivez ? L'avocat Servais va alors tromper ce brave Lino, en simulant une mort,

 

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Ventura y perd son latin ...Cette canne appartient-elle à Margery,

 

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ou à l'avocat Weigelt ?

 

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Tourneboulé par tout ce charivari, Lino prend un coup de sang et va fouiner du côté de la masure de l'avocat soi-disant occis, où il maîtrise un majordome filiforme.

 

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Il découvre alors que Servais/Weigelt est toujours bien vivant,

 

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avouant qu'il a essayé de le tromper, sur ordre de Chalieff ...

 

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Le regard mauvais de Weigelt transperce notre bon Lino !

L'affaire se finit dans un aéroport, où un douanier, joué par Reinhard Kolldehoff, au physique de catcheur, sosie d'Adolfo Celi,

 

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toise notre agent secret, qui, se faisant passer pour Margery, se fait remettre une valise de talbins par un chinois ...

 

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Puis après quelques bastos envoyées pour annihiler le "péril jaune", Lino s'en va, avec Marilu Tolo, vers un horizon incertain ...

 

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Vous aurez compris que si ce film est resté anonyme, c'est qu'il ne brille pas par son excellence. Avec un tempo pianissimo, qui ressemble à du Melville, sans le talent du dernier, on a tendance à piquer du nez en écoutant les dialogues interminables qui ronronnent doucement ...Cet opus d'espionnage bavard, anti-James Bond par excellence et très John Le Carré, pêche par son manque d'énergie et son scénario alambiqué, pourtant écrit par José Giovanni !

Mais il reste une pléiade d'excellents acteurs, qu'on a plaisir à retrouver, que Deray, comme le Titien, portraitisent avec talent et la BO jazzy de Michel Magne !

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Tietie007 - dans Polar français
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 14:47


 

René Clément fut un réalisateur singulier dans le paysage cinématographique français. Né en 1913, il commença à travailler avec Jacques Tati, avant-guerre, mais c'est avec La Bataille du Rail, en 1946, oeuvre documentaire qui relatait l'action des cheminots dans la Résistance, primé à Cannes avec le Prix du Jury et le Prix du meilleur réalisateur (La Palme d'or ne fut attribué qu'à partir de 1955), qu'il obtint la consécration. Le cinéaste est donc issu d'une génération d'après-guerre et commence sa carrière cinématographique par un genre peu prisé à l'époque, influencé par le néo-réalisme italien, le film-documentaire.





Il passera, la même année, du coq à l'âne, puisqu'il sera aussi l'assistant-réalisateur de Cocteau, sur la Belle et la Bête, film fantastico-onirique aux antipodes du style réaliste qui illustrera l'éclectisme de René Clément, comme le démontrera sa carrière.


Le conflit mondial marquera le cinéaste, puisque outre La bataille du Rail, Le Père tranquille, en 1946, Les Maudits, en 1947, Jeux Interdits en 1952, Le jour et l'heure en 1963 et bien sûr, Paris brûle-t-il ?, auront pour cadre la seconde guerre mondiale, aiguillon historique qui marquera  fortement sa filmographie.

Permanence de la guerre, fascination pour le polar américain. Clément tranche avec la thématique narrative de son époque en adaptant ses scénarios d'auteurs américains. Patricia Highstmith pour Plein Soleil, Charles Williams pour Les félins ou encore David Goodis pour La course du lièvre à travers les champs, avec le regretté Robert Ryan.



Comme Melville, René Clément puise sa source d'inspiration outre-atlantique.
Les félins reste d'abord les retrouvailles entre Clément et Delon,



duo gagnant de Plein Soleil, 4 ans auparavant, film qui avait fait du second une star. Depuis, l'acteur français est monté au firmament du 7eme art en tournant avec Visconti (Rocco et Le guépard), Antonioni (L'Eclipse) ou le très réussi Mélodie en sous-sol d'Henri Verneuil, avec Jean Gabin. Delon star européenne, aspire à une carrière américaine, d'où son intérêt pour le projet clémentien, puisqu'il retrouvera Jane Fonda, jeune première du cinéma américain,



 et Lola Albright, séduisante quadragénaire très présente sur la télévision outre-atlantique.



Clément n'oublie pas de faire appel à Lalo Schifrin, grand compositeur de musique de film et à Henri Decaë, grand directeur de la photographie français qui travaillera souvent avec Melville, notamment sur Le Samouraï. Comme pour Melville, Clément prend un soin particulier, presque maniaque, sur la qualité de la photo et les décors, qui font partie intégrante de la narration proprement dite, ce qui tranchera avec les pratiques de la Nouvelle Vague.

Les félins c'est l'histoire de Marc, gigolo français qui a eu le tort de séduire la femme d'un américain fortuné, qui envoie quelques tueurs régler le compte du bellâtre. Quelques mandales nord-américaines,



le supplice de la baignoire,



et un petit voyage vers un coin isolé dans une belle américaine,



et le jeune premier arrive à fuir les tueurs en costard, lâchant ses poursuivants dans l'arrière-pays niçois, sauvé par un prêtre,



puis par une richissime américaine, Barbara, qui prend le beau gosse à son service, comme chauffeur.



Séduisante quadragénaire, Barbara vit avec sa nièce, Melinda //Jane Fonda dans une superbe villa sur la Riviera française.
Très vite, et un peu comme dans Plein Soleil, un huis clos à trois va aviver les tensions, les deux femmes se retrouvant concurrentes pour séduire le jeune premier.



Sûr de son pouvoir de séduction, Marc, chauffeur dragueur, va jouer avec les deux femmes,



comme un joueur de poker !



Dans cette compétition impitoyable, entre deux femmes, l'une mûre, l'autre, jeunette,



c'est la plus expérimentée qui va remporter le morceau. Une petit verre de whisky,




un regard suave, les yeux dans les yeux,



et Barbara qui prend l'initiative et brusque les choses,



emballant avec une facilité déconcertante le jeune coq !



Mais Marc n'a pas tout compris au film et la vengeance est un plat qui se mange froid !



L'intérêt des Félins réside, évidemment, dans ce huis-clos psychologique, avec pour cadre une magnifique résidence, décorée avec soin, où des tableaux contemporains répondent à des masques primitifs, qui dénotent l'intérêt de Clément pour les arts premiers et la peinture moderne. Par certains côtés, on peut ressentir une référence hitchcockienne, dans ce thriller freudien et sensuel, même si le cinéaste français se distingue du maître américano-britannique par une image plus sophistiquée et un style moins démonstratif. L'élégance de la réalisation, avec des plans millimétrés, souligne la rare maîtrise du réalisateur français, rehaussée par le superbe noir et blanc d'Henri Decaë et le jazz inspiré de Lalo ! Pour imdb, les Félins est certainement le meilleur thriller de Clément, surpassant même le solaire Plein Soleil, et je ne suis pas loin de penser la même chose.



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Published by Tietie007 - dans Polar français
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 08:21



Il y a des films que vous aimez, contre vents et marées, malgré le piètre avis de la critique et la bouderie du public. Ce Casse d'Henri Verneuil, remake du Cambrioleur, tourné par Paul Wendkos, en 1957, adaptation d'un roman de David Goodis (The burglar), va se structurer autour du duel entre Azad, cambrioleur de haut vol, interprété par Jean-Paul Belmondo, et un flic, Abel Zacharia, joué par Omar Sharif.



Confrontation policière, affontement personnel, entre un "voyou" plutôt honnête et un flic très véreux !
Polar qui se distingue par son casting 4 étoiles, avec un Robert Hossein tout juste sorti des "angéliqueries",



et un Renato Salvatori qui, pour une fois, fait des infidélités à son ami Delon !



La présence de Nicole Calfan et de Dyan Cannon, en vedette américaine, donne une petite touche hollywoodienne  à cette production  franco-italienne.
La quasi-psychopathie du commissaire Zacharia,



fera des victimes collatérales,



mais se heurtera à la force tranquille bébellienne,



toujours aussi véloce, au volant d'une rouge bagnole,






 et tout aussi charmeur, face à la blonde Dyan Cannon !



Sur la lancinante musique d'Ennio Morricone, le duel se résoudra dans un silo à blé, un des morceaux de bravoure du film !



Un casse que je vous conseille donc de redécouvrir, même si la Fiat de Bebel est moins sexy que la Mustang de Steeve, dans Bullitt !!

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