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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 18:49

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Produit par Howard Hughes et Howard Hawks, en dehors des grands studios, le film, eut du mal à se monter, puisque ces derniers mirent des bâtons dans les roues aux deux francs-tireurs, ce qui peut expliquer un casting de second ordre, Paul Muni, jouant le rôle de Scarface, n'étant pas un astre d'Hollywood !

Le générique commence sur un curieux message, véritable pamphlet anti-gangster qui met en cause le gouvernement de Hoover !

 

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Le ton est donc donné, dès le début, avec une attaque en règle du gouvernement, une sorte de choix politique assumé, juste avant les élections présidentielles de 1932, qui verront Franklin Delano Roosevelt engager son premier mandat.

La scène d'ouverture restera célèbre pour son dépouillement et ses effets de caméra, jouant sur l'implicite et le non-dit, puisque du meurtrier, seul un sifflement et une ombre le caractériseront.

Dans la 22nd Street,

 

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une silhouette inquiétante rôde,

 

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elle ira, nonchalemment, à sa malheureuse victime, Costillo, un caïd de la pègre...la guerre des gangs aura bien lieu !

 

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J'avoue que je ne connaissais guère ce Hawks styliste, qui, après la guerre, utilisera moins de fioritures pour narrer son action ! Très rapidement, le spectateur pressent que Tony Carmonte, le "balafré", joué par Paul Muni, doit y être pour quelque chose,

 

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comme le  pense la Police ! Mais Muni, légèrement provocateur,

 

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nargue les forces de l'ordre,

 

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 et se paie la tête d'un inspecteur, intouchable qu'il est !

Car Tony Carmonte, tueur au service de Johnny Lovo

 

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est là pour faire le ménage, mu par une ambition sans bornes, symbolisée par ce luminaire qui fait face à sa demeure ...

 

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Avec son acolyte, Guido Rinaldi, joué par l'élégant George Raft,

 

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et malgré les menaces,

 

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Scarface va faire régner la terreur pour imposer les désirs de son patron !

 

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Au cours d'une scène mémorable, réunissant Lovo et d'autres bootleggers

 

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, où Hawks se livre à une série de portraits léonesques,

 

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le boss et son adjoint Scarface, vont s'imposer comme les patrons de la ville !

 

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Un superbe exercice de style, qui me rappelle les portraits du Titien, une série de trognes gangsteriennes dont un Lautner s'inspirera, beaucoup plus tard !

Mais le monde des gangsters a ses propres lois qui n'ont rien à voir avec le Droit ...et les résistances vont déchaîner la furia du "balafré",

 

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véritable psychopathe, qui se sert de sa mitraillette en rillant aux éclats, image diabolique que Hawks donne des gangsters italiens ! Car le réalisateur américain enfoncera le clou, dans son scénario, en faisant dire à un juge que tous ces gangsgters qui grangrènent la cité, sont des étrangers, un stigmatisation de la population d'origine italienne qui traduisait un certain racisme ambiant, dans les USA des années 30.

Tony Carmonte nettoie la ville et monte en grade, et la soie et les barreaux de chaise,

 

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remplaceront le mauvais tissu et les clopes bon marché ! Mais la violence de Scarface, irrépréssible,

 

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l'élimination de Gaffney, l'irlandais, joué par Boris Karloff,

 

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l'attitude sans ambiguité que le "balafré", tout puissant, a avec la poule de son boss,

 

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vont sceller le début de la fin pour Scarface. Johnny Lovo, débordé par la violence de son subordonné, essaiera de l'éliminer, mais, échouant, il sera occis par le pistolero !

 

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Perdant toute mesure, enragé par les infidélités de sa soeur, dimension inscestueuse du personnage qui transparait clairement, Carmonte tue alors son meilleur ami, Guido Rinaldo, coupable d'avoir couché avec la belle ...On ne transige pas avec l'honneur !

 

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Poussé par sa folie meutrière, Scarface finira alors dans un feu d'artifice hystérique ! 

 

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 Servi par un extraordinaire Paul Muni, sauvage et élégant, mi-ange, mi-bête,  qui joue un gangster italien à la violence hystérique, figure diabolique de l'étranger qui corrompt les vraies valeurs américaines, Scarface, qui aura vécu par l'épée, périra par l'épée ! Il faut noter que la censure de l'époque, dirigée par le Code Hays, découpera méchamment le film, pour aseptiser cette histoire amorale ! Du reste, de 1947 à 1980, le film sera quasi-invisible aux USA, victime de sa réputation et de producteurs peu aimés par le milieu, notamment Hughes !

Au-delà de l'histoire, Scarface donnera l'occasion à Hawks de donner sa pleine mesure, en jouant sur les points de vue esthétique, abusant de gros plans-portraits, utilisant, avec bonheur, la métonymie, suggérant la violence plutôt que la montrant,

 

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et narrant son film avec des effets de style qu'on ne lui connaîtra plus vraiment, par la suite, faisant de Scarface, un véritable chef d'oeuvre formel, un peu atypique dans l'oeuvre du réalisateur américain.

Quant à Paul Muni, véritablement génial, dans cet opus, on pourra s'étonner du peu d'éclat que sa carrière aura, par la suite, malgré un Oscar pour le rôle de Louis Pasteur (sic).

La scène d'ouverture, mythique, avec ce curieux message des deux producteurs, instrumentalisant l'histoire à des fins politiques ...

 

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Published by Tietie007 - dans Film noir
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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 13:59

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En 1947, Henry Hathaway a déjà roulé sa bosse à Hollywood, puisqu'il tourne en boucle, depuis 1932, des westerns de série B avec en prime, Les 3 lanciers du Bengale, en 1935, avec Gary Cooper. C'est alors que le célèbre producteur Mark Hellinger l'appelle pour lui faire réaliser Kiss Of Death ou Le Carrefour de la Mort. Hellinger, journaliste de formation, aime inscrire ces histoires dans la verticalité des cités américaines, et notamment dans New-York, ville dont il est originaire.

 

Le producteur arrive à engager Victor Mature, qui a joué les orientaux dans Shangaï Gesture,  de Von Sternberg, avec la sublime mais fragile Gene Tierney, et il sort juste du rôle de Doc Holliday dans La poursuite infernale de John Ford, pas vraiment la version que je préfère ! Il lui adjoint un jeune premier, blondinet au regard noir et au rictus pervers, un certain Richard Widmark.

Mature//Nick Bianco, le cambrioleur,

 

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au chapeau mou, tombe pour une affaire mal ficelé et se retrouve au violon,

 

Kiss of death, Widmark et Mature en cellule

 

 

 

dans la même cellule qu'un certain Tommy Udo, blondin gominé au regard fiévreux ! Mais Nick ne veut pas finir sa vie en taule, loin des siens, aussi entre le carcéral honneur et la balance festive, il choisit la seconde voie, choisissant de balancer ses partenaires d'un jour, pour retrouver ses filles et la vie.

 

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Mais voilà, le milieu a ses raisons que le coeur ne connaît pas et un tueur est envoyé demander quelques comptes à Bianco.

 

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C'est dans le rôle du tueur psychopathe, Tommy Udo, au regard fou,

 

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que Widmark va alors marquer les esprits et faire florès. Car Udo, ange de la mort, ne recule devant rien, même pas à balancer une petite vieille dans l'escalier,

 

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Bianco est donc prévenu !

 

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Tommy le menace,

 

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mais Nick reste impertubable.

 

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Il vaut mieux, car la duplicité du sombre Tommy peut-être mortelle,

 

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et sous ses apects sociables,

 

 

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se cachent un redoutable tueur !

 

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Nick ira donc affronter le tueur ricanant qui est Udo, dans une sorte de duel singulier qui clôturera l'histoire.

On retiendra donc les inquiétantes images de New-York, ville partie prenante de l'histoire et surtout, la fantastique composition de Richard Widmark, en tueur pervers, qui marquera l'histoire du film noir. Quant à Victor Mature, il sera bientôt plus à l'aise dans ses rôles bibliques de Samson à Marcellus, pouvant exploiter son physique hors norme ! 

 

Un petit QUIZZ sur la carrière de Richard Widmark, pour la route et enjoy the Tommy Udo's smile !

 

 

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 10:00

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En 1987, Alan Parker, qui avait effrayé la planète cinéphilique avec son Midnight Express, en 1978, revient avec un film noir poisseux avec Angel Heart.

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Harry Angel est un privé miteux qui excerce à New-York,

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au costard bon marché et aux cheveux mal gominés. Entre sa platine poule et sa turne déglinguée, les affaires ne vont pas au mieux pour Johnny. Mais un avocat bien mis,

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le contacte pour rencontrer un certain Louis Cyphre,

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joué par l'inquiétant Bob de Niro,

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un personnage élégant et énigmatique, qui pèle les oeufs

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avec une précision chirurgicale !

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 Mais le mystérieux commanditaire demande à Harry Angel, de rechercher un certain Johnny Favorite, chanteur de son état, qui doit quelques dettes à son agent de Cyphre.
Harry va alors se lancer dans la recherche du "crooner", dans une Amérique poisseuse et exotique. Un détour par Coney Island, où le chanteur s'est  produit,

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avec quelques associés d'infortune,

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un médecin morphinomane, qui a soigné Johnny,

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mais qui décède malencontreusement, dans un bled paumé,  avant de livrer ses secrets, laissant, à l'alcoolique Harry,

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qui commence à noyer son funeste pressentiment dans des verres de bourbon.

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Atmosphère éthylique, avec des flashs oniriques, entre deux cornettes de Harlem,

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et un curieux escalier sans fin,

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,la quête de Johnny Favorite va se transformer en une descente aux enfers, les traits du "lover" se dessinant progressivement pour  laisser deviner un masque grimaçant bien effrayants, dans les bayous de Louisiane,

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entre une richissime héritière, jouée par Charlotte Rampling,

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et une sensuelle Lisa Bonet, jeune Pythie versée dans des arabesques vaudous ...

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fascinant le ténébreux Harry Angel.

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Film noir fantastique, à l'atmosphère humide et malsaine, entre une chanteur introuvable prétexte à une plongée dans les entrailles sombres de l'âme humaine, une recherche de la vérité qui se mue en quête d'identité, dans une lumière diaphane, irisée par les lourds nuages louisianais entre un banjo plaintif et une poule sacrifiée. Pour le moi, le meilleur film de Mickey Rourke,

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et peut-être d'Alan Parker.

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