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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 08:14

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Un western de Sergio Sollima, avec Gian Maria Volonte et Tomas Milian à redécouvrir.

 

http://le-cinema-de-tietie007.blog4ever.com/le-dernier-face-a-face

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Published by Tietie007 - dans Western italien
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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 08:58

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Un aparté avant de commencer la présentaion du film de Damiani. Imdb désigne le film comme "El Chuncho, quien sabe ?", alors que la versoin que j'aie dénomme le film; "El Chucho, quien sabe ?", sans "n". L'appelation "El Chuncho" a été reprise par le monde francophone, mais il me semble qu'Imdb fait une erreur, car, en espagnol, "El Chucho" signifie "le cabot", alors que l'expression "El Chuncho" ne veut rien dire !

Passés ses préliminaires sémantiques, le film de Damiano Damiani nous plonge dans la Révolution mexicaine et se veut, sous des dehors légers, une réflexion sur la figure du "révolutionnaire". Thématique à la mode, dans les années 60-70, dans le cinéma italien et plus particulièrement dans le western spaghetti, avec des films comme Le dernier face à face de Sergio Sollima (1967), Tepepa de Giulio Petroni (1969) ou le cultissime Il était une fois la Révolution, de Sergio Leone, en 1971.

Le cinéma italien de l'époque, très politisé, s'appuyait sur des scénaristes de gauche, comme Franco Solinas, qui travailla sur le très controversé film de Pontecorvo, La bataille d'Alger, longtemps interdit en France, ou l'Assassinat de Trotsky et qui écrivit le scénario d'El Chucho.

Gian Maria Volonte, dit El Chucho, sort juste de ses deux opus léoniens, Pour une poignée de dollars et Pour quelques dollars de plus, où il jouait un chef de bande mexicain, ténébreux et violent, et reprend,ici, un rôle similaire, comme chef d'une bande de révolutionnaires mexicains.

 

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Leader charismatique, El Chucho mène sa troupe avec bonhommie et violence, pour récupérer des armes pour le général Elias, un des leaders de la révolution mexicaine. La scène initiale suprend par sa violence tranquille, puisque le militaire porté en croix, mis sur la voie ferrée pour arrêter un train gouvernemental,

 

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sera écrasé par la locomotive,

 

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pour fuir la bande d'El Chucho !

 

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Peine perdue, puisque les révolutionnaires arrêteront le train, massacreront les militaires gouvernementaux et s'empareront des armes. Mais dans ce train, Gian Maria Volonte va tomber sur un curieux gringo,

 

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habillé en costard-cravate, un blondinet qui semble égaré dans ces dangereuses contrées mexicaines, personnage incongru dans ce paysage désertique ! Le gringo, joué par Lou Castel, dit être recherché en Amérique du Nord et propose au mexicain de se joindre à sa bande. El Chucho ne refuse pas la proposition, puisqu'un bon tireur ne se refuse pas !

 

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Mr Tate, surnommé "nino", se joint donc à la bande, composé du frère du chef, un moine illuminé, joué par Klaus Kinski,

 

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un couple mené par la volcanique Adelita,

 

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et quelques autres sombreros !

Tout le film va tourner autour des motivations mystérieuses de Nino, "golden boy" gominé perdu dans cette horde de va-nus-pieds !

 

blanco nino

 

 Le yankee dans son habit de banquier, froid comme la pierre,  silencieux et imperturbable, tranche avec la personnalité volcanique de Chucho, révolutionnaire-bandit au grand coeur, qui ne se prive pas de piller, massacrer et violer,

 

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incarnant l'ambiguité du révolutionnaire-paysan, visant des objectifs humanistes en utilisant des moyens violents !

Car Chucho est un homme du peuple, élevé dans l'aride pampa mexicaine brûlé par le soleil, issu de ce petit peuple de "peones" exploité par les grands propriétaires terriens !

 

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Malgré des coups de main audacieux, faits par la bande,

 

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attaquant les forces gouvernementales,

 

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avec une "pasionaria" qui donne le coup de feu,

 

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et un Chucho hystérique dans l'action,

 

rire hysterique hysteria

 

l'attitude énigmatique de "Nino" irrite le mexicain ...

 

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et provoque des tensions dans la bande.

 

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Le nord-américain est bien trop différent de ces "hombres" et évite même le viol d'une bourgeoise ...

 

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malgré les éclairs lancés par Adelita !

 

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Chuncho se fait de plus en plus méfiant lorsqu'il découvre une balle en or, dans le sac du yankee,

 

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et ne croit pas un seul instant les explications de son curieux compagnon ...

 

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La bande se délite, les morts s'accumulent,

 

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sous le regard de la belle Martine Beswick. Mais Chucho arrive à livrer les armes au général Ellias,

 

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qui l'accuse d'avoir trahi la révolution et le condamne à mort,

 

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peine que le révolutionnaire accepte sans broncher. Mais c'est là que la "balle en or frappa le général" (A bullet for a general sera d'ailleurs le titre en anglais !)

 

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et que Chucho sut enfin les motivations de Nino ...

 

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Tueur à sang froid agissant par cupidité, payé par le gouvernement pour occire un des chefs de la Révolution ...Le cynisme de Mr Tate, gentleman killer, dont la seule morale se résume à l'argent,

 

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va alors s'opposer à l'idéalisme désintéressé d'un Chuncho, qui ne succombera qu'un temps aux ors du luxe et de l'argent,

 

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fasciné un instant par cette vie de jouissance oisive, mais qui, à la fin,  ne pourra pas trahir ses idéaux de justice et d'égalité qui ont guidé sa vie, délaissant la perspective d'une vie facile pour retrouver la révolution, et occire, en définitive, le calme et cynique "Nino" ...qui ne comprend pas l'acte fou de Chucho ...que de refuser tout cet argent au profit d'une cause incertaine !

 

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en hurlant cette incise à la face du monde:

"N'achetez pas du pain, mais de la dynamite !"

 

et s'enfuir vers un avenir incertain mais peut-être meilleur !

 

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La morale est donc sauve, et l'idéalisme du révolutionnaire, un temps mis à mal par l'argent du nord-américain, ne se laissera pas soudoyer par la perspective d'une vie de cocagne !

Le film de Damiani est donc structuré avec l'opposition Chucho//Nino, jusqu'à la caricature ! L'un paysan bourru, l'autre, homme d'affaire sophistiqué. L'un autant révolutionnaire que bandit, l'autre, tueur professionnel aux allures de banquier ... Mais le réalisateur évite de trop tomber dans les clichés ...car malgré cette opposition manichéenne entre deux archétypes, Chuncho, le paysan au grand coeur, peut aussi sombrer dans des excès de violence gratuite, tuant sans remords, alors que Nino peut aussi avoir des accès d'humanité, lorsqu'il empêche la bourgeoise de se faire violer .. Les personnages, comme souvent dans le western spaghetti, sont traversés par des attitudes ambigues, agissant le plus souvent, par cupidité et cynisme, donnant l'image d'un homme profondément pourri, ce qui tranche avec le moralisme du western classique américain. Malgré tout, la morale sera sauvée, puisque Gian-Maria, un temps tenté, refuse de se vendre pour tout l'argent du monde, et retournera à sa passion première: La Révolution !!

 

 

 

 

 

 

 



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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 07:05

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Sergio Leone, après les monuments Il était une fois dans l'Ouest et Il était une fois la révolution, revient à un cinéma moins lyrique et, faussement, plus léger, avec ce singulier western, "Mon nom est personne",

 

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dont il laissera l'intendance à un de ses adjoints, Tonino Valerii, qui fut un de ses assistants réalisateurs dans la Trilogie du $.

La scène d'ouverture, spécialité de maître Leone, ressemble, dans sa construction, comme deux gouttes d'eau à celle d'Il était une fois dans l'Ouest,  exposant, solennellement, la problématique du film, qui tournera autour du fardeau de la célébrité, dont voudra s'extirper, Jack Beauregard/Henry Fonda.

 

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Ici, ce n'est pas dans une gare perdue en plein désert, mais dans un village campagnard, que trois outlaws, voulant défier ce pistolero de Beauregard, vont se ramener, avec cet art du portrait, chez le maître italien, qui donne un tempo "pianissimo",

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fixant ces visages mal rasés, 

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et ces outlaws aux yeux bleus, 

 

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le bleu, qui sera le fil conducteur chromatique du film !

Ici, ce n'est pas une "femme à sa fenêtre", procédé narratif que Leone stigmatisait comme inutile, mais un enfant, qui de ses quelques années, aperçoit, le premier, ce trio de "traîne-savate".

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Chez ce barbier maîtrisé,

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dans un silence de cathédrale, c'est Steve Kanaly, futur Ray Krebbs, dans la série culte Dallas

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qui va essayer de duper Jack Beauregard, comptant y faire son affaire avec une lame de rasoir bien affûtée !

 

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Mais Beauregard n'est pas né de la dernière pluie, et la gâchette américaine aura sa barbe faite, à l'aide d'un Colt bien placé, 

 

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dans un singulier silence, 

 

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et une attente oppressante,

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qui se résoudra dans un duel final vite réglé, par un Beauregard enfin rasé !

 

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Scène d'ouverture interminable et emphatique, dont Leone a le secret, sans dialogue, avec une caméra qui portraitise des personnages immobiles, qui se meuvent, parfois, dans une langueur monotone, tableaux ponctués par des bruits prosaïques, ici le caquètement d'une poule, là le son d'une lame sur une peau mal rasée. Mais ici, la scène d'ouverture posera le paradigme du pistolero, homme seul et sans famille, au prise avec des cow-boys belliqueux, prêts à tout pour se mesure à une légende de l'Ouest !

Scène d'ouverture, clin d'oeil à Il était une fois dans l'Ouest, à laquelle succède un autre passage, au registre plus comique, contraste typique du western italien, qui peut passer du tragique à la comédie sans barguigner ! C'est Personne/Terence Hill,

 

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acteur sur-signifié par son rôle de Trinita, facétieux héros du western spaghetti, qui indique que "Mon nom est personne", naviguera aux frontières de la comédie, registre qui déplaît souvent aux fans du pur western classique hollywoodien !

Jack Beauregard, un nom qui sied bien aux yeux océans d'Henry Fonda, qu'aimait tant Leone

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et le curieux Personne, aventurier odysséen, vont se croiser autour d'un poisson, 

 

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puis dans un saloon où le prodigue individu, 

 

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en mangeant son plat d'haricots, et au grand étonnement de Beauregard

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se fait le dépositaire de l'histoire mouvementée et plombée, du vieux pistolero

Tout le film va alors tourner entre la relation Personne//Beauregard, entre le maître, fatigué, 

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et l'élève admiratif, 

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dans un numéro de duettistes et une floraison de bons mots qui finiront par deux trous dans un chapeau, 

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et une complicité nouvelle, face à une "horde" très "Pékine Païenne",

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hommage de l'italien au vieux borgne américain, qu'était Sam Peckinpah, apôtre défroqué du réalisme westernien et esthète d'une violence qui rompra avec le style classique. Autour du mano à mano Personne//Beauregard, vont alors se déployer des personnages pittoresques, comme l'Anguille

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grotesque cow-boy qui sera vite le faire-valoir de Terence Hill, dans la fameuse scène du "tirage" des verres à whisky, 

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et donnera l'occasion au facétieux Personne de ridiculiser un homme de main, 

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du méchant et retors Jean Martin,

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qui tentera de soudoyer, en vain, le bon samaritain !

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Action, alors, qui va tomber dans un délire réjouissant, relevant des pieds nickelés, avec un Personne s'en donnant à coeur joie, 

 

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distribuant gifles et gnons à tire-larigot, pour le plus grand plaisir du spectateur, sous le regard hilare d'un vieux marigot !

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Un Personne aussi leste avec ses poings qu'avec sa langue, capable de narrer, avec expressivité, 

 

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la fable du coyote et de l'oisillon,

 

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ravissant un auguste public, 

 

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avec ce petit vieux, à la ganache incroyable, américain retraité, qui vivait dans la région d'Almeria, où fut tournée le film !

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Typique du cinéma italien, capable de traiter de sujets graves avec une légèreté pétillante, Leone alterne entre le grand guignol et la réflexion quasi philosophique, brodant autour des affres de la célébrité, fardeau que ne peut plus supporter un Jack Beauregard fatigué, 

 

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et dont rêve le facétieux Personne !

 

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Une dernière fois, le vieux cow-boy épuisé, donnera un dernier récital, 

 

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sous le regard malicieux du roué Personne

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qui roula un  conducteur de train fellinien !

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Seul contre la Horde, Leone, dans une orgie d'explosion, 

 

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narre le dernier baroud d'honneur du futur retraité, qui se finira autour d'un bon plat de ...fayots !

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Il restera à scénariser le dernier duel, Personne

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contre Beauregard

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match arrangé, sous l'oeil des photographes, pour permettre au vieux Jack, d'enfin disparaître,

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pour une retraite bien méritée, 

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laissant à Personne

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le soin de se taper des faux barbiers, 

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qu'il neutralisera à sa façon ...

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Western réjouissant, entre farce et conte philosophique, Leone nous amène sur les rivages janusiens de la comédie à l'italienne, dans un western délirant qui tranche de sa production précédente. Bourré de clins d'oeil cinéphiliques, de la tombe d'un certain Peckinpah à la scène d'ouverture très "Il était une fois ...", agrémenté de portraits pittoresques, qui font de Leone un Titien prosaïque, le maître italien, au travers des regards bleus du duo Hill//Fonda, évoque les relations entre la grande et la petite histoire, la fascination de la célébrité et la construction de la réalité par les médias. Henry Fonda, en pistolero fatigué, nous brosse un Jack Beauregard lucide et désabusé, amusé par le brio d'un Personne, lutin admiratif qui veut surpasser le maître. Ce film sur les affres de la célébrité, métaphore sur la fin du western hollywoodien, aux héros positifs et aux messages moralisateurs, est à comparer au crépusculaire Le dernier des géants, de Don Siegel, avec John Wayne, qui traite du même thème avec une approche beaucoup plus classique.

Avant de mirer l'histoire du coyote et de l'oisillon, répondez à ce QUIZZ sur Terence Hill.

 

 


 







 


 


 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 09:45



Clint Eastwood,



Eli Wallach,



Lee van Cleef, sont la westernienne Trinité sur laquelle va se reposer Leone, pour conclure sa Trilogie du Dollar !

Le bon,



la brute,



et le truand,



sont les archétypes sur lesquels va s'appuyer le réalisateur italien, clin d'oeil aux paradigmes du western américain de la grande époque, qui mettait en avant des héros bien identifiés.
Le western de Leone, profondément pessimiste, prend le contre-pied de l'idéalisme de son homologue américain, pour nous dépeindre un Far West , rongé par la violence et la cupidité où les héros positifs n'existent pas !



Le flegmatique Blondin, joué par Clint Eastwood,  fil conducteur de la Trilogie, n'a pour seule morale que le dollar,



et ne se prive pas d'en gagner en s'associant avec Tuco, chapacan de l'Ouest sauvage qui vit de rapines et d'entourloupes !



Blondin, anti-héros cynique et cupide, ne veut aucunement améliorer le système, mais en profite allègrement en escroquant l'Etat !



Duo singulier, entre un truand, traîne-savate plutôt sympathique et un "Bon" froid et calculateur, c'est la manière de Leone de renverser les archétypes du western classique, qui s'appuyait sur un héros défendant la veuve et l'orphelin !
Mais les associations ne durent qu'un temps, dans les films de l'italien, puisque chaque associé essaie de tirer la couverture à lui. Entre le pendu et le tireur, ce serait plutôt le second qui aurait la position confortable et le premier qui mettrait sa vie au bout d'un tir improbable !



Et on ne la fait pas à Tuco, qui a passé une vie de rapines, ce qu'a oublié Blondin,



à escroc, escroc et demi !



Chez Leone, ce n'est pas de l'universel au singulier, de l'idée au personnage, que se structurent ses films, comme dans le western américain de l'âge d'or, où les valeurs de la patrie, de la famille, de la justice, brillaient de mille feux ! Non, chez l'italien, le mouvement est inverse, la caméra part d'un détail, d'un punctum, d'une expression du visage, d'un regard, pour se perdre dans un rire sardonique ou dans un rictus ironique. Les valeurs positives et collectives qui irriguaient le western hollywoodien, se perdent ici dans l'individualisme effréné des personnages !
Le western léonien n'est pas immoral, mais amoral, comme la philosophie politique de Machiavel, les hommes n'étant mus que par le goût de l'argent ou par le désir de pouvoir.
Au-delà du bien et du mal, l'amitié qui unit Tuco à Blondin n'est que circonstancielle, et s'épuise dans la seule recherche d'un improbable trésor.
"Ne meurs pas, Blondin !", hurle Tuco, qui a besoin de son compagnon d'infortune pour trouver le fameux magot !



Il ne mourra pas et le trio infernal, Blondin, Tucco et Sentenza, se retrouvera dans le cimetière, pour s'approprier du magot, après un duel mémorable.
Si un réalisateur a réinventé les scènes de duel, c'est bien Sergio Leone. Scène typique du western américain, le duel conjugue le combat singulier des médiévaux chevaliers et le folklore du far-west dans une scénographie hyper balisée que Leone va reconstruire ! En abusant des gros plans,


traquant une main hésitante,



un regard inquiet,



une moue anxieuse,



Leone redéfinit la scénographie des duels. Chez l'italien, les visages et les regards, quintesssence de l'individu, signe d'une humanité mal rasée et suintante, très éloignée des standards hollywoodiens avec leur héros propret et bien coiffé, sont le témoignage expressif du nouveau Prométhée qui conchie les valeurs collectives !
La tension dramatique du duel, magnifiée par une musique lyrique et oppressante, dirigée par maître Morricone,



s'épuise dans des regards intenses et inquiets,



des yeux alertes et méfiants,



des mains qui bougent imperceptiblement,



avant que les canons ne crachent leurs mortels projectiles scellant le destin des protagonistes !

Le bon,



la brute,



et le truand,



clôt donc la trilogie des dollars, et projette Leone au firmament du 7eme art, avec le succès mondial du film,  promettant une autre fameuse trilogie, mais ceci est une autre histoire !

Avant de mirer la scène du duel, testez-vous sur la trilogie du dollar en répondant à ce QUIZZ.

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 21:21



Le grand silence, western spaghetti culte, se singularise par un environnement enneigé, dans les Montagnes Rocheuses, et par son duel entre Silence, Jean-Louis Trintignant, et Tigrero, joué par Klaus Kinski.



Si la qualité technique ne vaut pas celle de Maître Sergio, il n'en reste pas moins que Sergio Corbucci, cinéaste inégal qui a navigué entre d'excellents westerns et des nanars de série Z, a le sens du cadrage ....
Dans cet univers blanc quasi immaculé, la règne de la loi se résume à la portion congrue, incarnée par le brave shériff joué par Frank Wolff, le futur trucidé d' Il était une fois dans l'Ouest,



brave représentant de la loi, soumis à la volonté des puissants.



La loi, incarnation de la volonté générale est, la plupart du temps, rendue par des crapules intégrales, dont le chasseur de primes, Tigrero, symbole d'un cynisme cupide assumé !



Totalement immoral, Le grand silence renverse les codes du western classique hollywoodien, faisant de l'anarchie l'alpha et l'omega de la conquête de l'Ouest, consacrant la formule hobbesienne :
"L'homme est un loup pour l'homme" !

Dans ce monde pourri jusqu'à la moëlle, contrastant avec les superbes paysages de l'Utah, Silence, le rédempteur, poursuit, inlassablement, sa quête vengeresse ...





s'épuisant dans le personnage ignoble de Tigrero, chasseur de primes immoral instrumentalisé par les pouvoirs publics pour rétablir la morale ...



Mais Silence va rompre cet équilibre instable ... diligenté par une veuve victime de Tigrero.




La confrontation deviendra alors inévitable, pilotée par un banquier véreux,



pourriture intégrale oeuvrant dans l'ombre et instrumentalisant les chasseurs de primes !
Entre le taiseux,




et le blond démoniaque ...



La morale de cet opus corbuccien se finissant dans les affres d'une cynique fatalité ...









 
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