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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 06:21

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Wolfen est un film que j'ai vu lors de sa sortie en salle, en 1882, à Aix en Provence, car il avait eu le Prix spécial du Jury du Festival fantastique d'Avoriaz, aujourd'hui disparu, remplacé par le Festival de Gérardmer.

L'histoire du film, s'inscrit résolument dans la ville de New-York, acteur principal du long-métrage, que l'on toise, dès la scène d'ouverture,

 

skyline-new-york.JPG

 

avec une vue superbe sur East River, et le skyline de Manhattan, les 2 tours du WTC barrant verticalement le paysage,

 

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du pont de Brooklyn.

 

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Dès l'incipit, Michael Wadleigh, connu pour son Woodstock, articule son oeuvre autour de deux pôles :

- la modernité de la vie urbaine, incarnée par New-York et les WTC, modernité qui se pare des oripeaux de la liberté mais qui produit une vie artificielle et matérialiste, sans âme.

- la tradition de la culture indienne, mise à l'écart par le monde moderne, qui est plutôt porteuse d'un message écologique, altruiste, en phase avec une nature que l'homme occidental a oublié, n'y voyant qu'une ressource a exploité !

 

Modernité et tradition vont donc s'opposer, dans cet opus fantastique par l'intermédiaire du loup, qui, comme l'indien, a été génocidé par l'homme blanc et qui ne sera que l'allégorie de cette tradition perdue.

La scène d'ouverture nous fait suivre une Cadillac, à Staten Island, dans laquelle le promoteur Christopher van der Veer, sirote son verre de Chivas,

 

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alors que sa jolie femme s'envoie de la farine dans les naseaux ! Le couple s'arrête à Staten Island, dans un parc où trône un moulin à vent, édifié, en 1625, par l'ancêtre Peter van der Veer,

 

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mais quelque chose rôde, dans le coin, face à la Statue de la Liberté.

 

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L'originalité de la scène et le changement de point de vue, puisque l'histoire est alors vue par un loup, qui tourne autour du couple et de son garde du corps, avec un effet visuel qui se rapproche d'une image thermique.

 

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Le garde du corps n'aura pas le temps de tirer sur la "chose", qui lui tranchera la main ...

 

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L'homme et la femme,

 

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subiront le même triste sort, avec une mise en scène qui prendra des accents "argentoesques" !

 

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Le décor est donc planté, par cette scène d'ouverture "sanglante" et mystérieuse, magnifiée par le décor monumental newyorkais !

Le lendemain, l'inspecteur Dewey Wilson, joué par l'ébouriffé, Albert Finney, et son chef,  Warren, découvrent le massacre.

 

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Les deux hommes s'orientent, à priori, sur la piste d'une action terroriste, ce qui n'empêche pas Dewey de ne penser qu'à grailler !

 

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On lui adjoint donc, pour mener l'enquête, une certaine Rebecca Nef, sortie tout droit de l'école de police, spécialiste en psychologie de la violence, et experte en terrorisme international, jouée par Diane Venora. La jolie demoiselle n'a pas l'air de couper l'appétit à ce butor de Dewey,

 

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grand fan de "junk food" !

 

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Curieux personnage, ce Van der Veer, qui dans son appartement de Manhattan,

 

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collectionnait un singulier tableau !

 

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Mais cette hypothèse d'un crime terroriste fait long feu, prétexte à Wadleigh à broder sur la rapacité des multinationales internationales qui pillent le tiers-monde. Le médecin légiste, l'aérien Grégory Hines,

 

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découvre un curieux poil sur une des victimes, qui ne peut être, aucunement d'origine humaine !

 

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 Pendant ce temps, dans un Bronx totalement ravagé,

 

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encore un des bienfaits de la modernité, un homeless subit un sort peu enviable ...

 

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Le Bronx, chancre purulent dans cette amérique richissime,

 

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attire donc nos deux enquêteurs,

 

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qui sont aimantés par une carcasse d'église, près de Charlotte Street,  lieu du crime.

 

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Curieux paradoxe que le rêve américain, entre Cadillac luxueuse et quartiers quasi-détruits, qui feraient plutôt penser à un pays en guerre !

 

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 Le changement de "focalisation" nous fait entrevoir la présence d'un animal, dans cette Eglise, qui toise, du clocher, nos deux policiers.

 

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Dewey aura une mauvais feeling, avec cette Eglise, et percevra une présence inamicale,

 

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faisant détaler notre duo !

Dans la nuit, alors que New-York s'endort,

 

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la mort frappera encore, sur le Brooklyn Bridge.

 

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 Le pont de Brooklyn, symbole de New-York, est entretenu par une société qui emploie des indiens, dont un certain Eddie Holt, activiste de la cause indienne qui a déjà fait de la prison, une bonne occasion, pour Dewey, de lui poser quelques questions sur le trucidé de la veille !

 

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En haut du Manhattan Bridge, l'occasion pour mettre, une nouvelle fois, en scène, le majestueux skyline newyorkais,

 

skyline-brooklyn-wtc-empire-laden.JPG

 

l'inspecteur Dewey croise une vieille connaissance, Eddie Holt,

 

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personnage énigmatique qui sait peut-être quelque chose sur cette série de meurtres inexpliquée !

 

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Mais l'indien se montre évasif,

 

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s'exprimant par aphorismes difficilement comprénsibles qui attisent la curiosité de Dewey. L'occasion pour Wadleigh de creuser sur la culture indienne, peuple marginalisé par les blancs, victime de la modernité occidentale et qui essaie de ne pas couper avec sa tradition millénaire, de fusion avec la Nature. L'occasion pur l'inspecteur d'assister à une curieuse scène de transformation, avec un Eddie Holt, qui parcourt les berges de l'East River, nu,

 

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hurlant à la mort, comme ses autres délaissés du miracle économique occidental, les loups.

 

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Parallèle saisissant, entre le peuple indien et la horde de loups, les deux étant des guerriers, vivant en communauté, massacrés par la matérialisme européen, victimes d'un progrès technique qui a écarté ceux qu'il considérait comme inadaptables ou nuisibles. Dans le regard de Dewey,

 

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 l'effroi se conjugue à une certaine fascination,  et l'inspecteur comprend qu'Eddie est innocent, mais qu'il essaye de lui faire passer un message détourné !

Finney a appris, chez un naturaliste, que le poil retrouvé sur un des cadavres venait d'un "canis lupus" ou plus prosaïquement, d'un loup !

 

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Il organise, alors, une petite expédition nocturne vers l'Eglise en ruines, près de Charlotte Street, dans le Bronx,

 

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avec son pote Whittington, le médecin légiste.

 

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Le Bronx est désert, l'église, silencieuse,

 

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et Dewey, n'y tenant plus, décide d'aller inspecter l'édifice religieux, sous la surveillance de l'ami médecin.

 

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Mais une ombre se faufile dans les décombres, Whittington est regardé,

 

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un loup noir, gueule béante,

 

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ne laissera aucune chance au légiste !

Effondré par la mort de son ami, Dewey, abattu,

 

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cherche Eddie Holt, qu'il trouve dans un pub avec quelques amis, dont un vieil indien philosophe.

 

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A l'évocation de la mort de la mort de Whittington, attaqué par un loup, le chef aux cheveux blancs, lui répond par un féroce réquisitoire contre l'Amérique blanche, dont le progrès privilégie certains et en délaisse tellement d'autres, notamment les "loups" et les indiens, victimes de l'hégémonie matérialiste qui a détruit leur territoire et leur culture !

Aboulique, Dewey, figé, écoute la leçon du philosophe, devant un drapeau américain, rectangle de tissu symbole de l'impérialisme débridé des WASP.

 

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Il vient chercher une réponse à une situation incompréhensible, où la démarche rationnelle est vaine, s'en remettant à la sagesse de ce peuple indien immolé sur l'autel du progrès, mais qui a gardé une dignité sans pareille, résistant en se référant à la parole sacrée des anciens.

 

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L'inspecteur a compris l'attaque en règle, et  l'analogie avec les loups ... Le canis lupus défend simplement son territoire, un morceau du Bronx laissé à l'abandon par les hommes, et que Van der Veer voulait revitaliser par un projet immobilier !

Le peuple des loups est comme le peuple indien, vivant à la périphérie des hyper-centres, trouvant leur pitance dans des homeless alcooliques et malades, produits par cette société de consommation qui écarte les faibles.

La confrontation finale va être spectaculaire, entre le trio policier,

 

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et une meute de loups menaçante,

 

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 menée par un loup blanc.

 

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Comme dans les duels de Sergio Leone, les ennemis se fixent,

 

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les yeux dans les yeux,

 

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dans un défi ultime !

 

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Et Dewey comprendra que ces loups ne veulent que protéger leur territoire, contre la folie des hommes, passant d'une posture menaçante,

 

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à une attitude pacifique,

 

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comme pour implorer un pardon, à ce majestueux loup, pour les actions malveillantes des hommes.

 

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Film écologique, à sa manière, pamphlet contre la civilisation urbaine et technologique de l'occident tout-puissant, Wolfen, reste un film fantastique atypique, dans le sublime new-york, condensé urbain de la folie architecturale des hommes, dont la démesure contraste avec la simplicité du peuple indien, resté proche de la nature et du loup, en particulier. Ici, le loup n 'est que la figure allégorique du "paradis perdu", de cette nature oubliée par le progrès scientifique, qui reconquiert les marges délaissées des centres villes, peuplées de laissés pour compte, victimes de la société moderne.

Féroce pamphlet contre la société consumériste et matérialiste occidentale, Michael Wadleigh magnifie "Big Apple", avec ses vues panoramiques et ses plongées abyssales répondant à des gros plans léoniens, utilise un style, parfois "gore",  qui rappelle le "sanglant" Ar gento, sans jamais tomber dans le voyeurisme, varie, continuellement, les points de vue, entre l'américain moyen, l'indien et le loup, sans oublier une BO métallique qui élecrise l'ambiance ! Bref, vous aurez compris que ce Wolfen, est, pour moi, un petit bijou oublié, à acquérir d'urgence !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 12:37



En 1928, Carl Laemmle, le père des studios Universal, laisse la place à son fils, Carl Laemmle Jr,




qui jusqu'en 1936, va produire quelques uns des plus beaux films du cinéma fantastique.
Peu regardant sur la dépense, ce qui lui sera fatal, Laemmle ne mégote nullement sur les maquillages, les décors et les effets spéciaux. Le coup de génie du producteur, c'est d'avoir embauché Jack Pierce, maquilleur génial, qui fit de Boris Karloff,



un Frankenstein mythique, au visage qui marquera des dizaines de génération et fixera à jamais le paradigme du monstre !



Pierce, d'ailleurs, travaillera sur de nombreux films fantastique d'Universal, notamment sur Dracula, La fiancée de Frankenstein, L'homme invisible et La Momie, avec ce même Karloff.
Mais l'excellence du casting n'en restera pas là. Colin Clive, un britannique né à Saint-Malo, jouera un Dr Frankenstein halluciné, savant prométhéen qui défia les dieux,



et son adjoint au rictus diabolique, un certain Fritz (Igor dans Dracula), joué par Dwight Frye, un habitué des rôles de déséquilibrés. Laquais sadique du ténébreux docteur, Fritz tourmentera le monstre avec un plaisir pervers ...



James Whale, réalisateur mythique des films fantastiques d'Universal, va réaliser son meilleur film, qui restera longtemps un incontournable du cinéma fantastique, filmant dans des décors oniriques, le monstre au prise avec les hommes, géant hideux, déchaînant l'horreur et la colère, bouc-émissaire idéal d'une société mangée par les peurs ancesetrales. Réflexion rabelaisienne sur la science et le progrès, sur les dérives d'une technique sans éthique, Frankenstein, fruit d'une invention délirante, nous rejoue le coup de la belle et la bête, avec la célèbre scène avec Marilyn Harris, innocente enfant, en rien effrayée par le géant, qui révèlera l'humanité du monstre.



Mais Frankenstein, par maladresse, noiera la blonde enfant, déchaînant l'ire vengeresse de la foule, horde geignarde prête au lynchage !

Malgré ses quasi 80 ans, le film garde encore une puissance fantastico-onirique suprenante, le mérite en vient en partie à l'esthétique des décors et à la réussite incroyable du maquillage du monstre, qui fera rentrer Boris Karloff dans l'éternité !

He's alive !!!

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