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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 07:18

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Le désert rouge ou la critique de la société industrielle :

 

http://le-cinema-de-tietie007.blog4ever.com/le-desert-rouge

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 08:18
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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:01

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Dans sa  Terrasse, Ettore Scola renoue avec le film d'acteurs dans lequel il excellait tant, avec toute une bande d'interprètes qu'il a croisés de nombreuses fois, notamment un trio de Nous nous sommes tant aimésVittorio Gassman, Stefania Sandrelli,

 

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encore amant et Stefano Satta Flores, tout comme le Marcello Mastroianni d'Une journée particulière, en séducteur déchu.

 

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Serge Reggiani, en militant politique névrosé,

 

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Ugo Tognazzi, en producteur de films,qui ne pense qu'à bouffer,

 

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et le superbe Jean-Louis Trintignant, en scénariste raté,

 

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complètent cette terrasse prestigieuse. Mais au-delà du plaisir de revoir tous ces grands acteurs, qui flirtent,

 

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bavardent,

 

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et noient leurs névroses dans la clope et le whisky,

 

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il manque ce "je ne sais quoi" d'émotions pour renouer avec la nostalgie de  Nous nous sommes tant aimés, et ce "presque rien" pour retrouver la veine d'un Sautet avec Vincent, François, Paul et les autres.

 

Bref, le "pesto" ne prend pas vraiment, malgré quelques passages savoureux et la présence, émouvante, de la jeune Marie Trintignant, mais il reste le charme indéfinissable de toute cette génération d'acteurs qui aura marqué le cinéma italien et que je prends plaisir à revoir ! Ciao, Marcello, Ugo & Vittorio, qu'est ce que vous devez vous marrer au ...purgatoire !

 

 

 

 

 


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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 11:05

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Non, je ne suis pas resté Cent jours à Palerme, comme Lino Ventura, jouant le général Dalla Chiesa, assassiné par la mafia sicilienne, mais uniquement 5 jours.

Au gré de mes pérégrinations dans la capitale de la Sicile, chef d'oeuvre en péril, architecture flamboyante croulant sous le poids des ans, cité en décomposition entre Orient et Occident, des signes du prestigieux cinéma italien d'après guerre sont encore visibles, comme Il Gattopardo, de Visconti, imprimé sur les flancs d'un taxi palermitain, 

 

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ou la fameuse scène du photographe dans Blow Up, de Michelangelo Antonioni

 

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avec un David Hemmings shootant passionément son modèle, qui orne une boutique délabrée des quartiers populaires de Palerme.

Visconti, Antonioni, deux fleurons de ce cinéma transalpin disparus dans les méandres de la berlusconisation. Mais on peut toujours se consoler de ces illustres anciens en allant boire un expresso au Rick's Café, pardon, au Casablanca Café.

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Pour revoir Lino, à Palerme.

 


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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 14:44

dolce vita fellini

 

La dolce vita tranche avec les oeuvres antérieures de Federico Fellini, marquée par le néo-réalisme. Loin des préoccupations prosaïques du peuple laborieux, Fellini nous offre ici un long-métrage post-moderne, quasi égotiste, sur les pérégrinations noctambules d'un dandy séducteur, Marcello. Marcello la clope toujours au bec,

 

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connaît Rome comme sa poche, et déambule dans les Trattoria branchées avec ses lunettes noires,

 

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qu'il consent, parfois, à lever,

 

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pour mirer un beau jarret !

Les boîtes de jazz sont son univers,

 

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où il peut draguer les bourgeoises désoeuvrées,

 

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en toute tranquillité ! Maddalena, jouée par Anouk Aimée, fait partie de ses favorites, qu'il a souvent au téléphone,

 

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pour quelques rendez-vous nocturnes,

 

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dans quelques chambres incertaines,

 

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qui se finissent au petit matin.

 

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Marcello butine, Marcello marivaude, malgré la jalouse passion de sa régulière, Emma, jouée par Yvette Furneaux,

 

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qui se consumme pour le léger Marcello, qui ne se résoud pas à mener une vie bien chrétienne !

 

De Maddalena, voilà qu'il passe à une blonde suédoise,

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volage, malgré la surveillance de son mari, Lex Barker,

 

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Sylvia prend la poudre d'escampette, avec ce séducteur de Marcello, qui, du Vatican,

 

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à la Fontaine de Trevi,

 

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sert de chevalier servant à la pulpeuse Sylvia, jouée par Anita Ekberg.

 

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Marcello, comme un papillon de nuit, tourne autour de cette lumière nordique,

 

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mais la donzelle ne s'offrera pas à lui.

Et toujours son Emma, qui le rappelle à l'ordre,

 

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un surmoi moralisateur qui essaie de le ramener dans le droit chemin,

 

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mais Marcello ne peut se résoudre à une vie maritale, trop soucieux de remplir sa oisive vie par quelques rencontres nocturnes, au gré de ses pérégrinations de dandy séducteur.

 

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Journaleux en manque d'inspiration,

 

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Marcello est ému par la fraîcheur de cette jeune serveuse,

 

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dont la simplicité le change de cette sophistication décadente qui hante les femmes de la bourgeoisie romaine.

C'est Nico, future égérie du Velvet Underground, d'Andy Warhol, fêtarde internationale,

 

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qui emmène Marcello, à l'insu de son plein gré,

 

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se perdre dans la bonne société romaine.

 

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Maddalena,

 

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Sylvia,

 

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et les autres, remplissent les nuits désoeuvrées de Marcello, qui, malgré le sourire d'une candide jeune femme, sur la plage,

 

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repart, résigné,  vers ses rivages alcoolisés !

 

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Marcello, where are you ?

 

 


 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 09:33

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En 1977, Vittorio et Paolo Taviani sont récompensés par la Palme d'Or pour Padre Padrone. Le duo, venu au théâtre puis au cinéma sous l'influence du néoréaliste Roberto Rossellini, se voit consacrer par ce même Rossellini, alors président du Jury, ultime facétie du Maître italien.

Adapté du livre de Gavino Ledda, jeune berger sarde devenu linguiste, les frères Taviani vont narrer avec rigueur et émotion, le destin de ce garçonnet, arraché par son père de l'école,

 

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dès l'âge de 6 ans, affrontement violent entre deux légitimités, celle de l'institution scolaire incarnant l'Etat progressiste et modernisateur, à celle de la tradition immuable, moyen-âgeuse, des bergers sardes.

Terrorisé par ce "pater familias" qui reprend son du,

 

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Gavino, étreint pour une dernière fois son institutrice,impuissante,

 

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et s'en ira sous le regard de ses camarades, promis, bientôt, au même destin pastoral ! Galerie étonnante de portraits enfantins, noir de crasse,

 

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hirsute.

 

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.

Immaculé dans sa coiffe éphémère,

 

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Gavino, habillé tendrement par sa mère,

 

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va quitter le monde des hommes pour celui des hauts-plateaux, où le chuchotement du vent vaudra pour seule conversation.

Loin de la civilisation, son père, rude berger sarde,

 

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va lui transmettre le langage non écrit de la nature,

 

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alphabet immuable qui guide les pâtres depuis l'éternité.

Seul, avec ce patriarche taiseux, le jeune enfant est souvent laissé à lui-même, pour garder le troupeau, lorsque son père descend au village, sur un âne fatigué.

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Sur ces plateaux arides, parsemés de mauvaises herbes et de pierres blanches,le garçonnet, délaissé,

 

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n'aura que la compagnie des moutons en guise de sociabilité et les coups d'un père colérique qui ne supporte aucune incartade.

Face tuméfiée après une énième correction paternelle,

 

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Gavino est enchaîné à ses brebis dont il est la juvénile sentinelle,

 

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répétant, inlassablement, les gestes de la traite, comme ses ancêtres, jusqu'à l'âge de ses 20 ans.

 

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Le garçonnet est devenu un beau jeune homme, au regard bleu comme l'azur, qui fixe, d'un air songeur, l'horizon nuageux. Mais un curieux duo marchant au son d'un accordéon vont sortir Gavino de sa torpeur matinale,

 

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fasciné par l'instrument à vent qu'il obtiendra contre le sacrifice de deux agneaux. Mise à mort rituelle, quasi biblique, pour sceller un pacte secret avec le destin, le jeune berger se donnera à la musique, pour exorciser sa  sèche solitude et entonner de tristes mélodies, avec son nouvel ustensile, tranchant avec les sépulcrales polyphonies sardes, chansons séculaires des bergers, premiere entorse à la tradition.

 

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Le sort va alors prendre le visage d'une vendetta, touchant son oncle Sebastiano,

 

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victime d'une vengeance, occis pour une histoire d'honneur.

 

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Elle prend la forme d'une oliveraie qui tombe dans l'escarcelle familiale, consécration suprême qui doit faire de la tribu Ledda, des propriétaires terriens respectés. Mais le monde change, l'Italie s'ouvre au monde et à ses produits, l'huile d'olive se vend moins bien,et le froid exceptionnel d'un hiver rigoureux va avoir raison des oliviers. Le père va vendre une partie de ses terres et Gavino, l'aîné, partira à l'armée pour s'éduquer et devenir quelqu'un de respectable.

Parti de la société des hommes, dès l'âge de 6 ans, Gavino y retourne donc, 15 ans plus tard, illettré et apeuré, dans une caserne où le jeune berger a du mal à comprendre l'italien, ayant toujours parlé son dialecte sarde. Mais l'institution militaire si elle prône une obéissance stricte, ouvre Gavino sur des horizons nouveaux,

 

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qui vont désiller les yeux du jeune berger,

 

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plongé dans l'obscurité depuis tant d'années !

 

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Profitant de cette intermède militaire pour s'alphabétiser, pour apprendre le latin et le grec, le nouvel homme décide de défier le père et d'abandonner la carrière militaire, pour embrasser celle de linguiste.

 

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Face à face délicat.Le fils servile va défier l'autorité du père, avec son costume de ville qui s'oppose à la traditionnelle veste pastorale. Défi insupportable, pour un "pater familias" tout puissant, véritable tyran domestique qui impose la loi à sa fratrie et qui ne saurait supporter une rébellion filiale ! Mais Gavino n'est plus ce jeune berger  analphabète enchaîné à des traditions obscurantistes,

 

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qui faisaient des hommes des serviteurs fidèles de la tradition familiale, immuable et pérenne. Le paysan, au contact de la modernité de l'armée, est devenu un citoyen, capable désormais de s'arracher à sa condition de berger, pour voguer sur d'autres horizons. Cette révolte radicale contre l'autorité parternelle et un destin tout tracé, lui coûtera les siens. Mais la liberté a toujours un prix surtout face a une tradition qui a 20 000 ans !


Les Taviani ont magnifiquement adapté cette histoire authentique, qui narre l'opposition entre la tradition et la modernité, entre la civilisation urbaine et les campagnes aux traditions séculaires, qui s'incarne dans la figure de Gavino, jeune berger sarde au regard intense. Dans la tradition naturaliste, ils nous font les portraits d'un monde pastoral qui se meurt, emporté par la centralisation étatique et la mondialisation, un univers silencieux et archaïque, seulement égayé par les chants puissants des bergers, où la loi patriarcale surpasse les règles étatiques. Il y a une ambiguïté fondamentale dans le film des Taviani, entre cette émancipation de Gavino, par le savoir, métaphore de la modernité triomphante, et la nostalgie de cette civilisation agro-pastorale qui se dissout sous les assauts de cette même modernité ...

 

 

 


 


 


 


 



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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 07:33

 

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amati scola gassman manfredi

 

Avec cette chronique douce-amère de l' Italie d'après guerre, Ettore Scola nous livre un film magistral, intimiste et social, personnel et collectif, sur les aspirations de cette génération qui rêva d'un avenir meilleur.

Le générique commence sur une vieille guimbarde brinquebalante, traînant Antonio et sa femme, Luciana, ainsi que Nicola Palumbo, vieil ami du couple.


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Le trio était venu voir un vieil ami de jeunesse, Gianni Prego, joué par Vittorio Gassman, qui leur avait caché sa vie de milliardaire décomplexé, à eux, gauchistes impénitents issus de la classe moyenne ! Et le temps d'un plongeon dans sa superbe piscine,

 

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et, peut-être d'un regard volé, 

 

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Scola va revenir sur 30 ans d'amitiés et de ruptures, sur les espoirs et les échecs d'une génération qui s'était connue durant la guerre. Car c'est dans la Résistance que les trois amis, Gianni, Antonio, et Nicola, se sont connus,

 

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unis par un même idéal, l'anti-fascisme ! Attachés à des valeurs de gauche, espérant un monde plus juste, Scola va suivre leur parcours, dans l'Italie d'après-guerre, des destins croisés, entre retrouvailles et coups de gueule !

Antonio, interprété Nino Manfredi,  le laborieux de la bande, trouve une place de brancardier, dans un hôpital romain, où il va croiser, un midi, le regard lumineux de Luciana, jouée par Stefania Sandrelli. 

 

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Pour Antonio, le coup de foudre sera immédiat, 

 

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et le jeune brancardier se pliera aux 4 volontés de la belle, qui rêve de devenir actrice !

C'est après être allés voir une pièce de théâtre, calvaire pour ce brave Antonio

 

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et une tentative d'explication de ce qu'est un "aparté", par la théâtreuse Luciana, moment délicieux et procédé narratif astucieux de la part de Scola, qu'Antonio avoue sa passion amoureuse à la jeune italienne !

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Le brancardier romain et l'apprenti-actrice vont donc nouer une relation éphémère, car un certain Gianni, ami d'Antonio et bourreau des coeurs, 

 

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va un midi, croiser le regard de la belle ! 

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Le coup de foudre est immédiat entre les deux, 

 

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et malgré son amitié pour Antonio, Gianni choisira le bonheur à la loyauté,

 

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emballant Luciana dans un dancing populaire !

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Le coup sera dur pour Antonio, averti de la trahison amoureuse par son "ami", Gianni, sous le regard fautif de Luciana

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déchirée par son infidélité qui plonge le brancardier dans une détresse profonde, 

 

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et maigrement consolé par les pleurs de sa belle "volage" !

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Instant d'émotion qui se poursuit par une scène "comique", dans laquelle le brave Antonio foncera, tel un toro bravo, sur l'élégant Gianni, ami de toujours et désormais rival, typique de la, "comédie à l'italienne", dont la caractéristique est d'alterner le registre tragique et comique !

Mais Gianni n'est pas à homme à végéter. Jeune avocat aux idéaux progressistes,  issu d'un milieu modeste, il est prêt à composer, même avec son ennemi de classe, un certain Romolo Catenacci,

 

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promoteur cupide et cynique, prêt à tout pour amasser de l'argent, même au prix de la vie de ses ouvriers !

 

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Gianni hésite, il a honte de renier ses idéaux de jeunesse pour une poignée de lires, de défendre un hiérarque fasciste pour prix de sa réussite ...

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Mais Elide, la fille "nunuche" de ce goret de Romolo, 

 

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 va tomber sous le charme du jeune avocat, ce qui permettra à Gianni de faire son pacte avec le diable, reniant ses idéaux sous le prétexte de l'amour, 

 

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et quittant la belle mais pauvre Luciana pour épouser Elide, grande cruche bourgeoise qui a les charmes de rouler en limousine !

 

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Entre l'amour et l'ambition, Gianni a fait son choix !

 

Quant à Nicola Palumbo, le troisième et dernier de la bande, il est marié et à un enfant, et excerce un métier de professeur.

 

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Intellectuel du groupe, il reste inflexible par rapport à ses idéaux de gauche, et lors d'un débat ponctuant la projection du Voleur de bicyclette, de Vittorio de Sica, il va s'opposer violemment à quelques bourgeois réactionnaires, qui crachent sur le réalisateur néo-réaliste, 

 

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traitant cette bande de vieux schnoks, 

 

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de réactionnaires endurcis, 

 

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ce qui lui vaudra d'être suspendu de son poste !!

 

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Nicola est à l'opposé de Gianni, il ne reniera jamais ses opinions politiques, même pour un plat de lentille qui nourrirait sa famille !

Scola commence ici son premier clin d'oeil à l'histoire du cinéma italien, dont il va truffer de référence son film, rendant hommage à ses maîtres et faisant le plaisir du cinéphile. Il utilise aussi le procédé du portrait, visages de bourgeois en gros plan, suintants et sévères, certains de leur bon droit, et incarnant le conservatisme réactionnaire d'après guerre, dans cette société italienne.

Le pur Nicolas, pour gagner sa croûte et essayer de faire vivre sa famille, partira dans la capitale, et rejoindra Antonio. Et c'est dans une trattoria populaire, que le brancardier va à nouveau croiser le regard de Luciana

 

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apparition sacrée qui hypnotise le romain, qui n'en finit plus de saler sa ratatouille ...

 

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et reprend espoir pour séduire, à nouveau, la femme de sa vie, elle qui n'est plus avec Gianni !

 

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Mais voilà, les choses ne sont pas toujours simples, et Antonio et Luciana vont se manquer, encore une fois, allant chacun vers leur destin !

La vie continue, le temps passe, les trois amis de jeunesse se sont perdus de vue ...jusqu'à un jeu télévisé où Nicola, grand cinéphile,

 

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sous les yeux ébahis d'Antonio,

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et du maintenant très bourgeois, Gianni !

 

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Indécrottable idéaliste, Nicola finira par perdre une fortune et sa femme, Giovanna, en voulant exposer son savoir encycolpédique !

 

Quelques années après, à la fontaine de Trevi, alors que se tourne La dolce Vita

 

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et que Marcello Mastroianni discute avec une inconnue, 

 

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Antonio, passant par là au volant d'une ambulance, reconnaît Luciana, grimée comme une poule pour les besoins d'un petit rôle.

 

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L'émotion du brancardier est visible, 

 

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qui snobe Mastroianni et Fellini

 

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ce dernier étant confondu avec Rossellini par un admirateur béotien,

 

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nouveau clin d'oeil cinéphilique à l'histoire du cinéma transalpin ! Mais cette énième rencontre finira mal, et nos deux anti-héros se sépareront encore ...

Gianni, lui, est devenu un entrepreneur opulent et respecté, avec une femme inculte (...mais qui deviendra presqu'une intellectuelle sous les conseils de lecture de Gianni ...la scène de l'orgasme étant un clou du film !) ,

 

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 une belle-mère que ne pense qu'à bouffer,

 

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et un beau-père vieillissant,

 

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vieux grigou toujours aussi truand !

 

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Gianni est devenu assez puissant pour mal parler à ces tanches, 

 

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et pour prendre définitivement le pouvoir !

 

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Mais cette vie d'apparences et de représentations, constitutives des ors du pouvoir, décorum gratifiant, socialement parlant, mais aride et vain, au niveau personnel, ne content plus Gianni, qui se prête à rêver de la simplicité de sa vie d'antan, avec ses deux amis.

Nicola est devenu un porte-plume médiocre,

 

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qui a raté sa carrière et sa vie maritale, toujours cinéphile, admirateur de De Sica, qui s'aperçoit qu'il voulait changer le monde, mais que c'est le monde qui l'a changé ...

 

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Aveu terrible de l'impuissance de l'action humaine sur le réel, rêves de jeunesse fracassés sur l'autel de la réalité, vies qui ne sont qu'écumes sur le grand océan de l'existence ...

Gianni, le brancardier, a réussi, enfin, à alpaguer sa belle et est désormais marié avec Luciana.

 

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Des trois amis, Antonio, moins intellectuel que Nicola et moins ambitieux que Gianni, sera le plus heureux !

Au hasard d'un embouteillage, Antonio , avec sa guimbarde,

 

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va recroiser Gianni, qui ne peut remonter dans sa Jaguar,

 

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par respect pour son ami de jeunesse et pour tout dire, parce qu'il a un peu honte d'avoir réussi au prix de ses idéaux ...

Tout le monde se retrouve à la Trattoria romaine, comme au bon vieux temps, 

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et quelques comptent se règlent, 

 

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après quelques verres de Chianti !

 

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Antonio fait une surprise à Gianni, et lui présente ...Luciana, désormais sa femme, et ancienne petite amie de l'avocat ... Le riche milanais, le temps d'un regard, voit en Luciana tout ce qu'il a raté,

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sa vie défile, avec tous ses reniements, pour prix de son ambition ...

 

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Répondant à la scène d'ouverture, nos trois amis découvrent avec stupéfaction que Gianni est un milliardaire, 

 

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qui, le temps d'un plongeon, a refait les destins de trois amis d'après la guerre.

 

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Merci Monsieur Scola !

 


 




 


 


 



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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 08:03

MARIO MONICELLI

 

Mario Monicelli s'en est allé, le 29 novembre, en se défenestrant de sa chambre d'hôpital, alors qu'il était atteint d'un cancer en phase terminale, à l'âge de 95 ans.

Il faisait partie avec Dino Risi, Luigi Commencini et Ettore Scola, de cette phalange de réalisateurs transalpins qui ont illuminé de leur talent l'Italie d'après-guerre, avec cette aptitude à traiter de sujets graves sur le monde humoristique, des maîtres de la commedia dell'arte, qui ont  bénéficié d'une génération d'acteurs exceptionnelles, les Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi et autre Alberto Sordi !

Monicelli se fera surtout connaître en tournant le Pigeon, variation douce amère sur une bande de bras cassés italiens, narration pittoresque de ce petit peuple transalpin, plein de gouaille, de magouilles et d'humanité,

 

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avec cette galerie de trognes ritales qui rapellait les pittoresques seconds rôles hexagonaux des années 60.

Vittorio Gassman fut son acteur fétiche, dans La Grande Guerre, L'armée Brancaléone,

 

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dénonciation festive de la guerre, thème récurrent chez cette génération de réalisateurs qui avaient connu les affres du fascisme et qu'on pourra retrouver dans le Fou de guerre, de Dino Risi, ultime film de Michel Colucci !

Là où les français auraient été trop démonstratifs,  ou trop franchouillards, comme dans la 7eme Compagnie, Monicelli, savait ciseler une trame humoristique dans un contexte tragique, entraînant un sourire intérieur plutôt qu'un franc éclat de rire, marque de fabrique de la comédie à l'italienne, dont Begnini reste le seul dépositaire.

Mais c'est surtout dans Mes chers amis, narrant les agapes de quelques quinquas déchaînés,

 

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immense farce franco-italienne, dans ses seventies bien tourmentés, qui scellera l'esprit quasi montypytonien de Monicelli, ou l'absurde cotoiera l'ironie, aux sons des soupes de phalange claquant sur des visages de voyageurs héberlués ! C'est par cette scène cultissime que je finirai mon hommage au réalisateur ...

Ciao, Mario et passe le bonjour à Marcello, Vittorio, Ugo, Dino et Alberto, vous allez bien vous marrer, au paradis !

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 05:56



Blow up arrivé après la tétralogie antonionienne composée de L'avventura, de La nuit, de L'Eclipse et du Désert rouge. Variation itérative sur la difficulté à communiquer, ces 4 opus michanlegeliens se singularisaient par des langueurs infinies et des denses silences. Venu du néo-réalisme, comme Visconti, Antonioni prendra une autre voie que le réalisateur de Mort à Venise, préférant le dépouillement quasi-abstrait au décorum pictural d'Il Gatopardo et consorts.
Loin de la comédie à l'italienne qui se déploie avec vigueur, dans les années 60, sous l'impulsion de réalisateurs inspirés comme Risi, Scola ou Monicelli, proche du cinéma de Fellini, par sa modernité de ton, mais se singularisant par une gravité absente des longs métrages de Federico, Antonioni est un réalisateur unique dans le paysage cinématographique de l'époque, classique dans la forme et radicalement post-moderne dans le fond !
Car si le style reste assez classique, la narration, sans chair, nous présente des personnages désincarnées, des êtres sans but, vivant au gré des rencontres dans un univers urbain artificiel, qui nouent des relations éphémères, glissant sur un réel d'une densité effrayante.
Blow Up met en scène un photographe, jeune éphèbe branché dans le milieu de la mode londonien, entouré de beautés nordiques, dans son studio 39,



 dont la superbe Vera von Lenhdorff, mannequin allemand fille d'un Comte qui fut résistant au nazisme.



Pose lascive et sophistication érotique,



le photographe fait corps avec son modèle,



le chevauchant le temps d'une fugace étreinte !



Silence de la séance, indifférence qui succède à l'argentique intensité, toute la quintessence antonionesque est dans ce paradoxe !
Photographe habité par la pellicule,



évoluant dans un diaphane univers,



entouré de modèles chromés,



Thomas épuise sa vie dans l'écume de la pellicule, serial-priseur à l'affût d'une couleur, d'une pose ... C'est au détour d'un jardin anglais que l'image d'un couple l'hypnose,



inconnus jouant une scène si commune, des jeux de l'amour et du hasard,



sous l'oeil de l'avide objectif, voleur de couleurs !
Mitraillage qui n'a pas l'air de plaire à la demoiselle qui poursuit le photographe de ses assiduités pour récupérer l'image évanescente d'un bonheur volé.



Hélicoïdale attente,



négociations hésitantes,



libertinage assumé,



pour cette pellicule virginale qui doit livrer son secret. Début d'histoire qui n'est qu'un prétexte, pour Antonioni, variation sophistiquée et monotone sur l'écume des jours, sur l'absurdité du monde qui s'épuise dans cette hélice seule et inutile, dans ce loft londonien voué à l'artifice.



Vous aurez compris que cet opus antonionien n'a pas vraiment d'histoire, dans la trace de l'antécedante tétralogie, Antonioni, avec un beau sens de la couleur, sous des rythmes de jazz newyorkais, nous livre un objet curieux, dont la densité existentielle tranche avec la futilité du propos !
Bref, j'aime bien ce cinéaste italien capable de filmer la vacuité avec un talent inégalé et donner à l'ennui des atours bien spirituels, pour un Blow Up, palme d'or du Festival de Cannes en 1966, qui n'a pas pris une ride au niveau de sa modernité. Pour d'autres, la plupart, certainement, il sera un élégant somnifère pour passer une douce nuit.
Dépressif s'abstenir !



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Published by Tietie007 - dans Cinéma Italien
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 13:30



Le Fanfaron de Dino Risi, est une comédie à l'italienne qui évoque le miracle économique italien. Bruno Cortona, dragueur invétéré et fanfaron transalpin, mord dans la vie à pleine dent, au volant de sa Lancia Aurelia, avec laquelle il traverse, en trombe, une Rome déserte, un 15 août, sur air de jazz !



Evoquant l'Italie d'après-guerre, Risi nous amène dans les méandres d'une société qui change, en colorant son récit de clin d'oeil réjouissant, comme cet hommage à BB,



ou cette pique à son confrère transalpin, Michelangelo Antonioni, qui aurait un effet soporifique, selon Bruno Cortona !

Accompagné d'un Jean-Louis Trintignant très sage, Gassman va se lancer dans un périple picaresque sur les routes italiennes, jouant de son klaxon pour défier les autres automobilistes,



et avalant le macadam avec une énergie frénétique !



Métaphore du progrès, la célère Lancia Aurelia, témoignage de cette Italie des 30 glorieuses, dans laquelle Bruno, il sorpasso, croise une galerie de personnages pittoresques, comme ce vieux paysan moustachu qu'il prend en stop, symbole de cette Italie paysanne,



vouée à disparaître, ou ces blondes touristes, qui annoncent l'ère du tourisme du masse. Personnage superficiel et vantard, Bruno a oublié même d'être un père, se comportant avec sa fille, Catherine Spaak, comme un simple copain plus âgé !



Mais dans ce tourbillon de vitesse qui emporte Bruno et Roberto, qui a l'apparence du bonheur et de la joie de vivre, Risi nous livre aussi une critique féroce de ce progrès illusoire, qui si il permet un confort matériel, n'apportera pas plus de solutions quant au sens de la vie ! Le progrès technique et l'hédonisme naissant ne seront pas synonyme de bonheur ! La chute du film, brutale, ramènera le spectateur à la réalité, le destin de Roberto//Trintignant s'épuisant dans un virage, sur les rivages rocheux de la Belle Bleue !




Comédie tragique, accompagnée par une musique venant directement d'Amérique, un jazz qui symbolise, aussi, l'ouverture et la modernité !


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