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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 08:21



Il y a des films que vous aimez, contre vents et marées, malgré le piètre avis de la critique et la bouderie du public. Ce Casse d'Henri Verneuil, remake du Cambrioleur, tourné par Paul Wendkos, en 1957, adaptation d'un roman de David Goodis (The burglar), va se structurer autour du duel entre Azad, cambrioleur de haut vol, interprété par Jean-Paul Belmondo, et un flic, Abel Zacharia, joué par Omar Sharif.



Confrontation policière, affontement personnel, entre un "voyou" plutôt honnête et un flic très véreux !
Polar qui se distingue par son casting 4 étoiles, avec un Robert Hossein tout juste sorti des "angéliqueries",



et un Renato Salvatori qui, pour une fois, fait des infidélités à son ami Delon !



La présence de Nicole Calfan et de Dyan Cannon, en vedette américaine, donne une petite touche hollywoodienne  à cette production  franco-italienne.
La quasi-psychopathie du commissaire Zacharia,



fera des victimes collatérales,



mais se heurtera à la force tranquille bébellienne,



toujours aussi véloce, au volant d'une rouge bagnole,






 et tout aussi charmeur, face à la blonde Dyan Cannon !



Sur la lancinante musique d'Ennio Morricone, le duel se résoudra dans un silo à blé, un des morceaux de bravoure du film !



Un casse que je vous conseille donc de redécouvrir, même si la Fiat de Bebel est moins sexy que la Mustang de Steeve, dans Bullitt !!

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 09:03


 

Danseur et musicien, tu avais failli intégrer le groupe Trust, comme bassiste, puis tu avais accompagné un John Travolta renaissant, avec ses tablettes de chocolat (qui ne sont plus qu'un lointain souvenir ...), dans Staying alive,

 


mais c'est dans Outsider de Francis Ford Coppola,




qu'avec avec une belle brochette de jeunes talents en 1983, Matt Dillon, Emilio Estevez, Rob Lowe et un certain Tom Cruise, tu avais acquis une certaine notoriété.




Mais c'est surtout dans le rôle d'Orry Main, dans Nord et Sud,




série culte, sur la guerre de Sécession, Autant en emporte le vent télévisuel, que le monde t'avait connu, avec ta pestouille de soeur, une dénommé Ashton !



Tu t'étais opposé à un autre disparu, l'affreux Justin Lamotte, joué par le regretté David Caradine,




mort dans des conditions bien étranges, pour l'amour de Lesley Ann-Down.




Deux ans plus tard, Dirty Dancing t'avait consacré comme icône auprès des midinettes, puisque danseur de formation, tu avais laissé libre cours à ta créativité corporelle.



Ghost, avec la belle Demi, te projettera, un peu plus, vers le firmament de la popularité,





et  Point Break,  dans ton gang de surfer-braqueur, où tu faisais la nique à un certain Keanu Reaves, avait fait admirer ta plastique de rêve !



 La cité de la joie, de Roland Joffé, fut certainement ton plus grand rôle, en médecin humaniste au prise
avec l'immense misère du sous-continent indien.



Après la gloire du début des années 90, de la lumière à l'ombre, tu t'enfonceras dans les volutes ethyliques des soirées un peu trop arrosées avec quelques lignes blanches pour te faire oublier ton glorieux passé, destin commun à beaucoup d'artistes qui ne supportent pas la descente vers un délétère anonymat. Malade depuis quelques années, rongé par des nuits d'insomnie où tu ressassais ta jeunesse dorée, tu en es donc allé, comme le vent ...


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Published by Tietie007 - dans Personnalité
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 13:33



La 66eme Mostra de Venise vient de se finir et le Lion d'Or vient de récompenser le film israélien de Samuel Maoz, Lebanon. Plus ancien festival de cinéma du monde, la Mostra fut créée  sous le régime fasciste, en 1932, pour honorer ce 7eme Art, qui bouleversait tant le paysage imaginaire des humains. L'édition 1946 récompensa un film américain, réalisé par Jean Renoir. Fils de l'auguste peintre, Renoir épousera la cause du peuple en rencontrant une muse communiste, Marguerite Houllé, dans les années 30. La production du cinéaste se fit alors populaire, avec Les Bas-fonds en 1936, produti par le PCF,  La bête humaine, en 1938, décrivant les luttes sociales des cheminots ou une ode au pacifisme avec La grande illusion.
En 1941, le cinéaste s'exile à Hollywood, où il tournera 6 films. The southerner, avant-dernier opus de sa période américaine, reprend les thèmes fordiens du lien entre la communauté et la Terre, de la misère laborieuse des paysans américains qui triment pour peu de choses mais restent solidaires.
L'homme du sud commence par un drame, la mort du vieux Tucker, qui, avant de rendre son dernier souffle, murmure à sa descendance de travailler pour eux, en fuyant le salariat.



La simple cérémonie funèbre, honorant la vie laborieuse du patriarche,



raisonne comme une promesse d'un avenir meilleur, pour toute la petite famille Tucker.



Une vieille bicoque et une terre aride serviront de viatique pour des jours meilleurs,avec un Sam Tucker, joué par Zachary Scott, vaillant laboureur,



aidé par sa courageuse femme, Nona, jouée par Betty Fields, et la grand-mère acariâtre, Beulah Bondi.



Très proche du magnifique Les raisins de la colère, Renoir arrive à nous émouvoir dans ce périple bucolique, au coeur de l'Amérique profonde, d'une famille combattant contre les éléments. Les colères du destin n'arriveront d'ailleurs pas à rompre, le lien sacré entre Sam,




et sa femme Nona !



Le désastre final, avec la récolte perdue, n'entamant pas l'espoir du couple de laboureurs !



Curieusement, ce film primé à la Mostra et pour lequel Renoir fut nommé aux Oscars, dans la catégorie du meilleur réalisateur, n'apporta pas la gloire à ses interprètes.
Le blond Zachary Scott, ne fut pas mis spécialement en avant par la Warner, après ce succès, et un divorce et un accident de rafting, l'écarta des plateaux de cinéma. Il décéda à 51 ans, d'une tumeur au cerveau, en 1965, dans l'anonymat.
Betty Fields ne perça pas vraiment après L'homme du sud, et trusta les seconds rôles dans les séries TV, même si elle joua avec Marilyn, en 1956, dans le célèbre Bus Strop, de Joshua Logan.
Curieusement, c'est Beulah Bondi, la grand-mère acariâtre (1888-1981), qui joua 4 fois la mère de James Stewart, notamment dans Mr Smith va au Sénat et dans It's a wonderful life, qui eut une longévité exceptionnelle, et surtout, Norman Lloyd, né en 1914 et toujours vivant, qui jouait le mauvais Finlay, après avoir interprété un espion allemand occis sur la statue de la liberté dans la Cinquième colonne d'Alfred Hitchcock
.



Bon avant de regarder le début du Southerner, répondez à ce Quizz sur la Mostra de Venise.

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Published by Tietie007 - dans Drame américain
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 05:56



Blow up arrivé après la tétralogie antonionienne composée de L'avventura, de La nuit, de L'Eclipse et du Désert rouge. Variation itérative sur la difficulté à communiquer, ces 4 opus michanlegeliens se singularisaient par des langueurs infinies et des denses silences. Venu du néo-réalisme, comme Visconti, Antonioni prendra une autre voie que le réalisateur de Mort à Venise, préférant le dépouillement quasi-abstrait au décorum pictural d'Il Gatopardo et consorts.
Loin de la comédie à l'italienne qui se déploie avec vigueur, dans les années 60, sous l'impulsion de réalisateurs inspirés comme Risi, Scola ou Monicelli, proche du cinéma de Fellini, par sa modernité de ton, mais se singularisant par une gravité absente des longs métrages de Federico, Antonioni est un réalisateur unique dans le paysage cinématographique de l'époque, classique dans la forme et radicalement post-moderne dans le fond !
Car si le style reste assez classique, la narration, sans chair, nous présente des personnages désincarnées, des êtres sans but, vivant au gré des rencontres dans un univers urbain artificiel, qui nouent des relations éphémères, glissant sur un réel d'une densité effrayante.
Blow Up met en scène un photographe, jeune éphèbe branché dans le milieu de la mode londonien, entouré de beautés nordiques, dans son studio 39,



 dont la superbe Vera von Lenhdorff, mannequin allemand fille d'un Comte qui fut résistant au nazisme.



Pose lascive et sophistication érotique,



le photographe fait corps avec son modèle,



le chevauchant le temps d'une fugace étreinte !



Silence de la séance, indifférence qui succède à l'argentique intensité, toute la quintessence antonionesque est dans ce paradoxe !
Photographe habité par la pellicule,



évoluant dans un diaphane univers,



entouré de modèles chromés,



Thomas épuise sa vie dans l'écume de la pellicule, serial-priseur à l'affût d'une couleur, d'une pose ... C'est au détour d'un jardin anglais que l'image d'un couple l'hypnose,



inconnus jouant une scène si commune, des jeux de l'amour et du hasard,



sous l'oeil de l'avide objectif, voleur de couleurs !
Mitraillage qui n'a pas l'air de plaire à la demoiselle qui poursuit le photographe de ses assiduités pour récupérer l'image évanescente d'un bonheur volé.



Hélicoïdale attente,



négociations hésitantes,



libertinage assumé,



pour cette pellicule virginale qui doit livrer son secret. Début d'histoire qui n'est qu'un prétexte, pour Antonioni, variation sophistiquée et monotone sur l'écume des jours, sur l'absurdité du monde qui s'épuise dans cette hélice seule et inutile, dans ce loft londonien voué à l'artifice.



Vous aurez compris que cet opus antonionien n'a pas vraiment d'histoire, dans la trace de l'antécedante tétralogie, Antonioni, avec un beau sens de la couleur, sous des rythmes de jazz newyorkais, nous livre un objet curieux, dont la densité existentielle tranche avec la futilité du propos !
Bref, j'aime bien ce cinéaste italien capable de filmer la vacuité avec un talent inégalé et donner à l'ennui des atours bien spirituels, pour un Blow Up, palme d'or du Festival de Cannes en 1966, qui n'a pas pris une ride au niveau de sa modernité. Pour d'autres, la plupart, certainement, il sera un élégant somnifère pour passer une douce nuit.
Dépressif s'abstenir !



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Published by Tietie007 - dans Cinéma Italien
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 12:37



En 1928, Carl Laemmle, le père des studios Universal, laisse la place à son fils, Carl Laemmle Jr,




qui jusqu'en 1936, va produire quelques uns des plus beaux films du cinéma fantastique.
Peu regardant sur la dépense, ce qui lui sera fatal, Laemmle ne mégote nullement sur les maquillages, les décors et les effets spéciaux. Le coup de génie du producteur, c'est d'avoir embauché Jack Pierce, maquilleur génial, qui fit de Boris Karloff,



un Frankenstein mythique, au visage qui marquera des dizaines de génération et fixera à jamais le paradigme du monstre !



Pierce, d'ailleurs, travaillera sur de nombreux films fantastique d'Universal, notamment sur Dracula, La fiancée de Frankenstein, L'homme invisible et La Momie, avec ce même Karloff.
Mais l'excellence du casting n'en restera pas là. Colin Clive, un britannique né à Saint-Malo, jouera un Dr Frankenstein halluciné, savant prométhéen qui défia les dieux,



et son adjoint au rictus diabolique, un certain Fritz (Igor dans Dracula), joué par Dwight Frye, un habitué des rôles de déséquilibrés. Laquais sadique du ténébreux docteur, Fritz tourmentera le monstre avec un plaisir pervers ...



James Whale, réalisateur mythique des films fantastiques d'Universal, va réaliser son meilleur film, qui restera longtemps un incontournable du cinéma fantastique, filmant dans des décors oniriques, le monstre au prise avec les hommes, géant hideux, déchaînant l'horreur et la colère, bouc-émissaire idéal d'une société mangée par les peurs ancesetrales. Réflexion rabelaisienne sur la science et le progrès, sur les dérives d'une technique sans éthique, Frankenstein, fruit d'une invention délirante, nous rejoue le coup de la belle et la bête, avec la célèbre scène avec Marilyn Harris, innocente enfant, en rien effrayée par le géant, qui révèlera l'humanité du monstre.



Mais Frankenstein, par maladresse, noiera la blonde enfant, déchaînant l'ire vengeresse de la foule, horde geignarde prête au lynchage !

Malgré ses quasi 80 ans, le film garde encore une puissance fantastico-onirique suprenante, le mérite en vient en partie à l'esthétique des décors et à la réussite incroyable du maquillage du monstre, qui fera rentrer Boris Karloff dans l'éternité !

He's alive !!!

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 15:26



Hier nous nous faisions un plaisir d'aller voir le nouveau Tarantino. Sous cette température caniculaire, aller au cinéma à 14 heures alliait l'utile à l'agréable, celui de regarder un bon film au frais. La scène d'introduction, esthétiquement superbe, lançait la problématique du film, la vengeance d'une jeune femme juive, Shoshanna, contre l'impitoyabe chasseur de juifs, Hans Landa, joué par Christopher Waltz.


Terrible incipit qui se poursuit avec la présentation des Inglorious Basterds et d'un Brad Pitt surjouant,





 un parti pris de Tarantino, certainement, mais qui sonne faux ! Le boyfriend d'Angelina étant peu crédible dans le rôle d'un meneur d'hommes sans foi ni loi, très loin de la virilité méchante d'un Lee Marvin, dans les 12 salopards d'Aldrich, auquel le film fait implicitement référence.



L'arrivée du Führer sur l'écran n'arrange pas les choses. Personnage hystérique et grotesque, le père Adolf apparaît comme un débile éructant qui délire sur l'Ours golem ... Mauvais présage que ce registre de la farce, qui tranche totalement avec le dramatique début ... Surtout que juste après, une scène ultra-violente de scalpage et de bastonnage d'un nazi à la batte de base-ball, joue plutôt du registre du gore et du voyeurisme quasi sadique ! Dès le début, les registres sur lesquels pianotent Tarantino ne collent pas. Le long-métrage alterne le registre de la farce à la Lubitsch, à la To be or not to be,



pour ne pas dire à la Austin Powers (d'ailleurs Mike Myers joue dans le film),



et le film de guerre classique version Les 12 salopards ou Quand les aigles attaquent,



tout en maniant l'hyper-réalisme guerrier d'un soldat Ryan ! Multiplicité des registres qui vont rendre le film rapidement inaudible et inconsistant ...

Là où cela se gâte, c'est lors de la rencontre entre Emanuelle Mimieux, jouée par la transparente Mélanie Laurent,



qui n'arrive pas au mollet d'Uma Thurman, et le jeune héros allemand Frederick Zoller, dans un cinéma, prétexte à Tarantino pour rendre hommage à Pabst et Clouzot, avec des références à L'Assassin habite au 21




et au magnifique Corbeau, âge d'or du cinéma français, sous la collaboration,



petit jeu des clins d'oeil auquel ce cinéphile de Quentin, s'adonne souvent. Intertextualité qui ravira les cinéphiles, mais qui n'empêchera pas le film de sombrer dans l'incohérence.
D'un plan pour tuer les dignitaires nazis, dont on ne sait d'où il sort, avec des Basterds qui arrivent on ne sait comment sur l'affaire, à la scène de l'auberge, avec Diane Kruger,



qui n'en finit plus de ne pas finir, pour se conclure dans le grand-guignol, l'opus tarantinien continue à filer un mauvais coton !
L'action finale, totalement improbable, avec des Basterds ridicules et un plan pour tuer les dignitaires nazis totalement loufoque, cohabite avec une Soshanna vengeresse et un Tarantino qui plonge dans le film à gros message, moralisateur et neuneu, qui se concluera par le carnage final totalement incohérent !
Bref, ce n'est pas parcequ'on s'appelle Tarantino que tout ce qu'on touche se transforme en or et ce 7eme opus tarantinien est un gros et beau navet, qu'on oublie sitôt vu !

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:28


Dans un beau gîte suplombant Thonon et le lac Léman, je viens de finir La mémoire de ma mère de Giulia Salvatori, fille d'Annie Girardot et Renato Salvatori, évoquant la vie de ses célèbres parents.



Renato Salvatori, fils d'un carrier qui travaillait dans les célèbres carrières de marbre de Carrare, ne dut sa carrière qu'à un physique avantageux, remarqué par le cinéaste italien Luciano Emmer sur la plage de Forte dei Marmi alors qu'il faisait fonction de nageur-plagiste..
Commençant sa carrière cinématographique dans des films de série B transalpins, comme Yolanda, la fille du corsaire noir, de Mario Soldati, le beau Renato enfila les productions de 2eme zone juqu'à son rôle de Mario,dans Le Pigeon, de Mario Monicelli, en 1958, un des sommets de la comédie à l'italienne avec Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni sur un scénario de Age et Scarpelli.




Mais c'est le rôle de Simone, 2 ans plus tard, dans Rocco et ses frères, qui lui valut une consécration internationale, l'amitié indéfectible d'un certain Alain Delon 



et la rencontre avec Annie dont il fera sa femme jusqu'à la fin de sa vie.





Le jeune premier qu'il fut, au début des années 60, n'eut pas vraiment la carrière qui l'attendait, mais il faut dire que ce sacré personnage, au pif de boxeur, noceur invétéré, macho dans l'âme et grand joueur de poker devant l'éternel perçut avant tout le cinéma ,uniquement comme une activité pour trouver de la fraîche pour attaquer les tables de jeu. Le producteur Delon aidera bien son ami transalpin en le casant dans ses productions comme dans Flic Story, le Gitan ou Armaguedon, pour renflouer son ami italien, véritable panier percé qui avait un coeur gros comme ça !
Salvatori fit même un détour par la politique, poussé par Gian Maria Volonte, acteur engagé, aux antipodes de la personnalité salvatorienne, et fut un éphémère Ministre de la Construction dans un gouvenement de gauche non moins éphémère …
La mort le frappa en 1988, à l'âge de 54 ans, victime, certainement, d'une vie tourmentée par les femmes et le poker.
Sa fille Giulia avouera avoir du mal à retrouver son père dans ses films, puisque possédant un accent toscan à couper au couteau, l'acteur fut systématiquement doublé durant toute sa carrière sauf sur Armaguedon.




Annie Girardot commença sa carrière sous les meilleurs auspices, manucurant les mains d'un Jean Gabin dans Le Rouge est mis,



qu'elle retrouvera dans Maigret tend un piège et c'est donc sur le tournage de Rocco que la jeune comédienne, fille d'une sage-femme, rencontra le beau Beppe (Giuseppe était le vrai prénom de l'acteur).



Folle amoureuse de son Renato, elle alla même acheter un appartement place des Vosges , Paris, pour que son chéri de romain se sente comme à Rome. Mais il était hors de question que le romain parte de sa ville éternelle, et malgré un mariage en 1962, et la naissance de la petite Giulia, les deux époux vécurent très vite séparés, faisant chacun leur vie de leur côté, mais sans divorcer.

Annie, qui avait commencé par le meilleur, tourna beaucoup de films sans intérêts, par la suite, et connut enfin son pygmalyon en rencontrant Claude Lelouch, sur Vivre pour Vivre, en 1967, où elle rendait la pareille à un certain Yves Montand.



Elle retrouvera d'ailleurs Lelouch,  dans Un homme qui me plaît, 2 ans plus tard, un titre évocateur de la passion éphémère qui la lia au réalisateur d'Un homme et d'une femme. Après des années 70 assez erratiques où elle met la Zizanie avec Fufu,



c'est son duo avec Philippe Noiret dans Tendre Poulet et On a volé la cuisse de Jupiter, beaux succès hexagonaux, qui relancera sa carrière, avant de tutoyer l'abîme ...


Car les hommes qui furent la grande passion de l'actrice, furent aussi un fardeau ruineux ! De Bernard Fresson, pour qui elle produisit le désastreux Ursule et Grelu, du facétieux Serge Korber,


 à Bob Decout, pour qui elle racheta le Casino de Paris et finança ses projets fantaisistes de comédie musicale bancale ...aventures improbables qui finirent par la ruine de l'actrice, obligée de vendre son immeuble de la place des Vosges, pour payer les voraces créanciers !

Mais un mal plus terrible guettait l'actrice, la maladie d'Alzheimer, mal sournois et vertigineux, qui laissa bientôt sa fille Giulia seule dépositaire de sa mémoire ...Dans les abîmes du souvenir, lui revient encore l'image de son permier amour, ce bel italien nommé Renato, qui fut son seul mari, et qu'elle rejoindra au paradis des comédiens ...Ciao, bella ...



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Published by Tietie007 - dans Personnalité
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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 21:21



Le grand silence, western spaghetti culte, se singularise par un environnement enneigé, dans les Montagnes Rocheuses, et par son duel entre Silence, Jean-Louis Trintignant, et Tigrero, joué par Klaus Kinski.



Si la qualité technique ne vaut pas celle de Maître Sergio, il n'en reste pas moins que Sergio Corbucci, cinéaste inégal qui a navigué entre d'excellents westerns et des nanars de série Z, a le sens du cadrage ....
Dans cet univers blanc quasi immaculé, la règne de la loi se résume à la portion congrue, incarnée par le brave shériff joué par Frank Wolff, le futur trucidé d' Il était une fois dans l'Ouest,



brave représentant de la loi, soumis à la volonté des puissants.



La loi, incarnation de la volonté générale est, la plupart du temps, rendue par des crapules intégrales, dont le chasseur de primes, Tigrero, symbole d'un cynisme cupide assumé !



Totalement immoral, Le grand silence renverse les codes du western classique hollywoodien, faisant de l'anarchie l'alpha et l'omega de la conquête de l'Ouest, consacrant la formule hobbesienne :
"L'homme est un loup pour l'homme" !

Dans ce monde pourri jusqu'à la moëlle, contrastant avec les superbes paysages de l'Utah, Silence, le rédempteur, poursuit, inlassablement, sa quête vengeresse ...





s'épuisant dans le personnage ignoble de Tigrero, chasseur de primes immoral instrumentalisé par les pouvoirs publics pour rétablir la morale ...



Mais Silence va rompre cet équilibre instable ... diligenté par une veuve victime de Tigrero.




La confrontation deviendra alors inévitable, pilotée par un banquier véreux,



pourriture intégrale oeuvrant dans l'ombre et instrumentalisant les chasseurs de primes !
Entre le taiseux,




et le blond démoniaque ...



La morale de cet opus corbuccien se finissant dans les affres d'une cynique fatalité ...









 
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Published by Tietie007 - dans Western italien
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 18:50



Au-delà des superbes paysages du Wyoming, L'homme des vallées perdues, de l'ancien directeur de la photographie George Stevens, se distingue par le point de vue qui prend les yeux d'un garçonnet, Joey. Le petit blondinet, interprété par Brandon de Wilde, fils d'un couple de petits fermiers partis vers l'Ouest, pour une vie meilleure, ouvre et concluera le film, ouverture et final se rejoignant comme si le récit n'avait été qu'un rêve d'enfant.



A la présence enfantine, va répondre l'image du cow-boy solitaire, , sans racine et sans famille qui déambule dans l'Ouest sauvage, et qui prendra le visage angélique d'Alan Ladd. Shane,




qui deviendra vite le père fantasmé du petit Joey, fasciné par le pistolero frangé, plutôt que par son fermier de père.




La petite famille, dirigée par Van Heflin, dont le physique correspond tout à fait à l'archétype du bonhomme laborieux, fleure bon, avec sa blonde épouse, Jean Arthur,  le doux bonheur rupestre, si ce n'était la présence d'un gros éleveur qui désire faire partir toute cette piétaille pour agrandir sont déjà immense domaine.




Le décor est planté, et le thème du film sera la lutte sans merci entre un grand propriétaire terrien, sans foi ni loi, et de pauvres fermiers, sans le sou, à la merci des hommes de main du seigneur du coin. Un des thèmes récurrent du western classique, les petits contre le grand, le pot de terre contre le peau de fer, dialectique qui se greffera sur le duel à distance entre Shane, homme providentiel désintéressé, défenseur de la veuve et de l'orphelin, probable ancien pistolero sur le chemin de la rédemption, qui surgit de nulle part,





et l'image du tueur à gages, cupide et cruel, qui prendra le visage émacié d'un certain Jack Wilson joué par un certain Jack Palance !



Palance le tueur, contre Ladd le rédempteur ! Ce duo qui met en jeu deux figures symboliques du Bien et du Mal, va structurer tout le film, jusqu'au duel final ! Intrigue classique, me direz-vous ...Certes, mais transfiguré par l'interprétation d'un jeune premier diablolique qui sera abonné aux rôles de "méchants" du cinéma américain, et qui consacrera, avec ce film, l'archétype du tueur ricanant, plein de sang froid, sadique, qui aime jouer avec ses faibles adversaires, promis à l'abattoir, les tuant dans un sourire pervers !



Palance, géant filiforme, dont Stevens accentuera  le côté effrayant, en lui adjoignant un cheval moyen qui lui faisait presque toucher les pieds par terre.

En face du terrifiant tueur, Alan Ladd, star déclinante, qui connut son heure de gloire dans les polars des années 40, avec sa femme, la platine blonde Veronika Lake, figure angélique, presque enfantine, qui fera donc face au terrible "hitman", pour prix de sa rédemption.
Jack Ladd, Alan Palance, oxymore singulier, soleil noir qui épuisera la narration du film dans le duel final, face to face qui transcendera les codes du western classique, que L'homme des vallées perdues reprend, de manière caricaturale, encensant les valeurs familiales, l'amour de la patrie, le respect de la parole donnée ou la nécessité laborieuse.

Duel au crépuscule, avec un Shane qui part seul vers son destin, poursuivi par le jeune Joey et son chien, affrontement inégal, à un contre tous,


sous le regard médusé du jeune garçon,



qui assistera à la fin de Jack Wilson, à la victoire du Bien sur le Mal, dans un éclair de fumée foudroyant qui occira le tueur sardonique !



Shane a accompli sa mission et comme tous les cow-boys solitaires se doit de partir au loin, la fermière communauté ayant retrouvé la quiétude tant désirée, malgré les suppliques du jeune Joey ...



Le jeune homme aura beau crier son amour pour Shane, il n'évitera pas le lonely cow-boy de disparître dans le crépuscule horizon !



Alan Ladd est mort, 13 ans plus tard, rongé par l'alcoolisme, ange déchu victime du système hollywoodien, Brandon de Wilde, le jeune Joey, disparaîtra, à l'âge de 30 ans, en 1970, fauché en pleine jeunesse par un accident de voiture ... Mais il m'arrive parfois, d'entendre cet écho lancinant, un Shane porté par une voix d'enfant, écume mémorielle, qui reflue du rivage de mon enfance.

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Published by Tietie007 - dans Western américain
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 18:00


De New-York à Paris en finissant à Venise, une femme aura marqué l'art contemportain du siècle dernier. Peggy Guggenheim, fille de la richissime famille Guggenheim new-yorkaise, fut frappée par le destin dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Cette nuit, dans l'Atlantique Nord, le Titanic, colosse métallique qui défiait les eaux, sombrait corps et biens dans les abysses, avec 1 500 passagers, dont un certain Benjamin Guggenheim, milliardaire prodigue et père de la jeune Peggy.




Riche héritière, Peggy, anticonformiste et aventurière, s'éprend de liberté en parcourant le monde et en s'intéressant à l'avant-garde artistique. A Saint-Tropez, elle rencontrera l'amour de sa vie, l'écrivain alcoolique John Holms, qui s'épuisera dans les bras de la belle et dans les vapeurs ethyliques pour trépasser d'une crise cardiaque, en 1934.
La guerre la verra fuir l'Europe, et retourner à New-York, où elle aidera l'Emergency Rescue Committee, une association américaine délivrant des visas aux antifascistes européens pour fuir la peste brune, et donc le représentant français sera Varian Fry, qui agissait de la rue Grignan, à Marseille.

L'art et l'amour seront toujours les deux passions de Peggy, et prendront le visage d'un certain Max Ernst, qu'elle épousera en 1941.



 Elle ouvrira aussi une galerie dans Big Apple, Art of this Century, et soutiendra les artistes de se siècle, comme Marc Rohtko ou Jackson Pollock qui ouvriront l'art pictural à l'expressionnisme abstrait. (Moi devant Autumn Rythm Number 30, Pollock, 1950, au MET).



L'Europe s'épuisant dans des combats sans fin, la création artistique, se déplacera de Paris à New-York, nouvel el dorado pour les créateurs en mal de financement !

Mais l'appel du Vieux Continent se fera toujours sentir, et, la guerre finie, Peggy Guggenheim, en 1948, choisit de s'échouer à Venise, dans le Palais Venier dei Leandri, pour vivre les trente dernières années de sa vie, entourée de ses chiens et collectionnant les oeuvres d'art, sous le regard millénaire des coupoles de San Giorgio.
Aujourd'hui, dans le sestiere de Dorsoduro, vous pourrez visiter la collection Peggy Guggenheim, dans son dernier palais qui fut aussi son utlime catafalque !




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