Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 21:03

dennis-hopper-apocalypse.jpg

 

Avec le décès de Denis Hopper, c'est un peu de la génération James Dean qui s'en va ! Ce fils de l'Amérique profonde, qui a traîné ses guêtres dans son Kansas natal, s'est très vite pris de passion pour la peinture, activité singulière dans ce Middle West agricole et terrien. Un peu plus tard, en Carlifornie, l'étudiant Hopper se met au théâtre et arrive à décrocher un petit rôle dans Johnny Guitar, de Nicholas Ray, où Sterling Hayden séduisait Joan Crawford. Mais c'est dans La Fureur de vivre, de ce même Ray, que Dennis va tourner avec l'icône de toute une génération, James Dean !

 

fureur-vivre-hopper-dean.jpg

 

Film étendard du malaise d'une jeunesse américaine, Hopper retourne avec Dean dans Géant, la saga texane de George Stevens,

 

Dennis-Hopper-Giant.jpg

 

projetant le jeune américain dans les étoiles ! Mais la mort de Jimmy Dean

 

dean-giant.jpg

 

et une dispute avec le réalisateur Henry Hathaway, vont marginaliser le jeune homme du système hollywoodien, pendant une dizaine d'années. De navets incertains en seconds rôles improbables, c'est Easy Rider, film à petit budget, s'inspirant ouvertement du Fanfaron de Dino Risi, manifeste de contre-culture américaine, prenant le contre-pied du cinéma des grands studios, qui relancera la carrière de Hopper.

 

hopper-easy-rider-pirate.jpg

 

La même année, ça n'empêche pas Dennis de faire une pige avec John Wayne, dans 100 $ pour un shérif, western classique où il retrouve Hathaway.

 

hopper-true-grit-wayne-duke.jpg

 

Curieux parcours que celui de Dennis, entre héraut de la contre-culture américaine, avec Peter Fonda et Nicholson et faire valoir du Duke, chantre du conservatisme républicain, et réalisateur du contesté Bérets Verts, film justifiant l'intervention américaine au Viet-Nam.

 

hopper-hollywood.jpg

 

 Inexplicablement, Hopper n'exploitera pas le succès d'Easy Rider, l'homme est bien trop incontrôlable pour se plier aux rigueurs du système, et faute de films à sa démesure, il continuera ses soirées alcoolisées shootées au LSD ! 

C'est en Allemagne qu'il rebondira, en étant l'ami américain de Wim Wenders, en 1977,

 

wenders-4-l-ami-americain-avec-dennis-hopper_427.jpg

 

en retrouvant le réalisateur de ses débuts, Nicholas Ray ...la boucle est bouclée !

Fin des seventies et quarantaine hiératique, qui le projette dans l'Apocalypse vietnamienne de Coppola, photographe camé des hallucinations du colonel Kurtz,

 

dennis-hopper-apocalypse-now.jpg

 

 

joué par un Brando débonzé !

 

brando-kurtz-mosquito.jpg

 

Il retrouvera Coppola, 4 ans plus tard, dans Rusty James et passera un week-end chez Sam Peckinpah, en quinqua speedé à la cocaïne !

Mais c'est le psychopathe oedipien de Blue Velvet qui le projettera dans le paradigme du super-méchant déjanté, marque déposée qu'il exploitera dans le nouvel Hollywood !

 

hopper blue velvet

 

Du tueur dans Red Rock West,

 

hopper-red-rock-west.jpg

 

au diacre fêlé de Waterworld,

 

waterworld-hopper-jack-daniels.jpg

 

en passant par le "serial bomber" de Speed,

 

hopper-speed.jpg

 

Hopper nous offrira quelques interprétations géniales d'hystériques ramollos du cerveau !

Mais comme à son habitude, Dennis ne va pas capitaliser sa notoriété nouvelle, et va plutôt courrir le cachet dans des navets improbables. C'est à Palerme, en 2008, qu'il aura un dernier rendez-vous avec Wim Wenders, l'ami allemand,

 

hooper-palerme-wenders.jpg

 

pour nous rappeler qu'Hopper, l'américain, le pote à Jimmy Dean, le héraut de la contre-culture américaine qui carburait à la Marie-Jeanne, le rebelle aux grands studios, eut un itinéraire chaotique, de son Kansas natal à la cité sicilienne !

Que ton dernier ride te soit agréable, Dennis !

Testez vos connaissances sur la carrière de Hopper, en répondant à ce QUIZZ.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Personnalité
commenter cet article
2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 02:54

america-niro-leone.jpg

 

Dernier opus de la trilogie léonienne sur l'Amérique, commencée 16 ans plus tôt, avec Il était une fois dans l'Ouest, Il était une fois en Amérique fresque sur l'Amérique contemporaine, nous plonge dans le quartier de Brooklyn, au début du siècle dernier, narrant l'amitié d'une bande d'enfants, qui font les 400 coups sur les bords de l'Hudson !

 

pont-bridge-america.jpg

 

Récit en abîme puisque c'est un vieil homme, au soir de son existence, qui revient dans le quartier de son enfance, perdu dans ses souvenirs, revoyant, comme si c'était hier,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--De-niro-yeux.JPG

 

la jolie Deborah faire ses gammes,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--Deborah-dansant.JPG

 

par la petite lucarne donnant sur le cellier.

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--Noodles-jeune.JPG

 

 Regards adolescents, qui se croisent,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--Deborah-jeune-1.JPG

 

dans l'attente d'une promesse amoureuse, dans ce quartier populaire de New-York.

 

Il y a toujours chez Leone cette intensité des regards, du bleu azur d'Henry Fonda, dans l'Ouest lointain, aux yeux de Cockeye,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--yeux.JPG

 

poulbot du Lower East Side qui sera foudroyé par une balle perdue.

Le vieux Noodles revoit défiler sa vie, le temps d'un capuccino, cette ascension prodigieuse, avec Max,

 

max_jeune.jpg

 

voisin de rue, complice et ami, avec lequel il surfera sur la Prohibition, amassant quelques caisses de $.

 

noodles-max-brooklyn.jpg

 

Trajectoire exceptionnelle, des rues crasseuses des bas-fonds new-yorkais aux lupanars de luxe, des bords poussiéreux de l'Hudson aux plages blanches de Coney Island !

 

once-upon-america-niro.JPG

 

Réussite sociale mais errance personnelle, abondance matérielle, mais désert affectif, ambition de Max, recherche du bonheur, chez Noodles, le destin des deux amis ne pouvaient que diverger ! De Niro essaiera de se perdre dans le regard de Deborah,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--Deborah.JPG

 

tournoyant sur une piste de danse,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--De-Niro-et-Deborah-dansant.JPG

 

éperduement accroché à un horizon amoureux incertain, promesse d'un bonheur improbable ... Et puis la disparition de Max, de l'ami infidèle, de l'associé qui trahit,

 

max-woods-niro.jpg

 

qui immolera ses compagnons sur l'autel de ses ambitions, n'hésitant pas à sacrifier ce qu'il a chéri pour des raisons carriéristes, thème de la trahison qui hante l'univers léonien, déjà abordé dans Il était une fois la Révolution, vision de l'homme désanchanté et nihiliste, détestable Prométhée toujours corrompu par l'ambition et l'argent ! Mais le passé, chez Leone, n'est pas la fragrance fugitive qui se perd dans le sillon parfumé d'une jolie femme ... la mémoire chez l'italien, reste omniprésente, sous la forme de la vengeance de l'Homme à l'harmonica, dans le Far West ou sous le visage suppliant de l'ami irlandais qui a trahi, dans la Révolution, tyrannie du passé qui hante les personnages léoniens. De cette jeunesse désormais oubliée, le vieux Noodles va en redécouvrir les contours douloureux,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--De-Niro-revoit-Deborah--25.JPG

 

puisqu'en plus de lui avoir volé son histoire, Max lui aura dérobé sa promise, désormais vieille actrice sur le déclin. De cette amitié de jeunesse, il ne restera presque rien, sauf les remords d'un homme au soir de sa vie, rongé par l'ambition et désormais repentant, expiant ses fautes le temps d'une triste soirée.

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--De-Niro--James-Woods--dern.JPG

 

Vision désanchantée de la nature humaine, le testament léonien se perdra dans une fumerie d'opium,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--De-Niro-fumant-JPG

 

où un Noodles dans la force de l'âge se libère de sa triste condition humaine en s'évadant dans les paradis artificiels,

 

Il-etait-une-fois-en-amerique--De-Niro-allonge-fumant.JPG

 

le temps d'un sourire ...

 

noodles-smile.jpg

 

  transcendé par la magistrale et mélancolique bande originale d'Ennio Morricone

 

 

 

 

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Drame américain
commenter cet article
9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 13:27

verite-truch-bardot.JPG

 

Singulier film que cette Vérité, variation sociologique et moraliste sur cette nouvelle jeunesse qui  mène la dolce vita à Saint-Michel ! Henri-Georges Clouzot tourne ici un de ses derniers films, un procès filmé, où deux avocats, Paul Meurisse pour la partie civile, Meurisse-avocat.JPG

 

et Charles Vanel pour la défense

 

vanel-face-visage.JPG

 

d'une Bardot, accusé d'un crime passionnel !

 

P1180405-1.JPG

 

Procès d'un certain mode de vie insouciant, d'une jeune femme qui ne supportant plus la pesanteur du foyer familial,

 

bardot-father.JPG

 

prétexte des études d'esthétique pour monter dans la capitale, à Saint-Michel, avec sa soeur.

 

bardot-blonde.JPG

 

 Mais très rapidement, Claire Marceau, oiseau de nuit, va être fascinée par cette vie oisive des étudiants du quartier, fumant des cigarettes dans les cafés enfumés,

 

marlboro-bardot.JPG

 

entourée par une bande de jeunes hommes,

 

bardot-man-frey.JPG

 

tous séduits par la blonde beauté, notamment un certain Sami Frey !

 

frey-sami-man.JPG

 

 

Le flirt d'un soir,

 

bardot-frey-love.JPG

 

se tranformera vite en passion dévorante, pour le jeune homme ! Il faut dire que Claire Marceau-Bardot est d'une sensualité troublante !

 

frey-bardot-marlboro.JPG

 

Vie noctambule vouée aux plaisirs terrestres,

 

Bardot-nue.JPG

 

à passer ses soirées au café,

 

marin-bardot-frey-trio.JPG

 

ou au cinéma !

 

cinema-bardot.JPG

 

Désormais c'est dans le box des accusés que la belle Claire,

 

bardot-madone.JPG

 

vient expier ses pêchés ... Car il y a chez Clouzot un propos moralisateur, procès de cette jeunesse dorée qui se livre à l'hédonisme décontractée, profitant des fuits vénéneux de la nouvelle société de consommation !

Bardot, en Madone presque immaculée,

 

madone-bardot.JPG

 

perçue comme diabolique, au début, prend, progressivement la figure de la victime,

 

bardot-victime.JPG

 

victime d'une passion dévorante qui lui a fait commettre l'irréparable !

 

Car si Claire fut, au début, la passion de Gilbert,

 

frey-bardot-love-amour.JPG

 

voué tout entier à la jeune femme,

 

bardot-frey-couple-duo.JPG

 

cette passion dévorante, superbe et  insupportable,

 

duo-bardot.JPG

 

finira par se consummer, le jeune  homme choisissant de partir ...au grand désespoir de Claire, la séductrice larguée !

 

bardot-miroir.JPG

 

Renversement de situation qui amènera la jeune femme jusqu'au meurtre ...finissant piteusement dans un prétoire,

 

bardot-flic.JPG

 

 et voyant sa vie défiler au gré des témoins. 

 

Le film vaut pour l'interprétation de Bardot, superbe en Madone déchue,

 

madone-vierge.JPG

 

séductrice et casseuse de ménage, tombée dans les affres de la passion, et par le duo Meurisse-Vanel, avocats au verbe prolixe qui s'affrontent autour de cette pasionaria !

 

meurisse-vanel.JPG

 

Film annonciateur de cette jeunesse qui monte, qui ne supporte plus le carcan du vieux monde, voulant s'affranchir de cette puritaine morale, pour vivre une vie hédoniste sans complexe. La vision de Clouzot est plutôt ambigue, entre condamnation de cette existence légère et fascination pour cette vie passionnée, qui casse la bienséance bourgeoise, projetant Claire dans un tourbillon sensuel et sentimental absolus !

La Bardot de Clouzot annonçait la Bardot de Godard, de la Vérité au Mépris !

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Drame français
commenter cet article
21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 07:05

Romy.JPG

En 1972, Claude Sautet retrouve encore Romy Schneider, qu'il avait dirigé sur Max et les Ferrailleurs, mais ici, c'est le duo masculin Yves Montand-Sami Frey qui va craquer pour la belle autrichienne.
César est un homme d'âge mur qui a réussi dans la vie,

montand-cesar.JPG

et qui collectionne belles bagnoles (un hommage à Melville ?),

car-rosalie.JPG

et parties de poker !

poker-montand.JPG

Mais voilà, Rosalie, sa maîtresse, s'ennuie de cette flamboyante réussite,

romy-rosalie.JPG

le regard perdu dans quelques promesses de nouvelles aventures qui prennent la figure d'un certain David.

frey romy


Artiste à la chevelure léonine, notre Sami fascine la belle Rosalie,

romy-sami.JPG

qu'elle couvre du regard de Chimène. David, le bourgeois-bohême contre César, le nouveau riche rouleur de mécanique,

sami-yves-montand.JPG

entre ces deux-là, Rosalie a choisi,

romy-montand-rosalie.JPG

au grand désespoir de César.

montand-yves.JPG

Car ce qu'il croyait n'être qu'une passade, un accident, devient un fait accompli, Rosalie s'en va ...

romy-cry-larme.JPG

Mais chez Sautet, les choses ne sont jamais simples, et les couples deviennent vite des ménages à trois ! A Noirmoutier, alors que le nouveau couple s'installe face à l'océan,

david-rosalie-noirmoutier.JPG

un César repenti débarque,

P1020639.JPG

un peu suppliant et dépenaillé,

montand-voiture.JPG

cherchant un regard de sa Rosalie adoré,

romy-schneider-yellow.JPG

qu'il espère regagner.
Entre César,

montand-yves-cesar.JPG

et David,

sami-frey.JPG

une curieuse complicité va se nouer, étonnant même Rosalie.

romy-jaune.JPG

Deux générations d'homme nouant une relation amicale,

frey-montand.JPG

sur un lumineux objet du désir ...

romy-schneider-belle.JPG

Dans cet opus, Sautet continue ses variations autour de la complexité des rapports amoureux, chassé-croisé permanent que symbolise la nouvelle liberté des moeurs de ces seventies, ère du doute et des incertitudes, pour des hommes qui ont perdu de leur pouvoir devant la montée en puissance des femmes. César, le macho a qui tout réussi, se trouve démuni face aux nouveaux désirs de Rosalie, qui aspire à autre chose que d'être un faire-valoir pour son homme. Le duo Montand-Frey, qui gravite autour de la belle Romy, incarne cette mutation générationnelle, entre l'homme tout puissant à l'homme avant tout amant, sensible aux désirs féminins qui se meut non plus dans l'affichage décomplexé de la réussite, mais dans l'écoute et la psychologie tacite.
Il restera surtout de ce film,  le souvenir ému des regards vertigineux de Romy, se perdant dans le Noirmoutier océan et une fin ...sublime !

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Drame français
commenter cet article
7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 08:04

http://www.rockingoren.com/wp-content/uploads/2009/07/veracruz.jpg

Vera Cruz est un film clef dans le western américain. Jusque là, le genre alternait entre le paternalisme fordien et manichéisme hawksien, et se résumait à des grands archétypes incarnant le Bien et le Mal, la loi et l'anarchie. Le western hollywoodien, c'était le troimphe de la loi contre l'état sauvage, de l'avocat contre l'Outlaw, comme dans L'homme qui tua Liberty Valence, qui porta à incandescence ce postulat.
Vera Cruz, produit par Burt Lancaster, s'inscrit dans la lignée de Bronco Apache, tourné la même année, 1954, avec le même réalisateur, Robert Aldrich, et Lancaster en tête d'affiche, qui avait déjà rompu avec quelques préjugés frappant les indiens. Dans ce nouvel opus, le sauvage et opportuniste Joe, joué par Burt,

Burt-Lancaster.JPG

rencontre un certain Benjamin Trane, joué par Gary Cooper,

cooper.JPG

vieux cow-boy au cuir déjà ben tanné !

Une association va naître, entre le jeunot ambitieux et l'ancien désabusé,

cooper-lancaster.JPG

scellé par un pacte d'argent.

cooper-dollar.JPG

L'action se passe au Mexique, à l'époque de l'empereur Maximilien, mis en place par les français et Napoléon III. Et nos deux associés, invités à la cour impériale,

brandon-cooper.JPG

font un peu rustique, face au faste de la cour mexicaine et au port altier du capitaine Danette, joué par Henry Brandon,

henry brandon

qui toise d'un regard méprisant ce gringo de Lancaster !

Lancaster-face.JPG

Entre ces deux-là, la courant ne passera jamais !
Après l'arrivée de l'empereur mexicain,

lancaster-empereur.JPG

qui donnèrent lieu à quelques tirs de précision,

lancaster-gun.JPG

forts bien réussis,

(avant)

shot-flame.JPG


(après)

flame-shot.JPG

nos amis passent aux choses sérieuses,

gary-burt-cooper.JPG

négociant avec le marquis Henri de Labordère,

henri.JPG

la protection de la comtesse Marie Duvarre qui doit aller à Vera Cruz, et traverser la campagne mexicaine, truffée par les fidèles de Benito Juarez, qui a juré la perte des occupants français.

darcel-girl.JPG



Le marché est conclu pour 100 000 $.

cooper-napoleon.JPG

Scène d'ouverture singulière, dans cette France mexicaine peut évoquer à l'écran (Elle donnera lieu à une bataille épique dans Major Dundee, de Peckinpah, quelques années plus tard) ,qui déploie ses atours impériaux dans une scène de bal qui tranche,d'avec la production westernienne habituelle, et qui me rappele les soirées viscontiennes du Guépard, auxquelles s'invitera, 10 ans plus tard, à nouveau Burt Lancaster ! Une double opposition se met déjà en place qui sera la matrice de tout le film :
- celle de Ben contre Joe, de Gary contre Burt, l'un, vieux cow-boy idéaliste, attaché à la parole donnée et à l'honneur, l'autre, qui à l'ambition de sa jeunesse et qui cache derrière un sourire ravageur, une cupidité sans bornes.

burt-smile-lancaster.JPG

- celle des nobles français contre les sans-grades américains, rencontre de deux mondes opposés, l'un, séculaire, qui se meurt, l'autre, issu de la société du Nouveau Monde, où les hommes naissent presque libres et égaux.

henri-cooper-sex.JPG

Le convoi peut donc partir, dans un carosse, version royale de la populaire diligence, couvé par le vieux Ben,

stagecoach.JPG

et Joe et sa bande de bras cassés, avec un Charles Buchinski-Bronson, toujours galant avec ces dames,

bronson-sex.JPG

et Ernest Borgnine, un habitué du rôle des bads boys.

Borgnine-smile.JPG

A noter aussi la présence d'un grand second rôle du cinéma américain, abonné aussi aux rôles de vilains, Jack Elam, que l'on retrouvera dans la célèbre scène d'ouverture d'Il était une fois dans l'Ouest, vous savez, le ballet avec la mouche !
Mais Ben, qui est de la vieille école, ne supporte pas vraiment qu'on manque de respect à ces dames,

cooper-horse.JPG

et il utilisera la manière forte pour faire entendre raison à cette bande de malautrus.

band-gangbang.JPG

Il faut dire que le grand Gary n'était pas insensible au charme de Nina, jouée par Sara Montiel.

montiel-gary-sexual.JPG

A noter aussi la présence d'Archie Savage, le noir de service, ce qui était encore peu courant, à cette époque, illustrant la sensibilité du producteur Lancaster, aux problèmes des minorités, et dans la droite ligne de Bronco Apache. La carrière d'Archie n'eut pas le succès d'un Sidney Poitier ou d'un Jim Brown, mais on le retrouvera comme danseur dans La Dolce Vita de Fellini !!
Voilà donc que tout se calme, Ben remettant de l'ordre dans cet épisode anarchique, sous l'oeil bienveillant du marquis de Labordère.

hass-pussy-gary.JPG



Mais voilà que dans ses grandioses paysages mexicains, la menace se précise,

paysan-campesino.JPG

et la division s'aiguise, à cause d'un trésor caché dans le royal carosse ! Les partisans de Juarez rentrent dans la partie, convoitant aussi le noble pécule qui attise la concupiscence de Donnegan.

borgnine-face-bad.JPG

Mais les français ont cocufié tout le monde, en piégeant ces rustes de gringos ! Que nenni, la vengence nordiste sera terrible, et les outlaws, aidés par la piétaille mexicaine, reprendront leur du ! Mais ce qui devait arriver ...arriva ! L'ambitieux Joe, tombeur de ses dames,

darcel-burt-sex.JPG

n'est pas un partageux, et va s'exercer à faire le ménage,

back-gun-lancaster.JPG

mais il va tomber sur ce vieux Ben, qui a donné sa parole aux Juaristes,

cooper-face.JPG

et qui préfère perdre de l'argent que son âme ! Le duel sera inévitable, léonien, les yeux dans les yeux,

lancaster-eye-blue.JPG

le vieux cow-boy terrassera le jeune loup,

gun-fire-cooper.JPG

le classicisme hollywoodien reprenant ses droits, faisant triompher la parole donnée contre la cupidité,

cooper-lancaster-two.JPG

la bienveillance paternelle,

cooper-win-sex.JPG

face à l'arrogance juvénile.

lancaster-die.JPG

A la fin, il y a toujours une femme à sa fenêtre, comme le soulignait Leone,

wife-window.JPG

et le vieux cow-boy solitaire, ayant payé sa dette, s'en va.

Je me suis souvent demandé pourquoi Vera Cruz était dans le panthéon des meilleurs westerns de l'histoire. Certainement car en 1954, il tranche d'avec la production westernienne de l'époque, faite de chevalier blanc, de grands sentiments et de triomphe de la loi. Ici, les personnages sont mus, avant tout par la cupidité, pouvant tuer père et mère pour s'approprier un magot. On retrouve cette bande de bads boys qui redeviendra célèbre, par la suite, sous la baguette de Peckinpah, et sa Horde sauvage, avec Borgnine, et surtout ce personnage de Joe, joué par Burt Lancaster, au charme vénéneux et à la cupidité sans fin, qui trompe son monde et renie sa parole pour quelques dollars de plus !  Sur cette terre mexicaine, il annoncera un autre Joe, joué par Clint Eastwood, qui 10 ans plus tard s'affichera dans Pour une poignée de dollars.
Si Vera Cruz annonce le western spaghetti, il reste, malgré tout, ancré dans la réalité hollywoodienne de son époque, avec un happy end caractéristique, et cette femme à la fenêtre finale, procédé narratif si courant dans le western de la grande époque.

Mirez la scène finale :














Repost 0
Published by Tietie007 - dans Western américain
commenter cet article
5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 10:00

Angel.jpg

En 1987, Alan Parker, qui avait effrayé la planète cinéphilique avec son Midnight Express, en 1978, revient avec un film noir poisseux avec Angel Heart.

Angel-Heart.JPG

Harry Angel est un privé miteux qui excerce à New-York,

Mickey-Rourke--harry-angel.JPG

au costard bon marché et aux cheveux mal gominés. Entre sa platine poule et sa turne déglinguée, les affaires ne vont pas au mieux pour Johnny. Mais un avocat bien mis,

Mickey-Rourke.JPG

le contacte pour rencontrer un certain Louis Cyphre,

Louis-Cyphre.JPG


joué par l'inquiétant Bob de Niro,

robert-de-niro-buvant-un-cafe.JPG

un personnage élégant et énigmatique, qui pèle les oeufs

oeuf--robert-de-niro-hand.JPG

avec une précision chirurgicale !

robert-de-niro--egg.JPG

 Mais le mystérieux commanditaire demande à Harry Angel, de rechercher un certain Johnny Favorite, chanteur de son état, qui doit quelques dettes à son agent de Cyphre.
Harry va alors se lancer dans la recherche du "crooner", dans une Amérique poisseuse et exotique. Un détour par Coney Island, où le chanteur s'est  produit,

plage-de-Coney-Island--angel-heart.JPG

avec quelques associés d'infortune,

Man-of-Coney-Island--New-York--angel-heart.JPG

un médecin morphinomane, qui a soigné Johnny,

Morphine--angel-heart.JPG

mais qui décède malencontreusement, dans un bled paumé,  avant de livrer ses secrets, laissant, à l'alcoolique Harry,

mickey-rourke-au-comptoir.JPG

qui commence à noyer son funeste pressentiment dans des verres de bourbon.

angel-heart--cafe.JPG

Atmosphère éthylique, avec des flashs oniriques, entre deux cornettes de Harlem,

deux-soeurs--angel-heart.JPG

et un curieux escalier sans fin,

escalier--angel-heart.JPG



,la quête de Johnny Favorite va se transformer en une descente aux enfers, les traits du "lover" se dessinant progressivement pour  laisser deviner un masque grimaçant bien effrayants, dans les bayous de Louisiane,

voiture--angel-heart.JPG


entre une richissime héritière, jouée par Charlotte Rampling,

Charlotte-Rampling--angel-heart.JPG

et une sensuelle Lisa Bonet, jeune Pythie versée dans des arabesques vaudous ...

Liza-Bonet--angel-Heart.JPG


fascinant le ténébreux Harry Angel.

Mickey-Rourke-en-blanc--angel-heart.JPG


Film noir fantastique, à l'atmosphère humide et malsaine, entre une chanteur introuvable prétexte à une plongée dans les entrailles sombres de l'âme humaine, une recherche de la vérité qui se mue en quête d'identité, dans une lumière diaphane, irisée par les lourds nuages louisianais entre un banjo plaintif et une poule sacrifiée. Pour le moi, le meilleur film de Mickey Rourke,

mickey-rourke-avec-un-cache-nez.JPG



et peut-être d'Alan Parker.

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Film noir
commenter cet article
3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 12:28

ride-sierra-peckinpah.jpg


Coups de feu dans la Sierra ou Ride the high country,

ride-peckinpah.jpg

est le premier long-métrage de Sam Peckinpah, première oeuvre qui posera les jalons de son style futur. Dans ce premier western, le cinéaste californien réunit deux vétérans d'Hollywood, plus habitués, depuis quelques années, aux productions de série B qu'aux morceaux de choix. Joël Mc Crea,

crea-joel-ride.jpg



acteur veillissant, puisqu'il à 56 ans lors du tournage du film, fut surtout connu dans les années 30 alors qu'il était un jeune premier protégeant Fray Way, dans Les chasses du Comte Zaroff, en 1932, tourné dans les décors de King Kong. Randolph Scott, lui,

scott-randolph.jpg

a toujours assumé une carrière d'acteur de série B, souvent dirigé par Bud Boetticher, dans des westerns nerveux qu'il tournait à la chaîne.

Les deux vieux complices vont se retrouver dans une fête foraine, pour une dernière mission, aller chercher une cargaison de poudre d'or, missionnée par une banque, dans le High Country, accompagné par un jeune tendron.

joel-randolph-scott.jpg


Mais si Judd, shérif à la retraite y voit un travail comme un autre, Gil, accompagné de Heck, y voit surtout un moyen de finir en beauté, en faisant un dernier coup, qui le sortira de la panade, en volant la cargaison dorée.
Dans les magnifiques paysages du Montana, le duo va chevaucher le High Country,

randolph-crea-scott.jpg

avec Heck, compagnon de fortune,

starr-ron-heck-copie-1.jpg

alternant de longues pauses autour d'un bon feu, permettant à Gil de montrer ses vieilles bottes trouées.

scott-botte-trou-copie-1.jpg

En chemin, ils vont récupérer une donzelle, Elsa, qui, n'en pouvant plus de sa morne vie chez un austère père, s'en alla poursuivre le trio rêvant d'horizons nouveaux avec un beau pistolero !

hartley-starr-copie-1.jpg

Mais la jeune femme va vite tomber de haut, dans ce village de poivrot ! Tombée sous le charme de Billy Hammond, chef d'une fratrie peu amène,

hammond oates

la donzelle va décider de se marier avec le sieur Billy,

mariage-high-sierra-copie-1.jpg

le juge Tolliver, bourbonisé, présidant à la cérémonie !

Buchanan



Du mariage à l'orgie, il n'y a qu'un pas, dans ces villages reculés remplis d'une horde de mineurs avinés ! Au prise avec la fratrie Hammond, décidée à exercer son droit de cuissage sur la jeune mariée,  c'est notre trio convoyeur qui va libérer Elsa de la fureur lubrique des outlaws dégénérés.
Une course poursuite va alors s'engager entre les Hammond, désireux de récupérer la mariée, et le trio convoyeur, chargé d'une jouvencelle ayant perdu ses illusions ! Trio qui va s'alléger, d'ailleurs, de Gil, qui se démasquant pour rafler la mise, va se heurter à son vieil ami, qui, impertubable, refusera, le deal proposé,

mccrea-joel-sierra-copie-1.jpg

réduisant le faquin à un statut de prisonnier suppliant !

randolph-scott-copie-1.jpg

Mais les deux anciens amis se réuniront une dernière fois, pour aller face au danger, et affronter les frères Hammond,

scott-joel-crea-copie-1.jpg

dont Henry, joué par Warren Oates, acteur fétiche de Peckinpah, qui devra rapporter, plus tard, la tête d'Alfredo Garcia.

oates-copie-1.jpg

Dernier duel qui emporteront les frères Hammond,

oates-warren-copie-1.jpg

et qui sera fatal à Judd !

cow-boy.jpg

Ce premier film de Peckinpah, le dernier pour Randolph Scott, sera un western de transition pour un Hollywood en pleine mutation. Si le cinéaste s'inscrit dans la tradition en recyclant Scott et Mc Crea, symboles d'un certain âge d'or des studios américains, le réalisateur ouvre de nouveaux horizons en tournant le film en décor naturel et en narrant avec réalisme, la violence des pionniers.
Peckinpah le misanthrope nous décrit un monde où les valeurs de l'Ouest se perdent, où même les vieilles gloires comme Gil tombent de Charybde en Scylla, un monde où les héros meurent à la fin, rompant avec l'inévitable "happy end" hollywoodien, porteur d'espoir.
Judd//Mc Crea est le dernier représentant d'un monde qui se perd, d'un univers en mutation, qui s'effondre à cause de l'appât du gain, et l'ultime union sacrée ne pourra sauver complètement le vieux shérif, victime de son sens de l'honneur, préférant sauver une femme des griffes d'une horde de dégénérés lubriques que d'effectuer, paisiblement, sa mission de convoyeur. Le femme qui, dans beaucoup de films de Peckinpah déchaîne les passions, objet de désir qui rend fou les hommes, les transformant en bêtes sauvages, même si on est encore loin des "Chiens de paille" !
Curieux film dans l'oeuvre du réalisateur, hésitant entre tradition et modernité, chant désespéré sur le vieil Ouest, magnifié par la musique triste de George Bassman, qui disparaît, ouvrant des horizons nouveaux vers un avenir incertain, qui prendront, sous l'oeil de Peckinpah, des atours terrifiants !






Repost 0
Published by Tietie007 - dans Western américain
commenter cet article
29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 14:47


 

René Clément fut un réalisateur singulier dans le paysage cinématographique français. Né en 1913, il commença à travailler avec Jacques Tati, avant-guerre, mais c'est avec La Bataille du Rail, en 1946, oeuvre documentaire qui relatait l'action des cheminots dans la Résistance, primé à Cannes avec le Prix du Jury et le Prix du meilleur réalisateur (La Palme d'or ne fut attribué qu'à partir de 1955), qu'il obtint la consécration. Le cinéaste est donc issu d'une génération d'après-guerre et commence sa carrière cinématographique par un genre peu prisé à l'époque, influencé par le néo-réalisme italien, le film-documentaire.





Il passera, la même année, du coq à l'âne, puisqu'il sera aussi l'assistant-réalisateur de Cocteau, sur la Belle et la Bête, film fantastico-onirique aux antipodes du style réaliste qui illustrera l'éclectisme de René Clément, comme le démontrera sa carrière.


Le conflit mondial marquera le cinéaste, puisque outre La bataille du Rail, Le Père tranquille, en 1946, Les Maudits, en 1947, Jeux Interdits en 1952, Le jour et l'heure en 1963 et bien sûr, Paris brûle-t-il ?, auront pour cadre la seconde guerre mondiale, aiguillon historique qui marquera  fortement sa filmographie.

Permanence de la guerre, fascination pour le polar américain. Clément tranche avec la thématique narrative de son époque en adaptant ses scénarios d'auteurs américains. Patricia Highstmith pour Plein Soleil, Charles Williams pour Les félins ou encore David Goodis pour La course du lièvre à travers les champs, avec le regretté Robert Ryan.



Comme Melville, René Clément puise sa source d'inspiration outre-atlantique.
Les félins reste d'abord les retrouvailles entre Clément et Delon,



duo gagnant de Plein Soleil, 4 ans auparavant, film qui avait fait du second une star. Depuis, l'acteur français est monté au firmament du 7eme art en tournant avec Visconti (Rocco et Le guépard), Antonioni (L'Eclipse) ou le très réussi Mélodie en sous-sol d'Henri Verneuil, avec Jean Gabin. Delon star européenne, aspire à une carrière américaine, d'où son intérêt pour le projet clémentien, puisqu'il retrouvera Jane Fonda, jeune première du cinéma américain,



 et Lola Albright, séduisante quadragénaire très présente sur la télévision outre-atlantique.



Clément n'oublie pas de faire appel à Lalo Schifrin, grand compositeur de musique de film et à Henri Decaë, grand directeur de la photographie français qui travaillera souvent avec Melville, notamment sur Le Samouraï. Comme pour Melville, Clément prend un soin particulier, presque maniaque, sur la qualité de la photo et les décors, qui font partie intégrante de la narration proprement dite, ce qui tranchera avec les pratiques de la Nouvelle Vague.

Les félins c'est l'histoire de Marc, gigolo français qui a eu le tort de séduire la femme d'un américain fortuné, qui envoie quelques tueurs régler le compte du bellâtre. Quelques mandales nord-américaines,



le supplice de la baignoire,



et un petit voyage vers un coin isolé dans une belle américaine,



et le jeune premier arrive à fuir les tueurs en costard, lâchant ses poursuivants dans l'arrière-pays niçois, sauvé par un prêtre,



puis par une richissime américaine, Barbara, qui prend le beau gosse à son service, comme chauffeur.



Séduisante quadragénaire, Barbara vit avec sa nièce, Melinda //Jane Fonda dans une superbe villa sur la Riviera française.
Très vite, et un peu comme dans Plein Soleil, un huis clos à trois va aviver les tensions, les deux femmes se retrouvant concurrentes pour séduire le jeune premier.



Sûr de son pouvoir de séduction, Marc, chauffeur dragueur, va jouer avec les deux femmes,



comme un joueur de poker !



Dans cette compétition impitoyable, entre deux femmes, l'une mûre, l'autre, jeunette,



c'est la plus expérimentée qui va remporter le morceau. Une petit verre de whisky,




un regard suave, les yeux dans les yeux,



et Barbara qui prend l'initiative et brusque les choses,



emballant avec une facilité déconcertante le jeune coq !



Mais Marc n'a pas tout compris au film et la vengeance est un plat qui se mange froid !



L'intérêt des Félins réside, évidemment, dans ce huis-clos psychologique, avec pour cadre une magnifique résidence, décorée avec soin, où des tableaux contemporains répondent à des masques primitifs, qui dénotent l'intérêt de Clément pour les arts premiers et la peinture moderne. Par certains côtés, on peut ressentir une référence hitchcockienne, dans ce thriller freudien et sensuel, même si le cinéaste français se distingue du maître américano-britannique par une image plus sophistiquée et un style moins démonstratif. L'élégance de la réalisation, avec des plans millimétrés, souligne la rare maîtrise du réalisateur français, rehaussée par le superbe noir et blanc d'Henri Decaë et le jazz inspiré de Lalo ! Pour imdb, les Félins est certainement le meilleur thriller de Clément, surpassant même le solaire Plein Soleil, et je ne suis pas loin de penser la même chose.



Repost 0
Published by Tietie007 - dans Polar français
commenter cet article
14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 12:44



Le 8 novembre dernier, Alain Delon fêtait ses 74 ans, et ses 43 de cinéma ! Presqu'un demi-siècle que le bel Alain gambade dans le cinéma français, depuis un certain Quand la femme s'en mêle, en 1957, d'Yves Allégret.
Rien ne prédisposait le jeune Delon a faire le comédien, de sa Bourgogne natale. Le jeune Alain va, dans un premier temps, travailler dans la boucherie-charcuterie familiale, à Bourg-la-Reine. A l'étroit dans le commerce de la viande, le jeune homme rêve d'horizons lointains et s'engagera à l'âge de 17 ans, dans l'armée, partant pour l'occasion en Indochine. Le matelot ne va connaître que l'agonie de la présence française en Asie du sud-est, la guerre se terminant juste après le désastre militaire de Dien Bien Phu. En 1954, retour dans l'hexagone pour le jeune militaire, mais pas question de revenir dans les saucissons et les pâtés, le bel Alain, comme Lucien de Rubempré, préfèrera monter à l'assaut de la capitale, avec son physique de jeune premier. Et c'est une actrice, Brigitte Auber, qui va lui mettre le pied à l'étrier.


Le film d'Allégret lance donc l'apollon dans le grand bain du cinéma, avec un autre jeune espoir du cinéma français, Bruno Cremer.



L'année suivante, ça sera la rencontre avec Romy Schneider, un coup de foudre sur le plateau du film Christine, produit par Marcel Dassault, avec pour chaperon Jean-Claude Brialy. Le long-métrage ne restera pas dans l'histoire du cinéma, alors que le couple Delon-Schneider entrera dans la légende !



Les années 60 vont être les années de la consécration ! C'est René Clément qui va faire de Delon une star, avec Plein Soleil, en 1960, magnifiant la plastique du jeune premier voguant sur les flots océaniques.



Quelques mois après et ça sera Rocco et ses frères, tourné en Italie, sous la direction de Luchino Visconti, film où il liera un pacte d'amitié avec Renato Salvatori.





En 1962, Delon continue sa carrière transalpine entre les mains de Michelangelo Antonioni, dans L'Eclipse, où il joue le rôle d'un trader amoureux de Monica Vitti, dans une Rome mystérieuse et lointaine.



En 2 ans, ce jeune premier inconnu qui ne valait que par sa plastique, atteint le firmament du 7eme art avec 3 films désormais légendaires. Alain a 27 ans, et est déjà une star internationale devant lequel se pame la gente féminine et les cinéphiles de tous les pays !
Mais la geste delonienne est loin d'être finie ! 1963 sera un grand crû. En tournant Mélodie en sous-sol, avec Jean Gabin, Delon rend la pareille à un monstre sacré du cinéma français d'avant-guerre, sous la direction d'Henri Verneuil, dans le rôle du gangster qu'il déclinera souvent, dans sa carrière. Adoubé par les vedettes des années 30 (notamment Viviane Romance, qui avait envoûté Gabin dans La belle équipe), Mélodie ...consacre définitivement Delon comme une grande vedette hexagonale !



Une fin originale sur la musique de Michel Magne.



Consécration française, reconnaissance internationale avec le chef d'oeuvre de Visconti, Il Gattopardo, où Delon joue un superbe Tancrède, virevoltant autour de la belle Claudia ! L'opus viscontien accrochera la Palme d'Or, sur la Croisette, en ce printemps 1963, faisant de Delon une nouvelle étoile brillant de mille feux au firmament du 7eme art !

 

Delon retrouve alors la Riviera, sous la direction de René Clément, film dans lequel il séduira Jane Fonda.



Hollywood fait alors les yeux doux à l'acteur français, et le bel Alain fera deux films à Los Angeles, Les Tueurs de San Francisco de Ralph Nelson, en 1965,



où il croise la route d'Ann Margaret, et d'un acteur sur le déclin, Van Hefflin, et un western improbable, l'année suivante, A nous deux, Texas, où il a comme partenaire le crooner Dean Martin.



Intermède américain qui ne restera pas dans les mémoires, rendez-vous m manqué avec Hollywood, que Delon quittera sans regrets !
Après le rôle de Jacques Chaban-Delmas dans la super-production internationale, Paris brûle-t-il, dirigée par une vieille connaissance, René Clément, c'est Jean-Pierre Melville qui offre à l'acteur, un de ses plus beaux rôles, celui du Samouraï.





Dans un silence assourdissant, bercé par la musique de François de Roubaix, Delon se contente d'être un tueur méthodique et hiératique, un moine-soldat des temps modernes qui a troqué la bure monacale contre l'imper blanc !
Il faudra attendre deux ans, pour le voir rejouer les amoureux transis, dans La Piscine, où le Delon producteur imposa Romy Schneider, ancienne fiancée toute heureuse de retrouver le bel Alain. Les retrouvailles entre les deux anciens amants seront solaires.


Dans la foulée, il réendosse le rôle d'un gangster, Roger Sartet, engagé par Vittorio Manalese, joué par Jean Gabin, et chassé par l'inspecteur Le Goff, interprété par Lino Ventura, dans un summum du polar à la française, Le clan des siciliens, qu'Ennio Morricone va immortaliser dans une ritournelle lancinante.


Grand succès populaire, Delon va alors produire Borsalino, avec son alter ego hexagonal, Jean-Paul Belmondo,



mais, encore une fois, c'est Jean-Pierre Melville qui lui offrira un superbe rôle, dans le crépusculaire Cercle rouge, où il retrouvait Bourvil, Yves Montand, et Gian-Maria Volonte.


Terribles années 70, pour le 7eme art, avec une télévision qui monte en puissance et qui relègue le cinéma dans des salles obscures trop souvent miteuses, que fuit un cinéphile devenu téléspectateur. C'est une période difficile pour les dieux de l'écran, soudain sécularisés par la petite lucarne, perdant leur aura sacré de héros de la pellicule pour retomber parmi les hommes ... Décennie difficile pour Delon, qui concentre deux casquettes, celui de producteur et d'acteur, prenant peu de risques, exploitant sa notoriété en évitant des concurrents pouvant lui faire de l'ombre ... Les seventies furent un rendez-vous manqué pour l'acteur, qui évita la génération montante, les Depardieu et Dewaere, tournant trop souvent sous la direction de réalisateurs complices, un peu comme Belmondo, et alignant des longs-métrages plutôt médiocres, qui font faire vaciller la star. Quelques éclairs trop rares pour sauver cette décennie du naufrage, une belle rencontre avec Signoret, en veuve Couderc, un beau duo avec Jean-Louis Trintignant dans Flic Story, un Mr Klein désespéré,



mais bien trop peu pour égaler ces années 60 bénies des dieux. Delon se sent orphelin, de René Clément, de Luchino Visconti ou de Jean-Pierre Melville, des maîtres qui ne sont plus, qui ne peuvent plus le guider.
Les années 80 seront dans cette lignée, malgré un retour sur le devant de la scène avec quelques polars bien ficelés, mais qui n'égaleront pas les opus melvilliens, laissant le spectateur avec un goût d'inachevé, dans le souvenir ému des chefs d'oeuvre du passé. C'est pourtant un metteur en scène de l'après 68, Bertrand Blier,  de la nouvelle génération de cinéastes qu'il avait soigneusement évité, qui lui donnera un de ses rôles les plus poignants, dans Notre Histoire, où il jouera le rôle d'un looser alcoolique, qui donnera à Delon son seul et unique César.
Alain Delon est un fils du cinéma qui fut trahi par la télévision, victime de la petite lucarne et de son hégémonie visuelle, mais il fut aussi l'orphelin désespéré de quelques réalisateurs géniaux, de Visconti à Melville en passant par Clément, qui laissèrent l'acteur dans une solitude créative qui lui fut fatale dans les 70-80. Il reste encore le souvenir du solaire éphèbe qui illuminait de sa seule présence, les films de ses années 60.
Testez-vous sur la filmographie de Delon en répondant à ce QUIZZ.

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Personnalité
commenter cet article
26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 09:45



Clint Eastwood,



Eli Wallach,



Lee van Cleef, sont la westernienne Trinité sur laquelle va se reposer Leone, pour conclure sa Trilogie du Dollar !

Le bon,



la brute,



et le truand,



sont les archétypes sur lesquels va s'appuyer le réalisateur italien, clin d'oeil aux paradigmes du western américain de la grande époque, qui mettait en avant des héros bien identifiés.
Le western de Leone, profondément pessimiste, prend le contre-pied de l'idéalisme de son homologue américain, pour nous dépeindre un Far West , rongé par la violence et la cupidité où les héros positifs n'existent pas !



Le flegmatique Blondin, joué par Clint Eastwood,  fil conducteur de la Trilogie, n'a pour seule morale que le dollar,



et ne se prive pas d'en gagner en s'associant avec Tuco, chapacan de l'Ouest sauvage qui vit de rapines et d'entourloupes !



Blondin, anti-héros cynique et cupide, ne veut aucunement améliorer le système, mais en profite allègrement en escroquant l'Etat !



Duo singulier, entre un truand, traîne-savate plutôt sympathique et un "Bon" froid et calculateur, c'est la manière de Leone de renverser les archétypes du western classique, qui s'appuyait sur un héros défendant la veuve et l'orphelin !
Mais les associations ne durent qu'un temps, dans les films de l'italien, puisque chaque associé essaie de tirer la couverture à lui. Entre le pendu et le tireur, ce serait plutôt le second qui aurait la position confortable et le premier qui mettrait sa vie au bout d'un tir improbable !



Et on ne la fait pas à Tuco, qui a passé une vie de rapines, ce qu'a oublié Blondin,



à escroc, escroc et demi !



Chez Leone, ce n'est pas de l'universel au singulier, de l'idée au personnage, que se structurent ses films, comme dans le western américain de l'âge d'or, où les valeurs de la patrie, de la famille, de la justice, brillaient de mille feux ! Non, chez l'italien, le mouvement est inverse, la caméra part d'un détail, d'un punctum, d'une expression du visage, d'un regard, pour se perdre dans un rire sardonique ou dans un rictus ironique. Les valeurs positives et collectives qui irriguaient le western hollywoodien, se perdent ici dans l'individualisme effréné des personnages !
Le western léonien n'est pas immoral, mais amoral, comme la philosophie politique de Machiavel, les hommes n'étant mus que par le goût de l'argent ou par le désir de pouvoir.
Au-delà du bien et du mal, l'amitié qui unit Tuco à Blondin n'est que circonstancielle, et s'épuise dans la seule recherche d'un improbable trésor.
"Ne meurs pas, Blondin !", hurle Tuco, qui a besoin de son compagnon d'infortune pour trouver le fameux magot !



Il ne mourra pas et le trio infernal, Blondin, Tucco et Sentenza, se retrouvera dans le cimetière, pour s'approprier du magot, après un duel mémorable.
Si un réalisateur a réinventé les scènes de duel, c'est bien Sergio Leone. Scène typique du western américain, le duel conjugue le combat singulier des médiévaux chevaliers et le folklore du far-west dans une scénographie hyper balisée que Leone va reconstruire ! En abusant des gros plans,


traquant une main hésitante,



un regard inquiet,



une moue anxieuse,



Leone redéfinit la scénographie des duels. Chez l'italien, les visages et les regards, quintesssence de l'individu, signe d'une humanité mal rasée et suintante, très éloignée des standards hollywoodiens avec leur héros propret et bien coiffé, sont le témoignage expressif du nouveau Prométhée qui conchie les valeurs collectives !
La tension dramatique du duel, magnifiée par une musique lyrique et oppressante, dirigée par maître Morricone,



s'épuise dans des regards intenses et inquiets,



des yeux alertes et méfiants,



des mains qui bougent imperceptiblement,



avant que les canons ne crachent leurs mortels projectiles scellant le destin des protagonistes !

Le bon,



la brute,



et le truand,



clôt donc la trilogie des dollars, et projette Leone au firmament du 7eme art, avec le succès mondial du film,  promettant une autre fameuse trilogie, mais ceci est une autre histoire !

Avant de mirer la scène du duel, testez-vous sur la trilogie du dollar en répondant à ce QUIZZ.

Repost 0
Published by Tietie007 - dans Western italien
commenter cet article