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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 09:39

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Robert Siodmak, cinéaste allemand qui a fui le nazisme, en 1933, pour s'exiler à Paris, s'était fendu d'un deuxième exil, aux Etats-Unis, avec l'avance foudroyante de la Wehrmacht en France, en mai 1940. Embauché à Hollywood, Siodmak va tâter d'un peu tous les styles, dont un "Fils de Dracula" avec Lon Chaley Jr. En 1946, le cinéaste allemand lance Burt Lancaster, dans Les Tueurs, avec Ava Gardner, et les deux hommes vont donc se retrouver pour Criss Cross, "Pour toi j'ai tué".

Variation sur la passion amoureuse, Siodmak a eu le nez fin en embauchant la sensuelle Yvonne de Carlo,

 

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et ce jeune premier de Burt Lancaster.

 

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Mariés puis divorcés, Steve Thompson, joué par le viril Burt, n'a jamais oublié Anna (Yvonne de Carlo), et, lorsqu'il revient à Los Angeles,

 

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accueilli par un chien,

 

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il va, évidemment, recroiser cette créature ondulante d'Yvonne !

 

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Songeur quant à sa continuelle attirance pour son ex-femme,

 

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Steve va avoir un rendez-vous avec la belle dans un bar musical, où tous les deux avaient leurs habitudes.  Sous le son enjoueur d'une rumba,

 

musician rumba siodmak

 

Steve est comme fasciné par le déhanché de la belle Anna,

 

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qui virevolte aux mains d'un inconnu, qui sera célèbre par la suite, le jeune Tony Curtis !

 

de carlo curtis rumba

 

Les regards se croisent,

 

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et la magie amoureuse recommence.

 

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Mais voilà, Anna n'est plus seule depuis son divorce, et s'est "remaquée" avec un certain Slim Dundee,

 

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joué par Dan Duryea, au costume blanc et au regard noir. Caïd de la ville, Slim couve sa poule des yeux de Chimène, mais l'indomptable Anna ne se laisse pas impressionner par son chaperon officiel, fut-il la "caillera" gominé du coin !

 

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Il n'en reste pas moins que les deux rivaux vont se défier,

 

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pour la garde du poulailler,

 

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sous l'oeil inquisiteur d'un rusé policier !

 

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Mais le ver est dans le fruit, et Steve va être rongé par une passion pour Anna, dévorante,les deux amants,

 

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se donnant à nouveau rendez-vous.

 

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Mais rien n'est simple dans la vie, est Steve va attendre longtemps, la belle Yvonne, qui ne viendra jamais, dans son bar préféré, servi par un barman gouailleur,

 

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 noyant sa détresse dans des verres de whisky,

 

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et encore ennuyé par ce Stephen McNally de flic, qui vint humer l'ambiance entre Steve et Slim, sous l'oeil goguenard de Joan Miller.

 

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Mais Lancaster ne sait rien, et n'est pas d'humeur à se laisser empoisonner la vie par ce gêneur d'inspecteur.

 

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  Quelques mois passés, les deux ex-tourtereaux se recroisent, ce qui donne lieu à une explication musclée,

 

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se finissant dans moults pleurs, annonçant la grande réconciliation !

 

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Mais Slim veille au grain, et les deux amants,

 

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sont à nouveau débusqués par le gominé.

 

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Pris la main dans le sac,

 

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Steve va, pour se dédouanner, offrir à Slim, un camion friqué sur un plateau !

 

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Grosse affaire planifiée par un mystérieux joueur d'échecs,

 

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le camion cible,

 

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conduit par Steve,

 

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va se retrouver dans un brouillard artificiel, où les deux rivaux,

 

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vont, une nouvelle fois s'affronter !

 

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Blessé, Steve s'apercevra que face à la vengeance imminente de Slim, Anna, lâche et vile, préferera se tirer que de rester, laissant Lancaster dans un profond désarroi !

 

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Mais Yvonne n'aura pas le temps de prendre la poudre d'escampette,

 

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car Dan Duryea veillait au grain,

 

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bras armé de leur tragique fin !

 

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Pour toi j'ai tué, est l'histoire d'une passion foudroyante et destructrice qui se singularise par sa modernité. Modernité formelle, avec les effets  stylistiques qui rappellent que Siodmak n'était pas un manche, à sa caméra, modernité thématique qui place le couple fusionnel au centre de la narration policière, avec une Yvonne de Carlo plus sensuelle que jamais, beauté vénéneuse qui attise la concupiscence masculine, et entraînera la fin tragique de Steve et de Slim. Au-delà de l'action proprement dite, réduite à la portion congrue, Criss Cross reste avant tout un film tragique, au sens antique du terme, dans lequel les acteurs, jouets du destin, sont mus par des idéaux qui transcendent la simple cupidité. L'amour fou conduira Lancaster à commettre l'irréparable, le désir de vengeance du "mari trompé" exacerbera la haine de Slim. Anna, au centre de toutes les attentions, incarnera la femme pêcheresse, objet de toutes les sollicitudes, jouant de ses charmes pour manipuler les hommes, à l'insu de leur plein gré !

Pour toi j'ai tué me rappelle étrangement Les amants diaboliques, le premier film de Visconti, réalisé en 1942, où la belle Clara Calamaï envoûtait le viril Mario Girotti,

 

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variation inspirée sur la femme fatale, diablesses charnelles qui perdent les hommes !

Avant de mirer la sensuelle rumba d'Yvonne, scène culte du film, testez-vous sur la carrière de Burt Lancaster en répondant à ce QUIZZ.

 

 

 

 


 

 


 


 


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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 08:03

MARIO MONICELLI

 

Mario Monicelli s'en est allé, le 29 novembre, en se défenestrant de sa chambre d'hôpital, alors qu'il était atteint d'un cancer en phase terminale, à l'âge de 95 ans.

Il faisait partie avec Dino Risi, Luigi Commencini et Ettore Scola, de cette phalange de réalisateurs transalpins qui ont illuminé de leur talent l'Italie d'après-guerre, avec cette aptitude à traiter de sujets graves sur le monde humoristique, des maîtres de la commedia dell'arte, qui ont  bénéficié d'une génération d'acteurs exceptionnelles, les Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi et autre Alberto Sordi !

Monicelli se fera surtout connaître en tournant le Pigeon, variation douce amère sur une bande de bras cassés italiens, narration pittoresque de ce petit peuple transalpin, plein de gouaille, de magouilles et d'humanité,

 

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avec cette galerie de trognes ritales qui rapellait les pittoresques seconds rôles hexagonaux des années 60.

Vittorio Gassman fut son acteur fétiche, dans La Grande Guerre, L'armée Brancaléone,

 

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dénonciation festive de la guerre, thème récurrent chez cette génération de réalisateurs qui avaient connu les affres du fascisme et qu'on pourra retrouver dans le Fou de guerre, de Dino Risi, ultime film de Michel Colucci !

Là où les français auraient été trop démonstratifs,  ou trop franchouillards, comme dans la 7eme Compagnie, Monicelli, savait ciseler une trame humoristique dans un contexte tragique, entraînant un sourire intérieur plutôt qu'un franc éclat de rire, marque de fabrique de la comédie à l'italienne, dont Begnini reste le seul dépositaire.

Mais c'est surtout dans Mes chers amis, narrant les agapes de quelques quinquas déchaînés,

 

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immense farce franco-italienne, dans ses seventies bien tourmentés, qui scellera l'esprit quasi montypytonien de Monicelli, ou l'absurde cotoiera l'ironie, aux sons des soupes de phalange claquant sur des visages de voyageurs héberlués ! C'est par cette scène cultissime que je finirai mon hommage au réalisateur ...

Ciao, Mario et passe le bonjour à Marcello, Vittorio, Ugo, Dino et Alberto, vous allez bien vous marrer, au paradis !

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 13:32

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Il est des génériques et des voix que l'on oublie pas. Depuis le 28 mars 1976, la voix neutre et quasi mécanique de Patrick Brion,

 

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hanta les nocturnes du Dimanche, sur FR3, et cette mélopée singulière continue à sévir sur l'actuelle France 3.

 


 

 

Le Cinéma de Minuit, émission tardive, que je pouvais regarder durant les vacances, certainement, pour la première fois, le Quand la ville dort de John Huston, passé un 5 juillet 1981.

Il m'arrivait plus souvent de regarder le Ciné Club, crée sur Antenne 2, en 1971, par ce même Patrick Brion et Claude-Jean Philippe, ce dernier présentant le film à venir sur le plateau d'Apostrophes, émission littéraire culte de Bernard Pivot.

 

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C'est dans ces deux nocturnes émissions, que  j'ai pu étancher ma cinéphilie, en mirant ces films en noir et blanc qui avaient marqué l'histoire du cinéma.

Et puis ce générique du Cinéma de Minuit et cette voix, lancinante, de Patrick Brion, qui revient des tréfonds de ma mémoire.

 


 


 


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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 07:05

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Sergio Leone, après les monuments Il était une fois dans l'Ouest et Il était une fois la révolution, revient à un cinéma moins lyrique et, faussement, plus léger, avec ce singulier western, "Mon nom est personne",

 

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dont il laissera l'intendance à un de ses adjoints, Tonino Valerii, qui fut un de ses assistants réalisateurs dans la Trilogie du $.

La scène d'ouverture, spécialité de maître Leone, ressemble, dans sa construction, comme deux gouttes d'eau à celle d'Il était une fois dans l'Ouest,  exposant, solennellement, la problématique du film, qui tournera autour du fardeau de la célébrité, dont voudra s'extirper, Jack Beauregard/Henry Fonda.

 

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Ici, ce n'est pas dans une gare perdue en plein désert, mais dans un village campagnard, que trois outlaws, voulant défier ce pistolero de Beauregard, vont se ramener, avec cet art du portrait, chez le maître italien, qui donne un tempo "pianissimo",

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fixant ces visages mal rasés, 

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et ces outlaws aux yeux bleus, 

 

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le bleu, qui sera le fil conducteur chromatique du film !

Ici, ce n'est pas une "femme à sa fenêtre", procédé narratif que Leone stigmatisait comme inutile, mais un enfant, qui de ses quelques années, aperçoit, le premier, ce trio de "traîne-savate".

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Chez ce barbier maîtrisé,

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dans un silence de cathédrale, c'est Steve Kanaly, futur Ray Krebbs, dans la série culte Dallas

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qui va essayer de duper Jack Beauregard, comptant y faire son affaire avec une lame de rasoir bien affûtée !

 

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Mais Beauregard n'est pas né de la dernière pluie, et la gâchette américaine aura sa barbe faite, à l'aide d'un Colt bien placé, 

 

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dans un singulier silence, 

 

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et une attente oppressante,

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qui se résoudra dans un duel final vite réglé, par un Beauregard enfin rasé !

 

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Scène d'ouverture interminable et emphatique, dont Leone a le secret, sans dialogue, avec une caméra qui portraitise des personnages immobiles, qui se meuvent, parfois, dans une langueur monotone, tableaux ponctués par des bruits prosaïques, ici le caquètement d'une poule, là le son d'une lame sur une peau mal rasée. Mais ici, la scène d'ouverture posera le paradigme du pistolero, homme seul et sans famille, au prise avec des cow-boys belliqueux, prêts à tout pour se mesure à une légende de l'Ouest !

Scène d'ouverture, clin d'oeil à Il était une fois dans l'Ouest, à laquelle succède un autre passage, au registre plus comique, contraste typique du western italien, qui peut passer du tragique à la comédie sans barguigner ! C'est Personne/Terence Hill,

 

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acteur sur-signifié par son rôle de Trinita, facétieux héros du western spaghetti, qui indique que "Mon nom est personne", naviguera aux frontières de la comédie, registre qui déplaît souvent aux fans du pur western classique hollywoodien !

Jack Beauregard, un nom qui sied bien aux yeux océans d'Henry Fonda, qu'aimait tant Leone

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et le curieux Personne, aventurier odysséen, vont se croiser autour d'un poisson, 

 

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puis dans un saloon où le prodigue individu, 

 

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en mangeant son plat d'haricots, et au grand étonnement de Beauregard

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se fait le dépositaire de l'histoire mouvementée et plombée, du vieux pistolero

Tout le film va alors tourner entre la relation Personne//Beauregard, entre le maître, fatigué, 

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et l'élève admiratif, 

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dans un numéro de duettistes et une floraison de bons mots qui finiront par deux trous dans un chapeau, 

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et une complicité nouvelle, face à une "horde" très "Pékine Païenne",

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hommage de l'italien au vieux borgne américain, qu'était Sam Peckinpah, apôtre défroqué du réalisme westernien et esthète d'une violence qui rompra avec le style classique. Autour du mano à mano Personne//Beauregard, vont alors se déployer des personnages pittoresques, comme l'Anguille

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grotesque cow-boy qui sera vite le faire-valoir de Terence Hill, dans la fameuse scène du "tirage" des verres à whisky, 

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et donnera l'occasion au facétieux Personne de ridiculiser un homme de main, 

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du méchant et retors Jean Martin,

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qui tentera de soudoyer, en vain, le bon samaritain !

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Action, alors, qui va tomber dans un délire réjouissant, relevant des pieds nickelés, avec un Personne s'en donnant à coeur joie, 

 

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distribuant gifles et gnons à tire-larigot, pour le plus grand plaisir du spectateur, sous le regard hilare d'un vieux marigot !

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Un Personne aussi leste avec ses poings qu'avec sa langue, capable de narrer, avec expressivité, 

 

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la fable du coyote et de l'oisillon,

 

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ravissant un auguste public, 

 

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avec ce petit vieux, à la ganache incroyable, américain retraité, qui vivait dans la région d'Almeria, où fut tournée le film !

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Typique du cinéma italien, capable de traiter de sujets graves avec une légèreté pétillante, Leone alterne entre le grand guignol et la réflexion quasi philosophique, brodant autour des affres de la célébrité, fardeau que ne peut plus supporter un Jack Beauregard fatigué, 

 

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et dont rêve le facétieux Personne !

 

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Une dernière fois, le vieux cow-boy épuisé, donnera un dernier récital, 

 

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sous le regard malicieux du roué Personne

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qui roula un  conducteur de train fellinien !

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Seul contre la Horde, Leone, dans une orgie d'explosion, 

 

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narre le dernier baroud d'honneur du futur retraité, qui se finira autour d'un bon plat de ...fayots !

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Il restera à scénariser le dernier duel, Personne

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contre Beauregard

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match arrangé, sous l'oeil des photographes, pour permettre au vieux Jack, d'enfin disparaître,

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pour une retraite bien méritée, 

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laissant à Personne

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le soin de se taper des faux barbiers, 

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qu'il neutralisera à sa façon ...

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Western réjouissant, entre farce et conte philosophique, Leone nous amène sur les rivages janusiens de la comédie à l'italienne, dans un western délirant qui tranche de sa production précédente. Bourré de clins d'oeil cinéphiliques, de la tombe d'un certain Peckinpah à la scène d'ouverture très "Il était une fois ...", agrémenté de portraits pittoresques, qui font de Leone un Titien prosaïque, le maître italien, au travers des regards bleus du duo Hill//Fonda, évoque les relations entre la grande et la petite histoire, la fascination de la célébrité et la construction de la réalité par les médias. Henry Fonda, en pistolero fatigué, nous brosse un Jack Beauregard lucide et désabusé, amusé par le brio d'un Personne, lutin admiratif qui veut surpasser le maître. Ce film sur les affres de la célébrité, métaphore sur la fin du western hollywoodien, aux héros positifs et aux messages moralisateurs, est à comparer au crépusculaire Le dernier des géants, de Don Siegel, avec John Wayne, qui traite du même thème avec une approche beaucoup plus classique.

Avant de mirer l'histoire du coyote et de l'oisillon, répondez à ce QUIZZ sur Terence Hill.

 

 


 







 


 


 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 14:44
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En 2007, les frères Cohen, Joël et Ethan, sortent un polar tiré d'un roman de Cormac McCarthy, No country for old men.

Dans la ligné d'un Plan simple, de Sam Raimi, ancien collaborateur des célèbres frères, No country narre la rencontre, improbable, dans le désert, entre un texan chasseur, Llewelyn Moss,

 

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et quelques cadavres de narcos, qui se sont entretués,lors d'un deal qui a mal tourné !

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Beaucoup de cocaïne, mais pas d'argrent !

 

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Moss, qui n'a pas perdu son sens de chasseur, suit des traces sanglantes, 

 

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d'un des narcos, qui s'est abrité sous deux arbres solitaires, 

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occis par une balle. Un sac plein de dollars, 

 

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repose auprès du narcos mort !

 

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En parallèle, un autre personnage, curieux et inquiétant, Anton Chigurh,

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sème la mort sur les routes avec une singulière arme !

 

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Les deux protagonistes vont se croiser un peu plus tard, avec un Moss qui, plein de remords, va, la nuit, refaire un tour sur les lieux du massacre, se faisant prendre en chasse par des potes des narcos, 

 

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et un Chigurh, engagé par les narcos, pour récupérer l'argent, aidé par un petit émetteur caché dans le sac bourré de talbins,

 

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un course-poursuite arbitré par un shériff fatigué, joué par Tommy Lee Jones.

 

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Commence alors un "road movie" à travers le sud des USA, entre un Moss qui fuit la probable vengeance des narcos marris, et un Javier Bardem, psychopathe imperturbable, qui traîne sa grande carcasse sur les routes désertes,

 

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effrayant des vieux pompistes, 

 

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trucidant, au hasard, des routiers texans, 

 

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s'arrêtant dans des motels fatigués,

 

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à la recherche de l'argent perdu !

 

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Les films des frères Cohen narrent souvent des destins d'homme du peuple, confrontés à des situations extraordinaires, infra-histoires qui comme l'Ecole des Annales, s'éloignent des sommets étatiques et des grands hommes pour s'attacher à la vie des gens ordinaires, des flics d'un petit bled du Montana, dans Fargo, à un coiffeur mourant d'ennui, dans The Barber, en passant par Arizona Junior ou The Big Lebowski. Chez les Cohen, il y a toujours ce tissu prosaïque de la triviale et monotone réalité qui se déchire avec l'arrivée de personnages inquiétants, les tueurs tarés de Fargo ou  ce serial-killer d'Anton Chigurh, psychopathe au sourire inquiétant, 

 

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qui traque sans relâche ce brave texan de Moss, dépassé par l'argent qu'il a trouvé, par hasard, et qui fait oeuvre de ce bon sens, communément partagé, pour échapper à la justice "chigurhienne" !

 

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Mais Bardem, bras armé des narcos, imperturbable dans sa démarche macabre, ne pourra être arrêté par personne, ni par les flics, fatalistes et impuissants, 

 

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ni par la mafia, qui engage un autre tueur pour récupérer le magot !

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L'histoire des Coen n'est en fait qu'un prétexte pour naviguer sur les routes de la frontière mexicaine, peuplées de petites gens qui fleurent bon l'Amérique profonde, 

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victimes de la fureur tranquille d'un Chigurhqui plus que l'argent, se fait le bras armé d'une sorte de justice presque divine, frappant, implacablement, tous ceux qui lui résistent ou se mettent au travers de sa route !

 

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Il restera cet épicier ahuri qui jouera sa vie à pile ou face, sans savoir que la mort était là, mais que son jour n'était pas encore arrivé !

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Film quatre fois oscarisés, devant beaucoup à l'interprétation halluciné de Javier Bardem, No country s'inscrit dans la vision désanchantée qu'ont les Coen de cette Amérique consumériste et matérialiste, rongée par la cupidité et l'argent, ce dollar tout puissant qui a dévoyé les valeurs altruistes, rompu les solidarités humaines, projetant les individus dans des destins chaotiques qu'ils ne maîtrisent pas. No country renoue, aussi, avec le genre du "road movie", dans ces paysages d'une immensité infinie, renforçant cette impression d'humanité impuissante, face au "fatum" implacable, qui dirige le monde !

 


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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 06:21

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Wolfen est un film que j'ai vu lors de sa sortie en salle, en 1882, à Aix en Provence, car il avait eu le Prix spécial du Jury du Festival fantastique d'Avoriaz, aujourd'hui disparu, remplacé par le Festival de Gérardmer.

L'histoire du film, s'inscrit résolument dans la ville de New-York, acteur principal du long-métrage, que l'on toise, dès la scène d'ouverture,

 

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avec une vue superbe sur East River, et le skyline de Manhattan, les 2 tours du WTC barrant verticalement le paysage,

 

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du pont de Brooklyn.

 

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Dès l'incipit, Michael Wadleigh, connu pour son Woodstock, articule son oeuvre autour de deux pôles :

- la modernité de la vie urbaine, incarnée par New-York et les WTC, modernité qui se pare des oripeaux de la liberté mais qui produit une vie artificielle et matérialiste, sans âme.

- la tradition de la culture indienne, mise à l'écart par le monde moderne, qui est plutôt porteuse d'un message écologique, altruiste, en phase avec une nature que l'homme occidental a oublié, n'y voyant qu'une ressource a exploité !

 

Modernité et tradition vont donc s'opposer, dans cet opus fantastique par l'intermédiaire du loup, qui, comme l'indien, a été génocidé par l'homme blanc et qui ne sera que l'allégorie de cette tradition perdue.

La scène d'ouverture nous fait suivre une Cadillac, à Staten Island, dans laquelle le promoteur Christopher van der Veer, sirote son verre de Chivas,

 

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alors que sa jolie femme s'envoie de la farine dans les naseaux ! Le couple s'arrête à Staten Island, dans un parc où trône un moulin à vent, édifié, en 1625, par l'ancêtre Peter van der Veer,

 

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mais quelque chose rôde, dans le coin, face à la Statue de la Liberté.

 

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L'originalité de la scène et le changement de point de vue, puisque l'histoire est alors vue par un loup, qui tourne autour du couple et de son garde du corps, avec un effet visuel qui se rapproche d'une image thermique.

 

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Le garde du corps n'aura pas le temps de tirer sur la "chose", qui lui tranchera la main ...

 

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L'homme et la femme,

 

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subiront le même triste sort, avec une mise en scène qui prendra des accents "argentoesques" !

 

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Le décor est donc planté, par cette scène d'ouverture "sanglante" et mystérieuse, magnifiée par le décor monumental newyorkais !

Le lendemain, l'inspecteur Dewey Wilson, joué par l'ébouriffé, Albert Finney, et son chef,  Warren, découvrent le massacre.

 

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Les deux hommes s'orientent, à priori, sur la piste d'une action terroriste, ce qui n'empêche pas Dewey de ne penser qu'à grailler !

 

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On lui adjoint donc, pour mener l'enquête, une certaine Rebecca Nef, sortie tout droit de l'école de police, spécialiste en psychologie de la violence, et experte en terrorisme international, jouée par Diane Venora. La jolie demoiselle n'a pas l'air de couper l'appétit à ce butor de Dewey,

 

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grand fan de "junk food" !

 

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Curieux personnage, ce Van der Veer, qui dans son appartement de Manhattan,

 

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collectionnait un singulier tableau !

 

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Mais cette hypothèse d'un crime terroriste fait long feu, prétexte à Wadleigh à broder sur la rapacité des multinationales internationales qui pillent le tiers-monde. Le médecin légiste, l'aérien Grégory Hines,

 

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découvre un curieux poil sur une des victimes, qui ne peut être, aucunement d'origine humaine !

 

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 Pendant ce temps, dans un Bronx totalement ravagé,

 

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encore un des bienfaits de la modernité, un homeless subit un sort peu enviable ...

 

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Le Bronx, chancre purulent dans cette amérique richissime,

 

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attire donc nos deux enquêteurs,

 

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qui sont aimantés par une carcasse d'église, près de Charlotte Street,  lieu du crime.

 

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Curieux paradoxe que le rêve américain, entre Cadillac luxueuse et quartiers quasi-détruits, qui feraient plutôt penser à un pays en guerre !

 

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 Le changement de "focalisation" nous fait entrevoir la présence d'un animal, dans cette Eglise, qui toise, du clocher, nos deux policiers.

 

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Dewey aura une mauvais feeling, avec cette Eglise, et percevra une présence inamicale,

 

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faisant détaler notre duo !

Dans la nuit, alors que New-York s'endort,

 

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la mort frappera encore, sur le Brooklyn Bridge.

 

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 Le pont de Brooklyn, symbole de New-York, est entretenu par une société qui emploie des indiens, dont un certain Eddie Holt, activiste de la cause indienne qui a déjà fait de la prison, une bonne occasion, pour Dewey, de lui poser quelques questions sur le trucidé de la veille !

 

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En haut du Manhattan Bridge, l'occasion pour mettre, une nouvelle fois, en scène, le majestueux skyline newyorkais,

 

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l'inspecteur Dewey croise une vieille connaissance, Eddie Holt,

 

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personnage énigmatique qui sait peut-être quelque chose sur cette série de meurtres inexpliquée !

 

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Mais l'indien se montre évasif,

 

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s'exprimant par aphorismes difficilement comprénsibles qui attisent la curiosité de Dewey. L'occasion pour Wadleigh de creuser sur la culture indienne, peuple marginalisé par les blancs, victime de la modernité occidentale et qui essaie de ne pas couper avec sa tradition millénaire, de fusion avec la Nature. L'occasion pur l'inspecteur d'assister à une curieuse scène de transformation, avec un Eddie Holt, qui parcourt les berges de l'East River, nu,

 

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hurlant à la mort, comme ses autres délaissés du miracle économique occidental, les loups.

 

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Parallèle saisissant, entre le peuple indien et la horde de loups, les deux étant des guerriers, vivant en communauté, massacrés par la matérialisme européen, victimes d'un progrès technique qui a écarté ceux qu'il considérait comme inadaptables ou nuisibles. Dans le regard de Dewey,

 

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 l'effroi se conjugue à une certaine fascination,  et l'inspecteur comprend qu'Eddie est innocent, mais qu'il essaye de lui faire passer un message détourné !

Finney a appris, chez un naturaliste, que le poil retrouvé sur un des cadavres venait d'un "canis lupus" ou plus prosaïquement, d'un loup !

 

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Il organise, alors, une petite expédition nocturne vers l'Eglise en ruines, près de Charlotte Street, dans le Bronx,

 

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avec son pote Whittington, le médecin légiste.

 

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Le Bronx est désert, l'église, silencieuse,

 

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et Dewey, n'y tenant plus, décide d'aller inspecter l'édifice religieux, sous la surveillance de l'ami médecin.

 

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Mais une ombre se faufile dans les décombres, Whittington est regardé,

 

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un loup noir, gueule béante,

 

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ne laissera aucune chance au légiste !

Effondré par la mort de son ami, Dewey, abattu,

 

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cherche Eddie Holt, qu'il trouve dans un pub avec quelques amis, dont un vieil indien philosophe.

 

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A l'évocation de la mort de la mort de Whittington, attaqué par un loup, le chef aux cheveux blancs, lui répond par un féroce réquisitoire contre l'Amérique blanche, dont le progrès privilégie certains et en délaisse tellement d'autres, notamment les "loups" et les indiens, victimes de l'hégémonie matérialiste qui a détruit leur territoire et leur culture !

Aboulique, Dewey, figé, écoute la leçon du philosophe, devant un drapeau américain, rectangle de tissu symbole de l'impérialisme débridé des WASP.

 

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Il vient chercher une réponse à une situation incompréhensible, où la démarche rationnelle est vaine, s'en remettant à la sagesse de ce peuple indien immolé sur l'autel du progrès, mais qui a gardé une dignité sans pareille, résistant en se référant à la parole sacrée des anciens.

 

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L'inspecteur a compris l'attaque en règle, et  l'analogie avec les loups ... Le canis lupus défend simplement son territoire, un morceau du Bronx laissé à l'abandon par les hommes, et que Van der Veer voulait revitaliser par un projet immobilier !

Le peuple des loups est comme le peuple indien, vivant à la périphérie des hyper-centres, trouvant leur pitance dans des homeless alcooliques et malades, produits par cette société de consommation qui écarte les faibles.

La confrontation finale va être spectaculaire, entre le trio policier,

 

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et une meute de loups menaçante,

 

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 menée par un loup blanc.

 

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Comme dans les duels de Sergio Leone, les ennemis se fixent,

 

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les yeux dans les yeux,

 

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dans un défi ultime !

 

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Et Dewey comprendra que ces loups ne veulent que protéger leur territoire, contre la folie des hommes, passant d'une posture menaçante,

 

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à une attitude pacifique,

 

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comme pour implorer un pardon, à ce majestueux loup, pour les actions malveillantes des hommes.

 

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Film écologique, à sa manière, pamphlet contre la civilisation urbaine et technologique de l'occident tout-puissant, Wolfen, reste un film fantastique atypique, dans le sublime new-york, condensé urbain de la folie architecturale des hommes, dont la démesure contraste avec la simplicité du peuple indien, resté proche de la nature et du loup, en particulier. Ici, le loup n 'est que la figure allégorique du "paradis perdu", de cette nature oubliée par le progrès scientifique, qui reconquiert les marges délaissées des centres villes, peuplées de laissés pour compte, victimes de la société moderne.

Féroce pamphlet contre la société consumériste et matérialiste occidentale, Michael Wadleigh magnifie "Big Apple", avec ses vues panoramiques et ses plongées abyssales répondant à des gros plans léoniens, utilise un style, parfois "gore",  qui rappelle le "sanglant" Ar gento, sans jamais tomber dans le voyeurisme, varie, continuellement, les points de vue, entre l'américain moyen, l'indien et le loup, sans oublier une BO métallique qui élecrise l'ambiance ! Bref, vous aurez compris que ce Wolfen, est, pour moi, un petit bijou oublié, à acquérir d'urgence !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 06:27

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La clé de verre est une adaptation d'un roman noir de Dashiel Hammett, paru en 1931, réalisé par Stuart Heisler, en 1942,

 

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cinéaste plutôt mineur qui mis en scène, néanmoins, quelques beaux films noirs, comme la Peur au ventre, en 1955, avec Jack Palance et Shelley Winters.

Typique des romans d'Hammett, la clé de verre narre les moeurs corrompus des politiciens américains, et plus précisément d'un certain Paul Madvig, joué par l'inoxydable Brian Donlevy,

 

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tombé, comme ses comparses, sous le charme d'une belle blonde, Janet Henry, interprétée par Veronica Lake,

 

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qui se permit de gifler l'édile en public !

 Mais Madvig à d'autres chats à fouetter, avec un certain Nick Varna, truand gominé qui se ramène chez lui, pour négocier quelques protections,

 

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surveillé par Ed Beaumont, l'homme de main du politicien, joué par Alan Ladd.

 

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Mais la discussion tourne court, et les deux hommes vont se quitter en froid ...

Tout ce petit monde va se retrouver chez le sénateur Henry, où Madvig va retrouver la blonde gifleuse, fille de l'édile,

 

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et accessoirement, future petite amie de Brian Donlevy. C'est lors de cet apéro mondain, que Janet et Ed vont se rencontrer,

 

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envoûtant de son asymétrique regard, ce blond de Beaumont !

 

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On aura compris que l'histoire sera marqué par ce ménage à 3, composé de Madvig, le vieux politicien, sa poule, Janet Henry et Ed, le blondin, les deux derniers se travaillant du regard pendant tout le film !

 

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Mais la vie n'étant pas un long fleuve tranquille, une autre amourette, entre le fils du sénateur Henry et la fille de Madvig, ne plaît guère aux politiciens, la donzelle étant bien trop jeune et le jouvenceau bien trop picoleur.

 

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Macabre rebondissement, le torturé Taylor Henry est retrouvé allongé sur le macadam, juste après avoir quitte sa belle, devant la maison de Madvig ...refroidi à jamais ... L'annonce de la mort du bellâtre, par Ed Beaumont à son patron, ne fait ni chaud ni froid à l'ex-futur beau-père qui continue à se brosser les dents comme si de rien n'était !

 

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Ed et les autorités ont un doute ...serait-ce un père possessif et autoritaire qui aurait fait tuer un prétendant à sa fifille ?

 

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Pour Janet Henry, la soeur du trucidé, la responsabilité de Madvig ne fait aucun doute dans la mort de son frère,

 

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et certaines lettres anonymes sont révélatrices de l'opinion générale !

 

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Le décor est donc planté et le long-métrage va naviguer entre 3 axes :

- le ménage à 3, Madvig, Janet et Ed, et savoir si l'amour entre les deux derniers aura raison de l'amitié entre Donlevy et Alan Ladd.

- les relations houleuses entre Madvig et Varna.

- découvrir qui a tué Taylor Henry.

 

A noter que dans le dernier axe, la police est quasiment absente de l'histoire, et que c'est surtout l'homme de main du politicien véreux, Ed Beaumont, qui va se charger de l'enquête officieuse, malgré les doutes qui pèsent sur la culpabilité de son patron et ami, Madvig !

 

Alan Ladd fait donc feu de tout bois, téléphonant aux uns,

 

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charmant les autres,

 

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notamment si ces autres portent un jupon,

 

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et va se griller des tonnes de cigarettes,

 

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pour calmer ses nerfs à vifs !

 

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 Ed Beaumont ne sait plus quoi penser ...Son amitié pour Paul, tend à l'innocenter et son amour naissant pour Janet ne lui est que peu de secours devant les suspicions de la belle à son endroit ...

 

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Surtout qu'il sait, désormais, que c'est Janet qui a écrit la lettre anonyme, l'accusant, implicitement, du meurtre de son frère ...

 

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puisque celle-ci est prise en flag de pianotage !!

 

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Mais les considérations amoureuses restent futiles, par rapport au conflit entre Madvig et Varna, le mafioso gominé, avec sa bande de tueurs peu amène !

 

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Ed le "brave", va aller affronter cette bande rivale, n'hésitant pas à défier du regard l'élégant Varna !

 

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A 5 contre un, Ladd ne sera pas de taille, et passera un salle moment avec les hommes de main du Parrain, notamment avec cette trogne de William Bendix qui cognera dur le jeune premier.

 

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Mais Ladd s'en sortira avec quelques ecchymoses, et se rabibochera avec la belle ...

 

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 Bravache, Ed, le blondin, ira de nouveau défier cette brute de Farr,

 

 

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lui offrant quelques coups à boire en sonnant le garçon,

 

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 et maîtrisant le butor psychopathe !

 

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Comme dans les romans d'Agatha Cristie, le coupable du meurtre de Taylor est celui que l'on soupçonnait le moins, et Varna éliminé, il reste l'histoire entre Alan Ladd,

 

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et Veronica Lake,

 

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entre un Ed expliquant à Janet,

 

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que son amitié envers Madvig, l'officiel de la belle, l'empêche de toute relation durable, à part ce dernier baiser ...

 

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Mais le vieux politicien, magnanime et résigné, a compris l'amour liant les deux tourtereaux,

 

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et les laisse vaquer à leur idylle naissante !

 

2nd film (sur 7 !) réunissant le couple mythique, dans les années 40, Alan Ladd et Veronica Lake, qui finiront tous les deux alcooliques, la clé de verre s'inscrit dans la thématique hammettienne de dénonciation de la corruption des édiles politiques américains, le crime initial et l'enquête, n'étant qu'un prétexte pour évoquer cette réalité peu reluisante. Le roman noir, inauguré par Hammett, transcende la simple énigme à la Agatha Christie, dont l'histoire se résumait à la seule recherche du coupable, pour inscrire ses histoires dans la réalité politico-sociale de l'Amérique de l'entre-deux-guerres, marquée par  la cupidité de ses édiles. Les autres thèmes hammettiens de la clé de verre sont plutôt machiste, avec l'amitié indéfectible liant Madvig et Beaumont, le second refusant de trahir son ami pour l'amour de Janet, et mysogine, avec une vision de la femme, grande tentatrice des coeurs, vampires charnels prêts à se donner au premier venu, qui s'inscrivait bien dans cette tradition judéo-chrétienne de la femme exclusivement charnelle, qui emporte l'homme sur le terrain exclusif de la passion ! 

Sans être un chef d'oeuvre, La clé de verre est une oeuvre assez moderne sur le plan des moeurs, avec cet arrière-plan adultérin récurrent, qui défiait ouvertement le code Hays ! Le duo Alan Ladd//Veronica Lake, qui seront réunis dans 7 longs-métrages, dans les années 40,  preuve de leur efficacité, fait ici florès, les deux acteurs s'accordant bien au niveau des hauteurs respectives ...puisque Ladd ne faisait que 1,63 m, mais Veronica elle, ne mesure qu'1,51m !

Quant à Dashiel Hammett, le romancier sera victime du McCarthysme et ses ouvrages mises à l'index ...La grande époque du film noir américain allait connaître une parenthèse, après-guerre !

 

Un petit QUIZZ sur la carrière d'Alan Ladd.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 18:49

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Produit par Howard Hughes et Howard Hawks, en dehors des grands studios, le film, eut du mal à se monter, puisque ces derniers mirent des bâtons dans les roues aux deux francs-tireurs, ce qui peut expliquer un casting de second ordre, Paul Muni, jouant le rôle de Scarface, n'étant pas un astre d'Hollywood !

Le générique commence sur un curieux message, véritable pamphlet anti-gangster qui met en cause le gouvernement de Hoover !

 

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Le ton est donc donné, dès le début, avec une attaque en règle du gouvernement, une sorte de choix politique assumé, juste avant les élections présidentielles de 1932, qui verront Franklin Delano Roosevelt engager son premier mandat.

La scène d'ouverture restera célèbre pour son dépouillement et ses effets de caméra, jouant sur l'implicite et le non-dit, puisque du meurtrier, seul un sifflement et une ombre le caractériseront.

Dans la 22nd Street,

 

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une silhouette inquiétante rôde,

 

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elle ira, nonchalemment, à sa malheureuse victime, Costillo, un caïd de la pègre...la guerre des gangs aura bien lieu !

 

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J'avoue que je ne connaissais guère ce Hawks styliste, qui, après la guerre, utilisera moins de fioritures pour narrer son action ! Très rapidement, le spectateur pressent que Tony Carmonte, le "balafré", joué par Paul Muni, doit y être pour quelque chose,

 

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comme le  pense la Police ! Mais Muni, légèrement provocateur,

 

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nargue les forces de l'ordre,

 

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 et se paie la tête d'un inspecteur, intouchable qu'il est !

Car Tony Carmonte, tueur au service de Johnny Lovo

 

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est là pour faire le ménage, mu par une ambition sans bornes, symbolisée par ce luminaire qui fait face à sa demeure ...

 

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Avec son acolyte, Guido Rinaldi, joué par l'élégant George Raft,

 

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et malgré les menaces,

 

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Scarface va faire régner la terreur pour imposer les désirs de son patron !

 

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Au cours d'une scène mémorable, réunissant Lovo et d'autres bootleggers

 

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, où Hawks se livre à une série de portraits léonesques,

 

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le boss et son adjoint Scarface, vont s'imposer comme les patrons de la ville !

 

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Un superbe exercice de style, qui me rappelle les portraits du Titien, une série de trognes gangsteriennes dont un Lautner s'inspirera, beaucoup plus tard !

Mais le monde des gangsters a ses propres lois qui n'ont rien à voir avec le Droit ...et les résistances vont déchaîner la furia du "balafré",

 

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véritable psychopathe, qui se sert de sa mitraillette en rillant aux éclats, image diabolique que Hawks donne des gangsters italiens ! Car le réalisateur américain enfoncera le clou, dans son scénario, en faisant dire à un juge que tous ces gangsgters qui grangrènent la cité, sont des étrangers, un stigmatisation de la population d'origine italienne qui traduisait un certain racisme ambiant, dans les USA des années 30.

Tony Carmonte nettoie la ville et monte en grade, et la soie et les barreaux de chaise,

 

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remplaceront le mauvais tissu et les clopes bon marché ! Mais la violence de Scarface, irrépréssible,

 

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l'élimination de Gaffney, l'irlandais, joué par Boris Karloff,

 

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l'attitude sans ambiguité que le "balafré", tout puissant, a avec la poule de son boss,

 

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vont sceller le début de la fin pour Scarface. Johnny Lovo, débordé par la violence de son subordonné, essaiera de l'éliminer, mais, échouant, il sera occis par le pistolero !

 

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Perdant toute mesure, enragé par les infidélités de sa soeur, dimension inscestueuse du personnage qui transparait clairement, Carmonte tue alors son meilleur ami, Guido Rinaldo, coupable d'avoir couché avec la belle ...On ne transige pas avec l'honneur !

 

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Poussé par sa folie meutrière, Scarface finira alors dans un feu d'artifice hystérique ! 

 

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 Servi par un extraordinaire Paul Muni, sauvage et élégant, mi-ange, mi-bête,  qui joue un gangster italien à la violence hystérique, figure diabolique de l'étranger qui corrompt les vraies valeurs américaines, Scarface, qui aura vécu par l'épée, périra par l'épée ! Il faut noter que la censure de l'époque, dirigée par le Code Hays, découpera méchamment le film, pour aseptiser cette histoire amorale ! Du reste, de 1947 à 1980, le film sera quasi-invisible aux USA, victime de sa réputation et de producteurs peu aimés par le milieu, notamment Hughes !

Au-delà de l'histoire, Scarface donnera l'occasion à Hawks de donner sa pleine mesure, en jouant sur les points de vue esthétique, abusant de gros plans-portraits, utilisant, avec bonheur, la métonymie, suggérant la violence plutôt que la montrant,

 

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et narrant son film avec des effets de style qu'on ne lui connaîtra plus vraiment, par la suite, faisant de Scarface, un véritable chef d'oeuvre formel, un peu atypique dans l'oeuvre du réalisateur américain.

Quant à Paul Muni, véritablement génial, dans cet opus, on pourra s'étonner du peu d'éclat que sa carrière aura, par la suite, malgré un Oscar pour le rôle de Louis Pasteur (sic).

La scène d'ouverture, mythique, avec ce curieux message des deux producteurs, instrumentalisant l'histoire à des fins politiques ...

 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 08:39

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Voilà 55 ans que James Dean s'est éteint sur une route de Californie, au volant de sa Porsche 550 Spyder,

 

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heurté par le Ford Sedan de Donald Turnuspeed.

 

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Mort absurde car purement hasardeuse, qui frappait de plein fouet la nouvelle star d'Hollywood, du haut de ses solaires 24 ans ! Car Jimmy venait de tourner, coup sur coup, trois films qui l'avaient fait entrer dans la légende.

C'est en voyant l'acteur jouer dans L'immoraliste, pièce tiré d'un roman d'André Gide, narrant les émois homophiles d'un jeune européen au Maghreb, qu'Elia Kazan, génial réalisateur qui sauva sa carrière en balançant quelques connaissances au sénateur Mc Carthy, donna le rôle du jeune homme torturé, Cal Trask, à James Dean ! Intuition géniale de la part de fils de marchand de tapis grec, qui avait tout de suite pressenti que l'âme tourmentée du jeune américain correspondait parfaitement au profil du rôle, post-adolescent mal-aimé de son père et qui fit d'A l'Est d'Eden, en 1955, un film culte à l'insu de son plein gré !

 

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L'opus de Kazan collait parfaitement à l'air du temps qui voyait poindre de nouveaux acteurs sociaux, les jeunes !

 La même année Nicholas Ray enfonça le clou, avec la Fureur de Vivre, film étendard de toute une juvénile génération, celle des bagnoles et des blousons noirs, de la vitesse et de l'aventure, du drive-in et de la drague, que complètera Elvis, trois ans plus tard !

 

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La Fureur, c'était "Salut les copains", 10 ans plus tôt, la consécration de cette jeunesse consumériste qui s'opposait au moralisme vieillot des parents, un hymne à l'amour version US, une revendication du bonheur s'opposant au conformisme bourgeois, c'était un James Dean ambigu, lové par le concupiscent regard de Nathalie Wood

Car autant Brando, quelques années auparavant avait explosé grâce à sa virile sensualité, autant le charme de Jimmy s'appuyait sur une fragrance fragilité ! Marlon était le dur à cuire, Dean l'éphèbe sophistiqué, Brando le "bad guy", de l'équipée sauvage, James le minet tourmenté,  deux rôles qui se complétaient à merveille dans l'imaginaire de l'époque, et qui faisait que certains étaient plutôt Brando alors que d'autres se la jouait Jimmy !

 

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Si la Fureur consacrait la montée en puissance de la culture adolescente, Géant, l'année suivante, saga texanne et grosse production hollywoodienne, consacra James Dean comme un acteur "bankable" et le sortit  de ses rôles d'adolescents attardés !

 

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Jimmy passait de la presque pré-pubère Nathalie Wood à la très expérimenté Liz Taylor, et les agapes adolescentes se transformèrent en affaire de gros sous, narrant l'agonie des grands propriétaires texans face aux rois du pétrole. Des mutations socio-culturelles évoquées dans la Fureur aux évolutions économiques de Giant, ce rôle fit grandir James Dean, désormais débarassé de ses oripeaux juvéniles ! 

Film testament, aussi, puisque l'acteur se tua deux semaines avant la fin du tournage, dans un excès de vitesse qui le caractérisait tant !

Que reste-il aujourd'hui de James Dean ? Depuis qu'un de mes élèves m'ait avoué, à l'évocation de son nom, que ça devait être un joueur de foot de Premier League, je pense qu'il n'en reste plus grand chose, à part un Memorial peu visité, à Cholame,

 

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et quelques effigies, assez rares, imprimées sur des T-Shirts improbables ...Mais ce n'est pas plus mal ...Il vaut mieux être discrètement oublié, que revisité par les marchands du temple, qui ont transformé Elvis en concept publicitaire ou le Che en étendard de la révolte adolescente fumeuse d'herbes de Provence !

Le souvenir de James Dean s'estompe doucement, balise mémorielle des années 50 qui s'éloigne sûrement, emportée par le vertige du temps !

Je trouve qu'il a un peu des airs de Delon, jeune ...

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 13:59

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En 1947, Henry Hathaway a déjà roulé sa bosse à Hollywood, puisqu'il tourne en boucle, depuis 1932, des westerns de série B avec en prime, Les 3 lanciers du Bengale, en 1935, avec Gary Cooper. C'est alors que le célèbre producteur Mark Hellinger l'appelle pour lui faire réaliser Kiss Of Death ou Le Carrefour de la Mort. Hellinger, journaliste de formation, aime inscrire ces histoires dans la verticalité des cités américaines, et notamment dans New-York, ville dont il est originaire.

 

Le producteur arrive à engager Victor Mature, qui a joué les orientaux dans Shangaï Gesture,  de Von Sternberg, avec la sublime mais fragile Gene Tierney, et il sort juste du rôle de Doc Holliday dans La poursuite infernale de John Ford, pas vraiment la version que je préfère ! Il lui adjoint un jeune premier, blondinet au regard noir et au rictus pervers, un certain Richard Widmark.

Mature//Nick Bianco, le cambrioleur,

 

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au chapeau mou, tombe pour une affaire mal ficelé et se retrouve au violon,

 

Kiss of death, Widmark et Mature en cellule

 

 

 

dans la même cellule qu'un certain Tommy Udo, blondin gominé au regard fiévreux ! Mais Nick ne veut pas finir sa vie en taule, loin des siens, aussi entre le carcéral honneur et la balance festive, il choisit la seconde voie, choisissant de balancer ses partenaires d'un jour, pour retrouver ses filles et la vie.

 

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Mais voilà, le milieu a ses raisons que le coeur ne connaît pas et un tueur est envoyé demander quelques comptes à Bianco.

 

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C'est dans le rôle du tueur psychopathe, Tommy Udo, au regard fou,

 

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que Widmark va alors marquer les esprits et faire florès. Car Udo, ange de la mort, ne recule devant rien, même pas à balancer une petite vieille dans l'escalier,

 

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Bianco est donc prévenu !

 

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Tommy le menace,

 

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mais Nick reste impertubable.

 

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Il vaut mieux, car la duplicité du sombre Tommy peut-être mortelle,

 

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et sous ses apects sociables,

 

 

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se cachent un redoutable tueur !

 

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Nick ira donc affronter le tueur ricanant qui est Udo, dans une sorte de duel singulier qui clôturera l'histoire.

On retiendra donc les inquiétantes images de New-York, ville partie prenante de l'histoire et surtout, la fantastique composition de Richard Widmark, en tueur pervers, qui marquera l'histoire du film noir. Quant à Victor Mature, il sera bientôt plus à l'aise dans ses rôles bibliques de Samson à Marcellus, pouvant exploiter son physique hors norme ! 

 

Un petit QUIZZ sur la carrière de Richard Widmark, pour la route et enjoy the Tommy Udo's smile !

 

 

 

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