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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 12:44



Le 8 novembre dernier, Alain Delon fêtait ses 74 ans, et ses 43 de cinéma ! Presqu'un demi-siècle que le bel Alain gambade dans le cinéma français, depuis un certain Quand la femme s'en mêle, en 1957, d'Yves Allégret.
Rien ne prédisposait le jeune Delon a faire le comédien, de sa Bourgogne natale. Le jeune Alain va, dans un premier temps, travailler dans la boucherie-charcuterie familiale, à Bourg-la-Reine. A l'étroit dans le commerce de la viande, le jeune homme rêve d'horizons lointains et s'engagera à l'âge de 17 ans, dans l'armée, partant pour l'occasion en Indochine. Le matelot ne va connaître que l'agonie de la présence française en Asie du sud-est, la guerre se terminant juste après le désastre militaire de Dien Bien Phu. En 1954, retour dans l'hexagone pour le jeune militaire, mais pas question de revenir dans les saucissons et les pâtés, le bel Alain, comme Lucien de Rubempré, préfèrera monter à l'assaut de la capitale, avec son physique de jeune premier. Et c'est une actrice, Brigitte Auber, qui va lui mettre le pied à l'étrier.


Le film d'Allégret lance donc l'apollon dans le grand bain du cinéma, avec un autre jeune espoir du cinéma français, Bruno Cremer.



L'année suivante, ça sera la rencontre avec Romy Schneider, un coup de foudre sur le plateau du film Christine, produit par Marcel Dassault, avec pour chaperon Jean-Claude Brialy. Le long-métrage ne restera pas dans l'histoire du cinéma, alors que le couple Delon-Schneider entrera dans la légende !



Les années 60 vont être les années de la consécration ! C'est René Clément qui va faire de Delon une star, avec Plein Soleil, en 1960, magnifiant la plastique du jeune premier voguant sur les flots océaniques.



Quelques mois après et ça sera Rocco et ses frères, tourné en Italie, sous la direction de Luchino Visconti, film où il liera un pacte d'amitié avec Renato Salvatori.





En 1962, Delon continue sa carrière transalpine entre les mains de Michelangelo Antonioni, dans L'Eclipse, où il joue le rôle d'un trader amoureux de Monica Vitti, dans une Rome mystérieuse et lointaine.



En 2 ans, ce jeune premier inconnu qui ne valait que par sa plastique, atteint le firmament du 7eme art avec 3 films désormais légendaires. Alain a 27 ans, et est déjà une star internationale devant lequel se pame la gente féminine et les cinéphiles de tous les pays !
Mais la geste delonienne est loin d'être finie ! 1963 sera un grand crû. En tournant Mélodie en sous-sol, avec Jean Gabin, Delon rend la pareille à un monstre sacré du cinéma français d'avant-guerre, sous la direction d'Henri Verneuil, dans le rôle du gangster qu'il déclinera souvent, dans sa carrière. Adoubé par les vedettes des années 30 (notamment Viviane Romance, qui avait envoûté Gabin dans La belle équipe), Mélodie ...consacre définitivement Delon comme une grande vedette hexagonale !



Une fin originale sur la musique de Michel Magne.



Consécration française, reconnaissance internationale avec le chef d'oeuvre de Visconti, Il Gattopardo, où Delon joue un superbe Tancrède, virevoltant autour de la belle Claudia ! L'opus viscontien accrochera la Palme d'Or, sur la Croisette, en ce printemps 1963, faisant de Delon une nouvelle étoile brillant de mille feux au firmament du 7eme art !

 

Delon retrouve alors la Riviera, sous la direction de René Clément, film dans lequel il séduira Jane Fonda.



Hollywood fait alors les yeux doux à l'acteur français, et le bel Alain fera deux films à Los Angeles, Les Tueurs de San Francisco de Ralph Nelson, en 1965,



où il croise la route d'Ann Margaret, et d'un acteur sur le déclin, Van Hefflin, et un western improbable, l'année suivante, A nous deux, Texas, où il a comme partenaire le crooner Dean Martin.



Intermède américain qui ne restera pas dans les mémoires, rendez-vous m manqué avec Hollywood, que Delon quittera sans regrets !
Après le rôle de Jacques Chaban-Delmas dans la super-production internationale, Paris brûle-t-il, dirigée par une vieille connaissance, René Clément, c'est Jean-Pierre Melville qui offre à l'acteur, un de ses plus beaux rôles, celui du Samouraï.





Dans un silence assourdissant, bercé par la musique de François de Roubaix, Delon se contente d'être un tueur méthodique et hiératique, un moine-soldat des temps modernes qui a troqué la bure monacale contre l'imper blanc !
Il faudra attendre deux ans, pour le voir rejouer les amoureux transis, dans La Piscine, où le Delon producteur imposa Romy Schneider, ancienne fiancée toute heureuse de retrouver le bel Alain. Les retrouvailles entre les deux anciens amants seront solaires.


Dans la foulée, il réendosse le rôle d'un gangster, Roger Sartet, engagé par Vittorio Manalese, joué par Jean Gabin, et chassé par l'inspecteur Le Goff, interprété par Lino Ventura, dans un summum du polar à la française, Le clan des siciliens, qu'Ennio Morricone va immortaliser dans une ritournelle lancinante.


Grand succès populaire, Delon va alors produire Borsalino, avec son alter ego hexagonal, Jean-Paul Belmondo,



mais, encore une fois, c'est Jean-Pierre Melville qui lui offrira un superbe rôle, dans le crépusculaire Cercle rouge, où il retrouvait Bourvil, Yves Montand, et Gian-Maria Volonte.


Terribles années 70, pour le 7eme art, avec une télévision qui monte en puissance et qui relègue le cinéma dans des salles obscures trop souvent miteuses, que fuit un cinéphile devenu téléspectateur. C'est une période difficile pour les dieux de l'écran, soudain sécularisés par la petite lucarne, perdant leur aura sacré de héros de la pellicule pour retomber parmi les hommes ... Décennie difficile pour Delon, qui concentre deux casquettes, celui de producteur et d'acteur, prenant peu de risques, exploitant sa notoriété en évitant des concurrents pouvant lui faire de l'ombre ... Les seventies furent un rendez-vous manqué pour l'acteur, qui évita la génération montante, les Depardieu et Dewaere, tournant trop souvent sous la direction de réalisateurs complices, un peu comme Belmondo, et alignant des longs-métrages plutôt médiocres, qui font faire vaciller la star. Quelques éclairs trop rares pour sauver cette décennie du naufrage, une belle rencontre avec Signoret, en veuve Couderc, un beau duo avec Jean-Louis Trintignant dans Flic Story, un Mr Klein désespéré,



mais bien trop peu pour égaler ces années 60 bénies des dieux. Delon se sent orphelin, de René Clément, de Luchino Visconti ou de Jean-Pierre Melville, des maîtres qui ne sont plus, qui ne peuvent plus le guider.
Les années 80 seront dans cette lignée, malgré un retour sur le devant de la scène avec quelques polars bien ficelés, mais qui n'égaleront pas les opus melvilliens, laissant le spectateur avec un goût d'inachevé, dans le souvenir ému des chefs d'oeuvre du passé. C'est pourtant un metteur en scène de l'après 68, Bertrand Blier,  de la nouvelle génération de cinéastes qu'il avait soigneusement évité, qui lui donnera un de ses rôles les plus poignants, dans Notre Histoire, où il jouera le rôle d'un looser alcoolique, qui donnera à Delon son seul et unique César.
Alain Delon est un fils du cinéma qui fut trahi par la télévision, victime de la petite lucarne et de son hégémonie visuelle, mais il fut aussi l'orphelin désespéré de quelques réalisateurs géniaux, de Visconti à Melville en passant par Clément, qui laissèrent l'acteur dans une solitude créative qui lui fut fatale dans les 70-80. Il reste encore le souvenir du solaire éphèbe qui illuminait de sa seule présence, les films de ses années 60.
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Published by Tietie007 - dans Personnalité
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commentaires

grande pirogue 22/11/2009 19:44


trés bel article ponctué de bon et grand moment bravo!


alexandre clement 15/11/2009 23:57


Bon résumé de la grande carrière d'Alain Delon. Mais il y a un film important qu'Alain Delon aime beaucup et dont tu ne parles pas, c'est le film de René Clément "Quelle Joie de vivre !" où Delon
se convertit à l'anarchie et soutien le combat des prolétaires contre les affreux capitalistes.
Excellente comédie de René Clément !