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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 15:26



Hier nous nous faisions un plaisir d'aller voir le nouveau Tarantino. Sous cette température caniculaire, aller au cinéma à 14 heures alliait l'utile à l'agréable, celui de regarder un bon film au frais. La scène d'introduction, esthétiquement superbe, lançait la problématique du film, la vengeance d'une jeune femme juive, Shoshanna, contre l'impitoyabe chasseur de juifs, Hans Landa, joué par Christopher Waltz.


Terrible incipit qui se poursuit avec la présentation des Inglorious Basterds et d'un Brad Pitt surjouant,





 un parti pris de Tarantino, certainement, mais qui sonne faux ! Le boyfriend d'Angelina étant peu crédible dans le rôle d'un meneur d'hommes sans foi ni loi, très loin de la virilité méchante d'un Lee Marvin, dans les 12 salopards d'Aldrich, auquel le film fait implicitement référence.



L'arrivée du Führer sur l'écran n'arrange pas les choses. Personnage hystérique et grotesque, le père Adolf apparaît comme un débile éructant qui délire sur l'Ours golem ... Mauvais présage que ce registre de la farce, qui tranche totalement avec le dramatique début ... Surtout que juste après, une scène ultra-violente de scalpage et de bastonnage d'un nazi à la batte de base-ball, joue plutôt du registre du gore et du voyeurisme quasi sadique ! Dès le début, les registres sur lesquels pianotent Tarantino ne collent pas. Le long-métrage alterne le registre de la farce à la Lubitsch, à la To be or not to be,



pour ne pas dire à la Austin Powers (d'ailleurs Mike Myers joue dans le film),



et le film de guerre classique version Les 12 salopards ou Quand les aigles attaquent,



tout en maniant l'hyper-réalisme guerrier d'un soldat Ryan ! Multiplicité des registres qui vont rendre le film rapidement inaudible et inconsistant ...

Là où cela se gâte, c'est lors de la rencontre entre Emanuelle Mimieux, jouée par la transparente Mélanie Laurent,



qui n'arrive pas au mollet d'Uma Thurman, et le jeune héros allemand Frederick Zoller, dans un cinéma, prétexte à Tarantino pour rendre hommage à Pabst et Clouzot, avec des références à L'Assassin habite au 21




et au magnifique Corbeau, âge d'or du cinéma français, sous la collaboration,



petit jeu des clins d'oeil auquel ce cinéphile de Quentin, s'adonne souvent. Intertextualité qui ravira les cinéphiles, mais qui n'empêchera pas le film de sombrer dans l'incohérence.
D'un plan pour tuer les dignitaires nazis, dont on ne sait d'où il sort, avec des Basterds qui arrivent on ne sait comment sur l'affaire, à la scène de l'auberge, avec Diane Kruger,



qui n'en finit plus de ne pas finir, pour se conclure dans le grand-guignol, l'opus tarantinien continue à filer un mauvais coton !
L'action finale, totalement improbable, avec des Basterds ridicules et un plan pour tuer les dignitaires nazis totalement loufoque, cohabite avec une Soshanna vengeresse et un Tarantino qui plonge dans le film à gros message, moralisateur et neuneu, qui se concluera par le carnage final totalement incohérent !
Bref, ce n'est pas parcequ'on s'appelle Tarantino que tout ce qu'on touche se transforme en or et ce 7eme opus tarantinien est un gros et beau navet, qu'on oublie sitôt vu !

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Published by Tietie007 - dans Personnalité
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commentaires

Catherine 08/06/2011 20:09


Pas fan de Tarantino mais ce film, je l'ai bien aimé !


01/10/2009 10:12


Un film que j'ai préféré EVITER d'aller voir, déja que je n'apprécie que très modérément les précédents films de Tarantino qui semble radoter ses recettes. A voir en pire tout pire peut etre !!


alexandre clement 17/09/2009 06:40

Comme Antonioni, Tarantino filme le vide, mais c'est toujours son vide à lui. Il n'y a jamais rien dans un film de Tarantino. S'il passe pour un "auteur", c'est parce que la population des cinéphiles s'est totalement infantilisée.
Cinéma d'effets, c'est la continuation de Leone, avec des acteurs encore plus cabotins. Sa conception toujours minimaliste du scénario, l'absence de maturité des personnage correspondent assez bien à la définition post-adolescente du cinéma.
Personnellement, je n'ai pas encore vu le dernier Tarantino, mais je vais le voir pour pas qu'on dise que je cause sans savoir.

Tietie007 20/09/2009 09:02


Non, Leone est un cinéaste total, qui intègre la musique comme faisant parti intégrante de l'oeuvre cinématographique et qui a sorti le western ricain de l'ornière du
cliché et du doux ronronnement des mythes éculés ! Le western américain était une machine de propagande pour imposer les valeurs de l'Amérique puritaine et les italiens ont apporté une
bouffée d'oxygène à ce genre ultra-conservateur !
Mais on a déjà parlé de tout ça, et on ne se refait pas. Le western hollywoodien, pour toi, c'est ton enfance, lorsque tu allais voir une histoire de cow-boys avec ton père, c'est un
schéma qui t'a marqué au fer rouge et tu n'as vu, dans le spaghetti, que de la trahison et de la laideur par rapport au moralisme de son homologue nord-américain.
Pour Leone, tu es un peu de mauvaise foi, ll m'étonne que tu n'aimes pas Il était une fois en Amérique !
Pour Tarantino, tu as raison sur l'infantilisation des "cinéphiles", mais Quentin fait du cinéma, d'abord, pour les ados ! J'avais bien aimé son
Pulp Fiction, mais j'ai eu du mal avec Kill Bill et je dois dire que son dernier est assez consternant ! Tarantino caricature la référence Tarantino !


ARMELLE 24/08/2009 21:00

Je n'avais guère envie d'aller voir ce film dont les quelques images de présentation ne m'avaient pas emballée, mais après avoir lu cette excellente critique, qui me semble sonner si juste, j'y renonce. Merci de ta visite sur mon blog. Comme toi, je garde un grand souvenir des apparitions si savoureuses et bouleversantes de notre Annie Girardot nationale. Quelle actrice !

eelsoliver 22/08/2009 15:09

tu pourras constater que ce film a fait le débat sur mon blog: je suis également mitigé sur ce film mais de là à dire que c'est un navet, ça me paraît un peu exagéré. A noter que le film a fait l'objet d'une triple critique sur mon blog: je pense que tu te rapprocheras plus de mon avis.