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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:28


Dans un beau gîte suplombant Thonon et le lac Léman, je viens de finir La mémoire de ma mère de Giulia Salvatori, fille d'Annie Girardot et Renato Salvatori, évoquant la vie de ses célèbres parents.



Renato Salvatori, fils d'un carrier qui travaillait dans les célèbres carrières de marbre de Carrare, ne dut sa carrière qu'à un physique avantageux, remarqué par le cinéaste italien Luciano Emmer sur la plage de Forte dei Marmi alors qu'il faisait fonction de nageur-plagiste..
Commençant sa carrière cinématographique dans des films de série B transalpins, comme Yolanda, la fille du corsaire noir, de Mario Soldati, le beau Renato enfila les productions de 2eme zone juqu'à son rôle de Mario,dans Le Pigeon, de Mario Monicelli, en 1958, un des sommets de la comédie à l'italienne avec Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni sur un scénario de Age et Scarpelli.




Mais c'est le rôle de Simone, 2 ans plus tard, dans Rocco et ses frères, qui lui valut une consécration internationale, l'amitié indéfectible d'un certain Alain Delon 



et la rencontre avec Annie dont il fera sa femme jusqu'à la fin de sa vie.





Le jeune premier qu'il fut, au début des années 60, n'eut pas vraiment la carrière qui l'attendait, mais il faut dire que ce sacré personnage, au pif de boxeur, noceur invétéré, macho dans l'âme et grand joueur de poker devant l'éternel perçut avant tout le cinéma ,uniquement comme une activité pour trouver de la fraîche pour attaquer les tables de jeu. Le producteur Delon aidera bien son ami transalpin en le casant dans ses productions comme dans Flic Story, le Gitan ou Armaguedon, pour renflouer son ami italien, véritable panier percé qui avait un coeur gros comme ça !
Salvatori fit même un détour par la politique, poussé par Gian Maria Volonte, acteur engagé, aux antipodes de la personnalité salvatorienne, et fut un éphémère Ministre de la Construction dans un gouvenement de gauche non moins éphémère …
La mort le frappa en 1988, à l'âge de 54 ans, victime, certainement, d'une vie tourmentée par les femmes et le poker.
Sa fille Giulia avouera avoir du mal à retrouver son père dans ses films, puisque possédant un accent toscan à couper au couteau, l'acteur fut systématiquement doublé durant toute sa carrière sauf sur Armaguedon.




Annie Girardot commença sa carrière sous les meilleurs auspices, manucurant les mains d'un Jean Gabin dans Le Rouge est mis,



qu'elle retrouvera dans Maigret tend un piège et c'est donc sur le tournage de Rocco que la jeune comédienne, fille d'une sage-femme, rencontra le beau Beppe (Giuseppe était le vrai prénom de l'acteur).



Folle amoureuse de son Renato, elle alla même acheter un appartement place des Vosges , Paris, pour que son chéri de romain se sente comme à Rome. Mais il était hors de question que le romain parte de sa ville éternelle, et malgré un mariage en 1962, et la naissance de la petite Giulia, les deux époux vécurent très vite séparés, faisant chacun leur vie de leur côté, mais sans divorcer.

Annie, qui avait commencé par le meilleur, tourna beaucoup de films sans intérêts, par la suite, et connut enfin son pygmalyon en rencontrant Claude Lelouch, sur Vivre pour Vivre, en 1967, où elle rendait la pareille à un certain Yves Montand.



Elle retrouvera d'ailleurs Lelouch,  dans Un homme qui me plaît, 2 ans plus tard, un titre évocateur de la passion éphémère qui la lia au réalisateur d'Un homme et d'une femme. Après des années 70 assez erratiques où elle met la Zizanie avec Fufu,



c'est son duo avec Philippe Noiret dans Tendre Poulet et On a volé la cuisse de Jupiter, beaux succès hexagonaux, qui relancera sa carrière, avant de tutoyer l'abîme ...


Car les hommes qui furent la grande passion de l'actrice, furent aussi un fardeau ruineux ! De Bernard Fresson, pour qui elle produisit le désastreux Ursule et Grelu, du facétieux Serge Korber,


 à Bob Decout, pour qui elle racheta le Casino de Paris et finança ses projets fantaisistes de comédie musicale bancale ...aventures improbables qui finirent par la ruine de l'actrice, obligée de vendre son immeuble de la place des Vosges, pour payer les voraces créanciers !

Mais un mal plus terrible guettait l'actrice, la maladie d'Alzheimer, mal sournois et vertigineux, qui laissa bientôt sa fille Giulia seule dépositaire de sa mémoire ...Dans les abîmes du souvenir, lui revient encore l'image de son permier amour, ce bel italien nommé Renato, qui fut son seul mari, et qu'elle rejoindra au paradis des comédiens ...Ciao, bella ...



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Published by Tietie007 - dans Personnalité
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commentaires

naturalibus 24/08/2009 20:17

Bravo pour ce blog, bonne continuation!
J'y ai vu quelques excellentes références: to be or not to be, le rouge est mis, etc.
C'est vrai que ce Tarantino ne me tente pas du tout, ça a l'air affligeant de médiocrité.