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Lundi 26 octobre 2009



Clint Eastwood,



Eli Wallach,



Lee van Cleef, sont la westernienne Trinité sur laquelle va se reposer Leone, pour conclure sa Trilogie du Dollar !

Le bon,



la brute,



et le truand,



sont les archétypes sur lesquels va s'appuyer le réalisateur italien, clin d'oeil aux paradigmes du western américain de la grande époque, qui mettait en avant des héros bien identifiés.
Le western de Leone, profondément pessimiste, prend le contre-pied de l'idéalisme de son homologue américain, pour nous dépeindre un Far West , rongé par la violence et la cupidité où les héros positifs n'existent pas !



Le flegmatique Blondin, joué par Clint Eastwood,  fil conducteur de la Trilogie, n'a pour seule morale que le dollar,



et ne se prive pas d'en gagner en s'associant avec Tuco, chapacan de l'Ouest sauvage qui vit de rapines et d'entourloupes !



Blondin, anti-héros cynique et cupide, ne veut aucunement améliorer le système, mais en profite allègrement en escroquant l'Etat !



Duo singulier, entre un truand, traîne-savate plutôt sympathique et un "Bon" froid et calculateur, c'est la manière de Leone de renverser les archétypes du western classique, qui s'appuyait sur un héros défendant la veuve et l'orphelin !
Mais les associations ne durent qu'un temps, dans les films de l'italien, puisque chaque associé essaie de tirer la couverture à lui. Entre le pendu et le tireur, ce serait plutôt le second qui aurait la position confortable et le premier qui mettrait sa vie au bout d'un tir improbable !



Et on ne la fait pas à Tuco, qui a passé une vie de rapines, ce qu'a oublié Blondin,



à escroc, escroc et demi !



Chez Leone, ce n'est pas de l'universel au singulier, de l'idée au personnage, que se structurent ses films, comme dans le western américain de l'âge d'or, où les valeurs de la patrie, de la famille, de la justice, brillaient de mille feux ! Non, chez l'italien, le mouvement est inverse, la caméra part d'un détail, d'un punctum, d'une expression du visage, d'un regard, pour se perdre dans un rire sardonique ou dans un rictus ironique. Les valeurs positives et collectives qui irriguaient le western hollywoodien, se perdent ici dans l'individualisme effréné des personnages !
Le western léonien n'est pas immoral, mais amoral, comme la philosophie politique de Machiavel, les hommes n'étant mus que par le goût de l'argent ou par le désir de pouvoir.
Au-delà du bien et du mal, l'amitié qui unit Tuco à Blondin n'est que circonstancielle, et s'épuise dans la seule recherche d'un improbable trésor.
"Ne meurs pas, Blondin !", hurle Tuco, qui a besoin de son compagnon d'infortune pour trouver le fameux magot !



Il ne mourra pas et le trio infernal, Blondin, Tucco et Sentenza, se retrouvera dans le cimetière, pour s'approprier du magot, après un duel mémorable.
Si un réalisateur a réinventé les scènes de duel, c'est bien Sergio Leone. Scène typique du western américain, le duel conjugue le combat singulier des médiévaux chevaliers et le folklore du far-west dans une scénographie hyper balisée que Leone va reconstruire ! En abusant des gros plans,


traquant une main hésitante,



un regard inquiet,



une moue anxieuse,



Leone redéfinit la scénographie des duels. Chez l'italien, les visages et les regards, quintesssence de l'individu, signe d'une humanité mal rasée et suintante, très éloignée des standards hollywoodiens avec leur héros propret et bien coiffé, sont le témoignage expressif du nouveau Prométhée qui conchie les valeurs collectives !
La tension dramatique du duel, magnifiée par une musique lyrique et oppressante, dirigée par maître Morricone,



s'épuise dans des regards intenses et inquiets,



des yeux alertes et méfiants,



des mains qui bougent imperceptiblement,



avant que les canons ne crachent leurs mortels projectiles scellant le destin des protagonistes !

Le bon,



la brute,



et le truand,



clôt donc la trilogie des dollars, et projette Leone au firmament du 7eme art, avec le succès mondial du film,  promettant une autre fameuse trilogie, mais ceci est une autre histoire !

Avant de mirer la scène du duel, testez-vous sur la trilogie du dollar en répondant à ce QUIZZ.

Par Tietie007 - Publié dans : Western italien
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Vendredi 9 octobre 2009



Il y a des films que vous aimez, contre vents et marées, malgré le piètre avis de la critique et la bouderie du public. Ce Casse d'Henri Verneuil, remake du Cambrioleur, tourné par Paul Wendkos, en 1957, adaptation d'un roman de David Goodis (The burglar), va se structurer autour du duel entre Azad, cambrioleur de haut vol, interprété par Jean-Paul Belmondo, et un flic, Abel Zacharia, joué par Omar Sharif.



Confrontation policière, affontement personnel, entre un "voyou" plutôt honnête et un flic très véreux !
Polar qui se distingue par son casting 4 étoiles, avec un Robert Hossein tout juste sorti des "angéliqueries",



et un Renato Salvatori qui, pour une fois, fait des infidélités à son ami Delon !



La présence de Nicole Calfan et de Dyan Cannon, en vedette américaine, donne une petite touche hollywoodienne  à cette production  franco-italienne.
La quasi-psychopathie du commissaire Zacharia,



fera des victimes collatérales,



mais se heurtera à la force tranquille bébellienne,



toujours aussi véloce, au volant d'une rouge bagnole,






 et tout aussi charmeur, face à la blonde Dyan Cannon !



Sur la lancinante musique d'Ennio Morricone, le duel se résoudra dans un silo à blé, un des morceaux de bravoure du film !



Un casse que je vous conseille donc de redécouvrir, même si la Fiat de Bebel est moins sexy que la Mustang de Steeve, dans Bullitt !!

Par Tietie007 - Publié dans : Polar français
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Dimanche 20 septembre 2009


 

Danseur et musicien, tu avais failli intégrer le groupe Trust, comme bassiste, puis tu avais accompagné un John Travolta renaissant, avec ses tablettes de chocolat (qui ne sont plus qu'un lointain souvenir ...), dans Staying alive,

 


mais c'est dans Outsider de Francis Ford Coppola,




qu'avec avec une belle brochette de jeunes talents en 1983, Matt Dillon, Emilio Estevez, Rob Lowe et un certain Tom Cruise, tu avais acquis une certaine notoriété.




Mais c'est surtout dans le rôle d'Orry Main, dans Nord et Sud,




série culte, sur la guerre de Sécession, Autant en emporte le vent télévisuel, que le monde t'avait connu, avec ta pestouille de soeur, une dénommé Ashton !



Tu t'étais opposé à un autre disparu, l'affreux Justin Lamotte, joué par le regretté David Caradine,




mort dans des conditions bien étranges, pour l'amour de Lesley Ann-Down.




Deux ans plus tard, Dirty Dancing t'avait consacré comme icône auprès des midinettes, puisque danseur de formation, tu avais laissé libre cours à ta créativité corporelle.



Ghost, avec la belle Demi, te projettera, un peu plus, vers le firmament de la popularité,





et  Point Break,  dans ton gang de surfer-braqueur, où tu faisais la nique à un certain Keanu Reaves, avait fait admirer ta plastique de rêve !



 La cité de la joie, de Roland Joffé, fut certainement ton plus grand rôle, en médecin humaniste au prise
avec l'immense misère du sous-continent indien.



Après la gloire du début des années 90, de la lumière à l'ombre, tu t'enfonceras dans les volutes ethyliques des soirées un peu trop arrosées avec quelques lignes blanches pour te faire oublier ton glorieux passé, destin commun à beaucoup d'artistes qui ne supportent pas la descente vers un délétère anonymat. Malade depuis quelques années, rongé par des nuits d'insomnie où tu ressassais ta jeunesse dorée, tu en es donc allé, comme le vent ...


Par Tietie007 - Publié dans : Personnalité
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Mardi 15 septembre 2009



La 66eme Mostra de Venise vient de se finir et le Lion d'Or vient de récompenser le film israélien de Samuel Maoz, Lebanon. Plus ancien festival de cinéma du monde, la Mostra fut créée  sous le régime fasciste, en 1932, pour honorer ce 7eme Art, qui bouleversait tant le paysage imaginaire des humains. L'édition 1946 récompensa un film américain, réalisé par Jean Renoir. Fils de l'auguste peintre, Renoir épousera la cause du peuple en rencontrant une muse communiste, Marguerite Houllé, dans les années 30. La production du cinéaste se fit alors populaire, avec Les Bas-fonds en 1936, produti par le PCF,  La bête humaine, en 1938, décrivant les luttes sociales des cheminots ou une ode au pacifisme avec La grande illusion.
En 1941, le cinéaste s'exile à Hollywood, où il tournera 6 films. The southerner, avant-dernier opus de sa période américaine, reprend les thèmes fordiens du lien entre la communauté et la Terre, de la misère laborieuse des paysans américains qui triment pour peu de choses mais restent solidaires.
L'homme du sud commence par un drame, la mort du vieux Tucker, qui, avant de rendre son dernier souffle, murmure à sa descendance de travailler pour eux, en fuyant le salariat.



La simple cérémonie funèbre, honorant la vie laborieuse du patriarche,



raisonne comme une promesse d'un avenir meilleur, pour toute la petite famille Tucker.



Une vieille bicoque et une terre aride serviront de viatique pour des jours meilleurs,avec un Sam Tucker, joué par Zachary Scott, vaillant laboureur,



aidé par sa courageuse femme, Nona, jouée par Betty Fields, et la grand-mère acariâtre, Beulah Bondi.



Très proche du magnifique Les raisins de la colère, Renoir arrive à nous émouvoir dans ce périple bucolique, au coeur de l'Amérique profonde, d'une famille combattant contre les éléments. Les colères du destin n'arriveront d'ailleurs pas à rompre, le lien sacré entre Sam,




et sa femme Nona !



Le désastre final, avec la récolte perdue, n'entamant pas l'espoir du couple de laboureurs !



Curieusement, ce film primé à la Mostra et pour lequel Renoir fut nommé aux Oscars, dans la catégorie du meilleur réalisateur, n'apporta pas la gloire à ses interprètes.
Le blond Zachary Scott, ne fut pas mis spécialement en avant par la Warner, après ce succès, et un divorce et un accident de rafting, l'écarta des plateaux de cinéma. Il décéda à 51 ans, d'une tumeur au cerveau, en 1965, dans l'anonymat.
Betty Fields ne perça pas vraiment après L'homme du sud, et trusta les seconds rôles dans les séries TV, même si elle joua avec Marilyn, en 1956, dans le célèbre Bus Strop, de Joshua Logan.
Curieusement, c'est Beulah Bondi, la grand-mère acariâtre (1888-1981), qui joua 4 fois la mère de James Stewart, notamment dans Mr Smith va au Sénat et dans It's a wonderful life, qui eut une longévité exceptionnelle, et surtout, Norman Lloyd, né en 1914 et toujours vivant, qui jouait le mauvais Finlay, après avoir interprété un espion allemand occis sur la statue de la liberté dans la Cinquième colonne d'Alfred Hitchcock
.



Bon avant de regarder le début du Southerner, répondez à ce Quizz sur la Mostra de Venise.

Par Tietie007 - Publié dans : Drame américain
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Mardi 1 septembre 2009



Blow up arrivé après la tétralogie antonionienne composée de L'avventura, de La nuit, de L'Eclipse et du Désert rouge. Variation itérative sur la difficulté à communiquer, ces 4 opus michanlegeliens se singularisaient par des langueurs infinies et des denses silences. Venu du néo-réalisme, comme Visconti, Antonioni prendra une autre voie que le réalisateur de Mort à Venise, préférant le dépouillement quasi-abstrait au décorum pictural d'Il Gatopardo et consorts.
Loin de la comédie à l'italienne qui se déploie avec vigueur, dans les années 60, sous l'impulsion de réalisateurs inspirés comme Risi, Scola ou Monicelli, proche du cinéma de Fellini, par sa modernité de ton, mais se singularisant par une gravité absente des longs métrages de Federico, Antonioni est un réalisateur unique dans le paysage cinématographique de l'époque, classique dans la forme et radicalement post-moderne dans le fond !
Car si le style reste assez classique, la narration, sans chair, nous présente des personnages désincarnées, des êtres sans but, vivant au gré des rencontres dans un univers urbain artificiel, qui nouent des relations éphémères, glissant sur un réel d'une densité effrayante.
Blow Up met en scène un photographe, jeune éphèbe branché dans le milieu de la mode londonien, entouré de beautés nordiques, dans son studio 39,



 dont la superbe Vera von Lenhdorff, mannequin allemand fille d'un Comte qui fut résistant au nazisme.



Pose lascive et sophistication érotique,



le photographe fait corps avec son modèle,



le chevauchant le temps d'une fugace étreinte !



Silence de la séance, indifférence qui succède à l'argentique intensité, toute la quintessence antonionesque est dans ce paradoxe !
Photographe habité par la pellicule,



évoluant dans un diaphane univers,



entouré de modèles chromés,



Thomas épuise sa vie dans l'écume de la pellicule, serial-priseur à l'affût d'une couleur, d'une pose ... C'est au détour d'un jardin anglais que l'image d'un couple l'hypnose,



inconnus jouant une scène si commune, des jeux de l'amour et du hasard,



sous l'oeil de l'avide objectif, voleur de couleurs !
Mitraillage qui n'a pas l'air de plaire à la demoiselle qui poursuit le photographe de ses assiduités pour récupérer l'image évanescente d'un bonheur volé.



Hélicoïdale attente,



négociations hésitantes,



libertinage assumé,



pour cette pellicule virginale qui doit livrer son secret. Début d'histoire qui n'est qu'un prétexte, pour Antonioni, variation sophistiquée et monotone sur l'écume des jours, sur l'absurdité du monde qui s'épuise dans cette hélice seule et inutile, dans ce loft londonien voué à l'artifice.



Vous aurez compris que cet opus antonionien n'a pas vraiment d'histoire, dans la trace de l'antécedante tétralogie, Antonioni, avec un beau sens de la couleur, sous des rythmes de jazz newyorkais, nous livre un objet curieux, dont la densité existentielle tranche avec la futilité du propos !
Bref, j'aime bien ce cinéaste italien capable de filmer la vacuité avec un talent inégalé et donner à l'ennui des atours bien spirituels, pour un Blow Up, palme d'or du Festival de Cannes en 1966, qui n'a pas pris une ride au niveau de sa modernité. Pour d'autres, la plupart, certainement, il sera un élégant somnifère pour passer une douce nuit.
Dépressif s'abstenir !



Par Tietie007 - Publié dans : Cinéma Italien
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